DES FABRICANS DE BLEU DE PRUSSE
tout quand ils portent aux mains quelques plaies. Les creux à fumier qui environnent leurs maisons répandent des odeurs infectes qui leur sont aussi nuisibles qu'aux bestiaux. En 1779 , un nourrisseur voulant combler un trou à famier, y fit jeter des décharges; la vapeur qui s’en éleva se porta dans l'écurie et tua plusieurs de ses vaches : si cette vapeur malfaisante eût pénétré dans la demeure dü nourris£ seur , elle pouvait tuer ceux qui s’y trouvaient. [0
Dans le cas d’épizootie, les nourrisseurs dofvérit toucher le moins possible leurs bestiaux ; et se laver souvent les mains avec une eau saline où acidulée,’ Il est essentiel qu'ils éloignent de leurs habitations lés creux à fumier. >, eh
Les pätres , les bergers, et tous ceux qui soignent les bestiaux , sont sujets à la pustule maligne.
Maladies des Fubricans de bleu de Prusse.
Le bleu de Prusse ( prussiate de fer } se préparé en faisant calciner avec de la potasse des matières ani males, telles que du sang , des cornes , des ongles } des poils, des chairs, des fragmens de peau, de cuir, etc. Gette fabrication exige deux ‘opérations pendant lesquelles ilse dégage une assez grande quan tité de vapeurs nuisibles , ou au moins très-incommodes ; pour les ouvriers et les habitans voisins.
La prenuère est la calcination de matières ani males mélangées avec la potasse ; elle dégage de l'häile empyreuniatique , du ‘carbonate d’ammoniaque et du gaz hydrogène carboné. |
LAS : omoaurx nx VMATAPDIESY, La seconde. est, la précipitauon du sulfate de fer. et du. sulfate d’alumine par la lessive de prussiate dé potasse ; procédé que les fabricans appellent fixation: elle dégage.du gaz hydrogène sulfuré.
Voicr.les moyens que propose le Conseil de salu brité.pour coercer ces gaz et ces vapeurs. Calcination. Le. fabricant de bleu de Prusse qui connaît bien son. ET sait. qu'il obtient des résultats aussi beaux, soit qu'il calcine les matières animales avec-le tartre ou. Ja potasse , soit qu'il brüle séparément ces mauëres avant de les méler avec l’alcali. Le charbon animal ; trituré et chauffé avec la potasse, donne autant de, prüssiate que si l’on eût brûlé avec elle du sang , des cornes , des muscles, des poils et autres matières: amimales telles qu'elles sortent des boucheries ou des
chantiers d’équarrisage. Les fabricans peuvent done: n’employer que du charbon animal fait en pleine campägne et dans des lieux isolés ; ou si, par des motifs d'économie, ils ne veulent faire qu’une seule calciualion, ils. peuvent suivre l’un des trois procédés suivans pour calciner, sans que les vapeurs soient: nuisibles au dehors.
Le premier consiste à. brüler les matières dans un: peut. four. à réverbère , dont la température est fort: élevée avant:qu’on y projette le mélange. La grande: chaleur de,ce four: détermine la combustion com-: plète et. sans. odeur de, l'huile CAPTER et du, gaz hydrogène carboné.
Le second consiste à couvrir le creuset: ps caleination avec un chapiteau de tôle garni de terre et:
DES FABRICANS DE BLEU DE PRUSSE. 149 términé par un tuyau de poële qui porte la fumée dans un corps de cheminée s’élévant à Irhauteur de celle des maisons voisines.’ Ce ‘chapiteau où dôme a une petite porte ‘par laquelle on peut agiter la matière à l’aide d’un ringard: Cet appareil concentre la chaleur, économise le combustibleet le temps. Il faut mettre le feu aux vapeurs qui se dégagent du creuset aussitôt qu’elles sont assez chaudes pour pouvoir s’enflammer# |
Le troisième procédé consiste à enfermer le méange dans un appareil distillatoire , c’est-à-dire dans un tuyau de fonte ou de forte tôle qui traverse un fourneau, et auquel est adapté un récipient pneumatochimique qui, après avoir fait passer les vapeurs et les gaz dans l’eau , les conduit, soit dans un foyer par ticulier, soit dans le foyer même du fourneau pour: achever de les détruire. On trouve dans ‘cette’ meihode deux avantages : le premier , de n'avoir aucune: odeur désagréable ; le: second ; de pouvoir recueillir: le carbonate d’ammoniaque | qui a une valeur :dans le commerce. Fixation. Lorsque, dansles fabriques, on verse la lessive des matières calcinées sur la solution d’alunet du sulfate de. fer, 1l se produit une grande effervescence qui met en ‘expansion une quantité considérable de gaz hydrogène sulfuré, Non-: seulement ce gaz peut occasioner des: aecidens par sa propriété délétère ; mais il peut nuire, en noircissant plusieurs métaux , tels que lor et l'argent , ‘avec lesquels il'est en contact, en altérant des liquides , : en accélérant la putréfaction de plusieurs substances
alimentaires. On peut l'absorber de plusieurs maniéres ; mais le moyenle plus économique et le plus simple est de le brûler : pour cela il faut que la cuve à fixer soit fermée hermétiquement , que les liqueurs y soieni introduiles par uñ entonnoir à tampon ou à robinet, qu'on puisse les agiter intérieurement au moyen d'un moussoir à manivelle, qu'un tuyau adapté au fond supérieur de la cuve conduise le gaz dans un peut barril aux deux mers plein d’eau et muni d'un tube de sûreté, que de ce barril parte un autre tuyau qui porte le gaz dans un foyer allumé avant la fixation. Cet appareil a déjà PESPETN réussi dans plusieurs ateliers.
Dans les raffineries de sucre où l’on emploie le sang de bœuf; dans les fabriques de colle-forte , que l’on fait avec les rognures de peaux, de cuir , et avec les osenx-mêmes des animaux , il se dégage des vapeurs plus ou moins nuisibles aux ouvriers et aux babitans voisins, On peut avoir recours aux procédés dont nous avons parlé plus haut. |
Maladies des Fossoyeurs.
E Les anciens avaient plus de soin des morts qu'on n’en ä parmi nous, et les hommes occupés à ce ministére- avaient beaucoup plus d'ouvrage que nos fossoyeurs, On commençait par laver les cadavres , on.les frottait de parfums , on les brülait, et on en mettait les cendres dans des urnes. A cet effet, il existait des hommes pour laver les corps et les em
DES FOSSOYEURS. RSS baumer, pollinciores ; d’autres pour les porter sur leurs épaules, succolatores ; enfin des gens PRUt les brûler, wstores.
De notre temps, les fossoyenrs : n'ont qu à gahtul les morts dans les temples et à les descendre dans'les tombeaux. En Italie, chaque famille distinguée à son tombeau particulier dans les temples ; et les gens du peuple sont enterrés dans des fosses amples ét communés à toute une paroisse. Les fossoyeurs, en descendant dans ces heux RRÈES , pléins dé cadavres à à demi pourris, sont exposés à l’action de miasmes putrides qui les tuent sur-le-champ ou produisent des: maladies dangereuses , telles que la fiévré maligne, la cachexie, etc. Un de ces hommes, nommé Piston , avait inhumé un jeune homme habillé avec une chaussure neuve. Quelques jours après , trou- -vant à midi les portes du temple ouvertes, il alla à son tombeau, dérangea la pierre qui le férmait, y descendit, et voulant ôter les souliers du cadavre, il tomba mort, et reeut ainsi la punition d’avoir violé ec lieu sacré. ] On lit dans le journal de Pabbé Rozer (février 1773 ) l’histoire d’un fossoyeur de Montmorency, qui donna, par mégarde, un coup de bêche sur un cadavre à demi putréfié. I sortit aussitôt une vapeur méphitique qui le fit frissonner : s'appuyant ensuite sur sa béche pour fermer l’ouverture qu'il venait de faire, il tomba mort.
[ Le sort des fossoyeurs est très-déplorable ; leur face est livide, leur aspect triste ; je n’en ai vu aucun devenir vicux. Chez les anciens, on emplovait à ce
ministére, ainsi qu'aux métaux et à la vidange des fosses d’aisance , des esclaves publics à demi rasés, qu’on appelait inscripti (1). Aujourd'hui on voit des hommes libres forcés par la dure nécessité de l’indigence à entreprendre cette profession.
En été il règne souvent dans les tem ples u une odeur féide qi incommode les assistans , malgréla myrrhe et l'encens qu'on y brüle. Liius Gyraldus (2) blâme avec raison la coutume où l’on est d’enterrer dans les églises. Anciennement, dans les comméncemens de Ja religion chréäenne, on n'’enterrait dans les temples que les martyrs. Les autres fidèles étaient inhumés dans des cimetières voisins de l’église. Les babitans de la. campagne se comportent avec bien plus de raison que ceux des villes dans l’inhumation des cadavres. Les parens où les amis du mort le mettent dans un cercueil de: bois ; ils creusent ensuite une : fosse profonde dans un pré voisin de leur paroisse, et 1ls y descendent le cercueil. Les Athéniens.portaient les morts dans des lieux situés hors.de la ville,
qu'ils appelaient ceramici (3). Lies Romains. avaient.
- (4) Quatuor anscriptiportabant vile cadaver ,
Accipit infelix qualia mille rogus.
| ManTiar.
Quatre inscrits portaient le cadavre sur le bûcher accoutumé à ce ministère funèbre. |
(2) De Vario Sepeliendi riu.
(3) Suidas nous apprend qu’il ÿ avait à Athènes deux endroits appelés Ceramici: V'un, situé hors de la ville, était destiné à la sépulture des citoyens morts les armes à la main;