DES MIROITIERS
boisson à sa bouche , et pour éviterque le verre ne se brisât entre ses dents , par la contraction convulsive de ses mâchoires. Lorsqu'il était dans cet état, il devenait plus irascible, et la colère augmentait tellement les tremblemens qu'il était obligé de s’asseoir pour ne pas tomber. Les boissons spiritueuses suspendaient cet état déplorable.
Quand le tremblement est faible et récent, on le. guérit aisément par le repos , l'éloignement des ateliers , les bains , le séjour à la campagne, et par l’usage des boissons adoucissantes ; 1l n’en est pas de même lorsqu'il est ancien et qu'il s’est renouvelé plusieurs fois : sa guérison est alors :très-dufficile. Le traitement est le même que celui indiqué pour les doreurs. Cependant M. Burdin pense que le régime émollient est préférable aux médicamens sudorifiques , toniques et excitans.
La manufacture des glaces de Paris, effrayée de la’ perte successive de ses ouvriers, chercha à diminuer les dangers qui les menacent; elle imagina de les employer six jours à l’étamage et de les occuper ensuite pendant un mois et demi à d’autres travaux. Cette sage précaution n’ayant pas été suffisante, elle a décidé que les ouvriers étameraient un seul jour par semaine. Quant aux miroitiers de la ville, qui sont forcés, pour gagner leur vie, de se livrer chaque jour à l’étamage, ils doivent travailler dans un atelier vaste , bien aéré , se couvrir la figure d’un mouchoir de mousseline ployé en plusieurs doubles, se nourrir de laitage et d’alimens doux. Mais le moyen le
plus efficace pour se préserver des vapeurs mercurielles , est d'établir dans l'atelier destiné à l’étamage une cheminée pourvue d’un fourneau d'appel et un vasislas à une fenêtre, d’après le procédé de
M. d’Arcet.
Maladies de ceux qui administrent les frictions
AU à mercurielles.
. [ Le mercure est nuisible à ceux qui pratiquent les frictions aux personnes attaquées de maux vénériens, lorsqu'ils ont résisté aux autres remèdes (1). Depuis que .cette cruelle maladie s’est répandue dans toute l'Europe , le mercure est regardé par les médecins comme un des meilleurs médicamens qu’on puisse employer pour la guérir. et l'expérience de deux siècles a consacré son eflicacité. Les anciens médecins avaient remarqué que rien n'était si puissant que cettesubstance pour guérir la gale invétérée. Comme la syphilis affecte aussi la peau, et la couvre d’ulcéres , on l’a combattue avec succés par le mercure, Berenger de Carpi est le premier qui ait mis les frictions en usage. C'était un très-habile chirurgien et un très-bon anatomiste; ses ouvrages étant fort rares dans notre siècle, les anatomistes modermes ont profité de ses travaux et de ses découvertes
(1) Du temps de Ramazzini , on commençait le traitement de la syphilis par les sudorifiques , et l’on n’en venait au mercure que lorsaue la maladie résistait aux premiers remèdes.
DE CEUX QUI ADMINISTRENT LES FRICT. MERC, 55 sans Jui en faire hommage. Fallope rapporte, dans son Traité de la Vérole, que ce chirurgien gagna avec ses frictions plus de cmq cent mille ducas d’or, et qu'il tuait plnsieurs de ses malades, g'oiqu il sauvât le plus grand noiubre. On peut donc diré que Carpi sut heaucoup mieux que les alchimistes transe muter le mereure en or par une véritable métamor- .phose : bonheur rare de nos jours, et que Sennert même a trouvé surprenant. | Ceux qui pratiquent des frictions ne se livrent à celte opéralioh que par Pappât du gain, et la plnpart détestent une foncüon si basse, qui entraîne d'ailleurs beaucoup de dangers. Les gants dont ils couvrent leurs mains sont imprégnés. de mol”cules mercurielles qui s’'introduisent par les pores de leur peau. Ajoutez à cela que le fen devant lequel ils ont coutume de frotter les malades réduit le mercure en vapeurs qui, reçues par la bouche et le nez, portent leur action délétère sur les nerfs de celui qui fait cette opération. Fabr. de Hilden (1) raconte qu'une femme qui était auprès de son mari que l'on froitit dans uue étuve , ayant respiré cet air mereuriel, éprouva une telle salivation que son gosier se convrit d'ulcères. Fernel (2) nous apprend que ‘ecux qui, pour être guéris, sont obligés d’avoir recours à un trop grand nonibre de frictions , sont attaqués de tremblemens des mains. Un chirurgien , en frottant
(1) Cent. v, obs. 98.
(a) De Lue venereä , cap. vu.
un malade de mercure, fut pris, au rapport de “Erambesarius fi ); d'un vertige continuel. C’est pour cela, qu'un chirurgien de mon pays ayant appris à ses dépens que le gain n ’égalait pas le danger, et que les fricuons étaient ce contraires au frotteur qu'au malade ; de plus, ayant éprouvé des coliques, de la.diärrhée et une sahivation copieuse en se livrant à cette opération , prépare tout l'appareil nécessaire a la friction , ordonne aux malades de se frotter en sa présence, et regardée cette méthode comme trés-uule aux vérolés , parce que la portion de mercure qu'ils absorbent: par les mains contribue à leur guérison. | M. Swediaur a vu plusieurs exemples de salivation et de tremblement du bras chez des individus qui avaient fait avec la main nue des frictions mercu- rielles, à des malades. De nos jours, ceux qui sont atteints de syphilis pratiquent eux-mêmes les fricüons,,.et s'ils ne peuvent les exécuter, cetie opération est abandonnée aux gardes-malades ou à un domestique. Ces personnes doivent avoir la main revêtue d’une vessie de cochon. Si, malgré cette précaution, elles étaient atteintes de tremblement, vie vertiges ou de coliques , elles doivent se mettre à à l'usage du lait et de tisanes sudonifiques , telles que le gaiac, , la same , la salsépareille.
(1) L. 2; cons. 5, Etmuller, 1.1, cap.vin, de Werüigine
pr
DES OUVRIERS EN PLOMB. 57 © Maladies des Ouvriers qui travaillent le plomb.
Les ouvriers qui reurent Je plomb de la mine, ceux qui le purifient, le.coulent en lames , en balles, ceux enfin qui font diverses préparauons uules aux arts , comme la céruse, le minium, sont exposés à l’action délétére de ce métal. Sainclair assure qu'il périt annuellement un ouvrier sur trois dans les
manufactures de céruse. Le plomb est surtout dan-
-géreux quand on en opère la fusion ; ses émanations
pénètrent alors dans nos organes par les voies pulmonaires et gastriques , et par la peau. Les ouvriers tra— vaillant au plomb sont sujets à la colique et à la paralysie métalliques. |
Les plombiers proprement dits , c’est-à-dire ceux qui se servent du plomb tout préparé pour faire des pompes, des goutuéres, des réservoirs , etc., éprouvent les maladies produites par l’acuon des vapeurs du plomb, Ils sont en outre exposés à l'influence de gaz dangereux quand ils descendent dans les puits pour y poser des corps de pompe. Nous en rapporterons un exemple assez remarquable à Parucle des Cureurs de puits. |
Les fondeurs de caractères d'imprimerie , qui se
servent béaucoupde plomb; les vitriers, qui emploient
la céruse pour la fabrication du mastic ; les lapidaires, qui taillent certaines pierres précieuses avec des roues de plomb ; enfin les ciseleurs , les joailliers, les orfèvres , les bijoutiers , les cartiers , les essayeurs,
les monnayeurs ,.les passetalonniers , les ceinturon-
miers, etc., ressentent l'influence dangereuse du plomb. Mais ceux qui en sont le plus fréquemment affectés sont les peintres en tableanx , en bâtimens, les broycurs de couleurs , les potiers de terre, les potiers d’étain , les verriers, dont nous allons examiner les maladies. .
Maladies des Peintres en tableaux.
[ Les peintres ont plusieurs maladies qui leur sont propres, comme les tremblemens des membres , la cachexie , la noirceur des dents, la pâleur du visage, Ja mélancolie et la perte de l'odorat; souvent en
prétant aux portraits des autres plus de beauté et de couleur que la nature ne leur en a donné, ils manquent eux-mêmes de coloris et d'embonpoint. Tous les peintres que j'ai connus à Modéne ou dans d’autres villes étaient valétudinaires, En parcourant leur histoire, on apprend avec douleur qu'ils ne parviennent pas à une longue vicillesse, et que les plus habiles d’entr'eux ont été enlevés trop tôt à leur pays (1). Raphaël d'Urbin, ce peintre célèbre à si juste titre , mourut à la fleur de sa jeunesse , et Balthasar Castilioneus a fait un trés-bon poëéme sur la mort de ce grand artiste.
.. On pourrait accuser de ce malheur la vie séden-
(x) Les faiis ne sont pas d’accord avec cette asserlion. Bouvart , dans son Examen d'un, Traité sur la colique de Poitou , cite dix-neuf exemples de peintres en tableaux qui soni morts presque tous vieux, et il prouve que ce sont les barbouilleurs seuls dont la profession abrège la vie.
DES PEINTRES EN TAPLEAUX. 59 taire qu’ils mènent , et ce génie mélancolique qui les suit par-tout, lorsqu’éloignés du reste des homnies ds repassent dans leur esprit des idées fantastiques qui les agitent ; mais la principale cause qui rend les peintres malades, c’est la mauère de leurs couleurs , qu'ils ont continuellement dans les mains et sous le nez. Tels sont le minium ( deutoxide de plomb}, le cinabre ( deutoxile de mercure), la céruse ( proto-carbonate de plomb}, le vernis, huile de noix, celle de lin dont ils adoucissent ét dissolvent leurs couleurs, et beaucoup d’autres substances colo- rées tirées des minéraux. De là l'odeur infecte qu’on respire dans leurs ateliers, qui s’exbale du vernis et des huiles, et qui, se portant à la tête de ces artistes, produit la perte de l’odorat qui leur est particulière. D'ailleurs, les peintres ont coutume de tacher leurs habits en travaillant, et ainsi ils avalent et respirent coutinuellement les vapeurs pernicieuses qui attaquent les esprits animaux, pénétrent dans le sang par les organes de la respiration, troublent les foncuons et produisent toutes les maladies que nous avons énoncées. Tout le monde sait que le cinabre est formé par le mercure, que la céruse est | préparée avec le plomb , le vert-de-gris ( deuto-:carbonate de cuivre ) avec le cuivre , et qu’ainsi toutes les couleurs sont tirées des minéraux, qui, comme le savent trèsbien les peintres , en fournissent de plus vives et de plus durables que les vég“taux : c'est de cette source que découlent tous les maux qui affligent les peintres : leurs maladies sont donc les mêmes que ceux des
Go MALADIES
ouvriers en métaux ; «elles ne différent que par leur moindre intensité. | | Fernel (1) a décrit à ce sujet la maladi& d’un peintre d'Angers, qui eut d’abord des tremblemens des doigts et des mains, et bientôt une convulsion de tout le bras ; peu de temps après ses jambes furent attaquées du même mal; enfin, il fut tourmenté d'une douleur si violente à lestomac et dans les deux hypochondres, que ni les lavemens, ni les fomentations, ni les bains ne purent le soulager. Dans les accès de cette douleur , trois ou quatre bomimes couchés sur son ventre la diminuaient et le soulageaient un peu par.la pression qu'ils y exer— caient. À près trois années d’une souffrance aussi terrible , 11 mourut dans le marasme. Il y eut entre de célèbres médecins qui le virent de grandes contestatons sur la vraie cause de cette douleur , tant avant qu'après l'ouverture du cadavre, parce qu'on ne . trouva rien dans les viscéres qui constatât la cause et la nature de la maladie. En lisant cette histoire , j'ai admiré la franchise ingénue de Fernel, qui avoue, comme tout grand homme doit le faire, suivant Celse, qu'aucun médecin n’a rencontré juste dans cette maladie. 11 ajoute que ce peintre , en travaillant, avait coutume, non-seulement de nettoyer son pinceau avec les doigts, mais encore de le Sucer imprudemment. (IL est évident pour nous que ce peintre était affecté de la colique métallique. )
. (r) De Lue vener., cap. var.
DES PEINTRES EN TABLEAUX: Gr
C'est aussi à la qualité pernicieuse des couleurs qu'on doit attribuer l'extérieur cachectique , le teint pâle et livide, les affecuons mélancoliques qui sont propres aux peintres et qui les font reconnaître au premier coup- -d’œil. On dit que le Corrë ‘ége était si mélancolique et avait l’esprit si aliéné, qu'il ne connaissait ni som mérite ni la valeur de ses ouvrages, el qu'il reporta plusieurs fois aux acquéreurs le prix de ses tableaux, comme s'ils se fussent trompés en lui donnant de l'or pour ses peintures admirables , qui actuellement ne peuvent plus être assez payées. | Les affections de l’encéphale chez les peintres dépendent plutôt de lexaltation et de la vivacité de leur imagination , que de la vié sédentaire qu'ils mènent et des matières qu'ils mettent en œuvre.
| [ Lors donc que les peintres seront attaqués de quelques maladies , 1l faudra, avec un soin particulier , unir aux remèdes accoutumés ceux quisont capables de détruire les mauvais effets des substances minérales. Les peintres doivent s'abstenir de mettre leurs pinceaux dans leur bouche et de les toucher avec la langue. Un régime tempérant et l’exercice en plein air leur sont très-convenables. ]Les conseils de Raämazzini semblent indiquer qu'il connaissait la colique métallique et les remèdes qui lui conviennent : mais s'il avait eu connaissance de cette maladie, il aurait sans doute, à l’occasion de l’histoire du
peintre d'Angers, disserté sur sa nature, sa cause et son traitement.
G2 MALADIES Maladies des Peintres en bätimens.
Ces, artisans sont exposés à des maladies graves, qui dépendent des sul stances donc ils se servent pour composer leurs couleurs. Ces substances sont différens sels ou oxides métalliques, tels que l’orpin, le cinabre, le blanc de plomb, le minium , ‘le vertde-gris, le bleu de Prusse, qu’on doit considérer comme de véritables poisons. Les préparations de plomb font la base du plus grand nombre des couleurs qu’on emploie habituellement. L’ocre (proto-carbonate de fer ) et la craie ( carbonate calcaire ) avec lesquels on. forme les peintures grossières , ne paraissent avoir aucun danger. VA
Les ouvriers peintres sont d'autant plus exposés à contracter des maladies qu'ils emploient uñe quanté plus considérable de mauères colorantes: ainsi le barbouilleur est plus souvent malade que le peintre chargé d'ouvrages plus délicats.
Les peintures en détrempe et à la colle sont sans inconvéniens pour la santé ; 1l n'en. est pas de même des peintures à J'huile, qui contiennent des préparations de plomb et de cuivre. Les couleurs à l'essence de térébenthine exhalent une odeur vive et pénétrante qui irrite les voies pulmonaires et gastriques. L’an dernier, en visitant un appartement que l’on peignait à l'essence , je fus saisi sur-lechamp par une toux sèche, et pris de coliques qui se terminèrent par une diarrhée très-douloureuse,
DES PEINTRES EN PBATIMENS. 63 Onattribue généralement les maladies des peintres à l'introduction des molécules métalliques dans lintérieur des organes ; mais il est fort probable que ce sont seulement les émanations dégagées de ces substances quiincommodent les peintres: En effet ÿe l'analyse chimique des excrémens et des humeurs de ces ouvriers n’a démontré aucune particule métallique. "Les parues nuisibles des substances employées par les peintres s’introduisent dans leurs organes par la peau et par les voies de la respiraüon et de la déluution. Parmi les maladies qu'elles déterminent, on disuingue particulièrement la celique et la paralysie métalliques.
Observée d’abord par Cnois, médecin de Poitiers, la coliqué de plomb a été ensuite bien décrite par Stochuzen et par plusieurs médecins de l'hôpital de la Charité à Paris, tels que Chirac, Sylva, Bouvart , Lallouette, Desbois de Rochefort et M. Mérat. Elle attaque non-seulement les peintres , mais encore tous les ouvriers qui manient le plomb ou ses préparations.
L'invasion de cette Balade est tantôt prompte, tantôt lente et graduée; le plus ordinairement on éprouve pendant plusieurs jours des nausées , des coliques légères et de la consüipation ; au bout d’un cértain temps lé ventre devient tendu et s’aplatit, au lieu d'acquérir plus de volume , comme dans les coliques inflammatoires ; il est trés-douloureux, et la pression , loin d'augmenter les douleurs, les
diminue. L’ombilic, enfoncé, semble rentré dans
le ventre ; il y a des nausées fréquentes qui se term nent-souvent par un vomissément de bile: quelquefois verdätre. L’anus est rétracté. ba constipation est telle qu’elle résiste parfois aux lavemens purgatifs les plus forts; quand les malades vont à la selle , leurs excrémens sont moulés et ressemblent à de peutcs crottes de brebis. Malgré l’intensiié dés douleurs du ventre, on n'observe presque jamars de fièvre. L'estomac et les intestins ne sont pas les seuls organes affectés par les émanauons du plomb ;: on a: vu des jaunisses , des: rétentions d’urine , des maux de gorge, des extincuüons de voix’, des asthmes, des goulles sereines , des’ surdités', des” rhumatismes, des sciatiques ; on a vu, dis-je, toutes ces maladies produites par le plomb. , et céder au traitement de la Charité, indiqué plus bas:
: Lorsque la colique a été mal soignée ou qu’elle ne l’a pas été du tout , 1l peut en ‘résulter une para: lysie paruculière qui affecte les membres supérieurs et-trés-rarenient lès inférieurs. Cette’ paralysie n’est presque jamais complète; le plus ordinairement’, le: mouvement n’est qu'affaibli; sil est aboli, le sentiment persiste. Ellé peut être partielle dans un membre ::-ainsi une seule main, un seul doigt peuvent en étre frappés. La paralysie snecède ordinairement à la douleur de labdomen , quelquefois cependant elle est primitive. Chez les peintres qui ont eu plusieurs fois la cohique métallique et qui ménent une vie déréglée , le teint est plombé!, le: corps maigre; ils. vieillissent avant le temps, et
DES PEINŸRES ÉN BATIMENS. 65 tombent dans un état de langueur , dé cachexie au quel ils succombent.
Les émolliens et les drastiques ont été vantés tourà-tour par un grand nombre de médecins dans le traitement de la colique de plomb. Les émolliens ont été préconisés par Fronchin, Gaubius, Dehiën et Tissot. Les médecins français ont remarqué que cétte méthode ne faisait que pallier les symptômes et retardait la guérison; ils ‘préfèrent les drastiques; dont l'expérience de plusieurs siècles a démontré l'efficacité. Il résulte en effet de l'extrait de registres de l'hôpital de la Charité à Paris, où, dep un grand nombre d’années on traite la colique métallique par les drastiques, que, sur trois mille onze malades , il en est mort seulement quatre-vingt-neuf. La mortalité peut être encore moindre, puisque M. Doazan a traité de cétie maladie cinquante-trois individus , et qu'il n’en a perdu qu’un seul. Cest donc le traitement de la Charité que l’on doit adopter. Voici en quoi il consiste.
i® jour. Lavement purgatif. Le maun, on donne un lavement préparé en faisant bouillir SUUE dix minutes quatre gros de feuilles de séné dans un demi-litre d’eau, et en ajoutant à la liqueur passée à travers un linge demi-once de sel de Glauber ( sulfate de soude } et quatre onces de vin émétique. Dans la journée, on donne la boisson suivante : Boisson purgative. On fait bouillir pendant un quart ‘d'heure deux onces de casse en bâton concassée dans an litre d’eau ; on passe à travers un linge et on ajoute
une once de sel d'Epsom (sulfate de magnésie ÿ et trois grains d'émétique si /la maladie est trèsintense; on mêle à cette boisson une once de sirop de nerprun et deux gros de confecuon Haimech.
Lavement anodin. Le soir, on fait prendre un lavement anodin préparé avec six ontes d'huile de noix , et douze onces de vin rouge, et on donne à l’intérieur un gros et dem de thériaque à laquelle on mêle quelquefois un grain et demi d’opium.
2° jour. Émétique. Dés le maun on adnumistre en deux.fois , à une heure de distance, six grains d’éda dissous dans un grand verre d’eau, et pour facilier le vomissement, on donne de l’eau uéde miellée dans le courant de la journée ; lorsque le malade ne vomit plus, on fat prendre la tisane suivanle :
Tisane sudorifique. On fait bouillir pendant une heure , dans un litre et demi d’eau, une once de gaïac, autant de squine et de salsepareille ; on réduit à un litre, et on y ajoute une once de sassafras et due de réglisse ; on fait bouillir légèrement et on passe à travers un linge.
Le soir, on donne le lavement anodin et la thériaque avec l’opium , comme le premuer jour.
3° jour. Tisane légèrement purgative. Dans la matinée du troisième jour, on fait prendre en quatre fois, à trois quartsd’heure d'intervalle , la tisane suivante : dans un litre de la tisane sudorifique du deuxième jour on met une once de feuilles de séné que lon fait bowullir pendant quelque temps et que l’on passe;