‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 35 sur 98 · DES. FOSSOYEURS · texte numérisé non relu

DES. FOSSOYEURS

une loi qui ordonnait de brüler les cadavres hors de Rome. Les urnes d’airain ou de pierre qui contenaient leurs cendres étaient exposées. sur la voie Latine.et Flaminie, et surtout dans les. chemins militaires. Cette coutume était fondée sur troïs principales rai= sons, comme le fait observer Gyraldus. 1°. Pour engager les voyageurs à pratiquer la vertu : c’est pour cela que les anciennes épitaphes leur étaient adressées. 2°. Pour que:les citoyens de Rome, animés par la vue des tombeaux de leurs ancêtres, combatussent avec plus de courage pour défendre leurs cendres: dans les siéges qu'ils pouvaient avoir à soutenir. 3°. Enfin principalement pour préserver leur ville des exhalaisons féudes et pernicieuses qui s'élèvent des cadavres en putréfaction. Il n’était accordé de sépulture dans la ville qu'aux vestales et aux empereurs Une loi des Douze Tables défendait de brüler les corps prés des maisons des particuliers , non-senlement, dit Cicéron , de peur des incendies ; mais encore à cause de l'odeur infecte que répandent les corps lorsqu'on les brûle. Les anciens veillaient avec tant de soin à la salubrité de leurs villes, qu'ils reléguaient hors de leur enceinte leurs cendres et les immondices qu'on. y portait. Hésiode condamne le fumage des terres avec les excrémens, croyant qu'il fallait avoir plus d’égard à la pureté de l'air qu’à la fécondité des campagnes. Il était défendu, par un arrêt des Édiles, de

l'autre,, renfermé dans Athènes, était ri par les femmes

pu niques

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rien porter dans dés témples qui fût en cuir, , parce que c'était un crimé d’ y renfermer quelque partie d’un être qui eût perdu la vie. ]

En France, on a enterré les morts dans les églises

jusque vers le niet du siècle dernier ; mais les malheurs arrivés à Saulieu et à Dijon éveillèrent lattention du Gouvernement, qui enfin fit droit aux ré clamations des médecins et des philosophes. En 1776, al parûüt un édit qui ordonna la translation des cimeières hors des villes, et qui défendit toute inhumation dans les églises. Cette mesuré de salubrité publique est si bien maintenue, qu'en 1810 un archevêque d'Aix, M. de Cicé, sollicita vainement du Gouvernement la faveur d'étre inhumé dans son église cathédrale. Souhaitons qe cette sévérité prudente ne se démente jamais.

Les cimeuéres doivent être situés, autant que possible, sur un lieu élevé, à quelques distances de la ville et au nord des habitauons. On doit y planter quelques arbres.

La profession de fossoyeur présente aujourd’hui beaucoup moins di inconvéniens qu'autrefois. Chaque cadavre étant placé en plein air dans une fosse de quatre pieds de profondeur et récouvert de suite de terre, il ne s'échappe point d'émanations nuisibles. Les fosses communes même n'offrent aucun danger, puisqu'on a soin de recouvrir chaque cercueil d’une couche de terre assez épaisse pour prévenir le dégagement des miasmes putrides. Il w’èn est pas de même quand on fait la translation d’un cadavre d’une

DES GARCONS D'AMPHITHÉATRES. , 454

fosse dans une autre;.cetie opération expose les ouvriers à l'influence de gaz délétères qui peuvent produire l’asphyxie. Dans cette circonstance, les fossoyeurs doivent laisser la fosse ouverte pendant plusieurs heures avant d’y descendre, et Ja désinfecter au moyen d'un fourneau véntilateur ou des fumi tions acides.

iga=

Ramazzini recommande aux fossoyeurs de se laver la bouche avec du vinaigre trés-fort, d’en portier un flacon dans leur poche, et d’en respirer de temps en temps l'odeur. Rentrés chez eux, ils doivent changer d’habits , et se tenir propres autant que leur fortune le permet. Le médecin doit traiter leurs maladies avec prudence. Toutes les fois que Ramazzini a soigné . de pareils malades, il à épargné leur sang ; il pense que les purgatifs leur conviennent beaucoup mieux que les saignées.

Maladies des Grarcons d'amphithéätres.

On appelle ainsi les hommes chargés du transport des cadavres et des débris des dissections. Exposés continuellement à l'influence des gaz putrides , ils croient s’en garantir en abusant des liqueurs spiritueuses et s’enivrent habituellement. Ajoutez à la dé bihitauon que doivent produire ces excés les fatigues d'un métier dégoûtant, pénible , auquel les nuits’ sont employées, les efforts qu’exige le transport des cadavres souvent trop lourds pour un seul homme, qu'affaiblissent le défaut de sommeil et l'ivresse. Ces.

156 0 MABADIES individus sucéombent rarement à des fièvres putrides® \ als meurent presque tous d’anévrysme où de la rupture du cœur. M. le professeur Richerand rapporte dans sa Nosographie chirurgicale histoire du nommé Corroy, garcon d’amphithéâtre de l'hôpital de la Charité, vivant dans l’intempérance, âgé de quarantecinq ans, sain d’ailleurs, quoique sujet aux rhumes de poitrine , qui n'étaient toutefois chez Jui n1 trèsaigus ni trop opiniâtres. Un soir il rentre ivre, amenant une fille publique avec laquelle il se proposait de passer la nuit; mais au milieu des transports qu'elle excite, Corroy meurt subitément sans pousser. un seul cri. Avertie de.sa mort par son immobilité, la fille se lève effrayée, appelant du secours. L’ouverture du cadavre faite le lendemain offrit un anévrysme vers le commencement de la crosse de l'aorte. La rupture de cette tumeur dont rien, pendant la vie, n'avait pu faire soupconner l'existence , était la cause évidente d’une mort si prompte. M. le professeur Marjolin a vu périr subitement son garçon d’amphithéâtre : l'ouverture de son corps présenta une déchirure du cœur. Nous avons recueilli à l'Hôtel-Dieu l’histoire d’un de ces hommes, qui succomba à une double péripneumonte et à Fan armempation: du péricarde.

Il est inutile de recommander propreté et la tempérance a cètte classe d'hommes, puisque rien ne peut les empêcher d’être sales et de se livrer. à la débauche. |

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Maladies dés Chandeliers.

Dans les fonderies de suif, il s’exhale des vapeurs pyro-zooniques qui sont à la fois âcres et stupéfiantes. Les chandeliers, penchés sur les chaudières, en sont fort mcommodés ; ils ont presque tous le visage pâle et boufli, Les particules grasses et féuides qu'ils absorbent donnent naissance aux étouffemens, aux douleurs de tête, aux fièvres bilieuses, adynamiques,

et principalement au dégoût et aux nausées. Rien en effet n’est si propre à donner des envies de vomir et des soulèvemens d'estomac que la vue des substances grasses et huileuses. Les Actes de Copenhague (t. v. obs. 86 ) offrent l’histoire d’une femme qui, en fai- sant des chandelles, fut prise d’une violente douleur de tête, accompagnée de vertiges, de rougeur des yeuxet de difficulté de respirer. Olaüs-Borrichius la fit d’abord vomir, et lui preserivit ensuite des boissons pectorales avec l’oximel scillitique. Ces remèdes calmérent les symptômes ; mais bientôt, aprèsen avoir supprimé l'usage, cette femme devint asthmatique . etessaya inutilement une foule de médicamens. Elle mourut en.détestant son méter, et en exhortant les chandeliers à travailler dans des ateliers ouverts à. Pair, s'ils: veulent conserver l'intégrité de leur poitrine. Ramazzini a vu des femmes demeurant près des fabriques de chandelles se plaindre de passion hystérique, à cause de là mauvaise odeur. M. Fodéré dit

avoir traité plusieurs fabricans de chandelles que leur

métier avait rendus asthmatiques , et privés de l'appétit; il n’est jamais entré dans leurs ateliers sans être suffoqué par PARA base äcre et 1 puante qui les rempli.

Les chandeliers doivent prendre beaucoup de précautions pour ne pas laisser enflammer le suif, accident qui a causé plusieurs fois à Paris des incendies considérables. Ceux d’entre eux qui travaillent dans les caves doivent avoir l'attention de ne pas s’exposer aux vapeurs du charbon, qui, n’ayant point d’issue facile, peuvent les asphyxier ; ils choisiront des caves grandes, bien voüiées , et dont les soupiraux soient larges.

Dans le traitement des maladies des chandeliers, : ilne faut prescrire la saignée qu'avec circonspection, de peur d'augmenter la faiblesse et l'abattement que détermine leur métier. Hecquet recommande à ces arusans les sucs dépurés de cerfeuil, de emcorée sauvage , el les tisanes amères. Les chandeliers doivent s’astreindre à une grande propreté ; Surtout en été ; 1ls laveront fréquerument leurs ateliers, se nourriront, autant. que possible, de légumes, ‘respireront. l'odeur du vinaigre, et mettront quelques gouttes de cet acide , ou de tout autre, dans leur boisson. | ÿ

Le danger des vapeurs pernicieuses qui se dégagent des fabriques de chandelles, la crainte des incendies avaient déterminé, en 1780, le lieutenant général de police de Saint-Germain-en-Laye, à proscrire les fonderies de suif du sein de la ville, et à or-

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