‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 36 sur 98 · DES FABRICANS £T MARCHANDS DE FROMAGES · texte numérisé non relu

DES FABRICANS £T MARCHANDS DE FROMAGES

donner à tout boucher et autres individus fondant les suifs en branche , de faire cette opération hors de la ville et dans des lieux isolés. Il est à désirer pour la santé des ouvriers et des habitans des villes, que cet usage. soit rappelé ct exécuté , en un mot que les fabriques de chandelles soient transportées en pleine campagne.

Maladies des Fabricans et des Marchands de

| fromages.

Rien n’est plus varié que les fromages. On peut

cependant les diviser en deux classes, 1°. les fromages récens et non. fermentés ; 2°. les fromages fermentés et plus ou moins alcalescens.

.… Les fromages récens, dans lesquels la crême et la matière. caséeuse, réunies au sérum, n’ont encore éprouvé aucune altération, ne présentent que peu de dangers pour. ceux qui les confectionnent. |

Parmi les fromages fermentés et alcalescens , 1l en est qui sont plus moins humides, et recouverts d’une croûte de moisissure. Ils tendent continuellement à s'altérer , à se résoudre en putrilage, et dégagent des vapeurs ammoniacales qui causent à ceux qui les. vendent des ophthalmies chroniques et des angines. Toutes les fois que je passe auprès d’un marchand de fromages, je suis saisi par un mal de gorge qui ne manquerait pas de s’accroître si je ne m'éloignais promptement, On a vu des magasins de fromages devenir insupportables aux maisons voisines par la.

160 PALIER ® MALADIES | mauvaise odeur qu’ils répandent, ôter l'appétit, et! produire des défaillances chez les personnes délicates. Louchius, dans son Traité des mauvaises qualités du fromage, dit que dans un faubourg de Francfort, où il y a beaucoup de fromageries , il règne une odeur si fétide qu’on ne doit pas chercher d’autre cause de la peste qui a ravagé cette ville.

On recommande aux fabricans et aux marchands de fromages une grande proprété sur eux-mêmes et dans leurs magasins. Les boissons acidules leur sont

utiles,

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Maladies de ceux qui soignent les vers à soie, et qui

en cardent les cocons.

L'exploitation des vers à soie est une branche d'industrie très-importante pour le Piémont et le midi de la France. Ceux qui ont soin de ces: insectes renfermés dans de grandes chambres qu’on appelle magnauderies respirent ordinairement un air trèsimpur. Les lits de feuilles qu'ils changent maun et: soir, les chaudières dans lesquelles on fait macérer les cocuns, les'excrémens'et les cadavres des vers à soie que l’on abandonne en tas au contact de l'air, exhalent une odeur fade, nauséabonde, qui mcommode tout le voisinage.

[ {ls sont encore exposés à plus de danger ceux qui cardent les gâteaux de ‘fleuret, ou de: filoselle , ou les résidus de cocons de vers à soie, pour en faire des tissus. Quand les cocons de: ces insectes macérés:

| DÉ CEUX QUI SOIGNENT LES VERS À SOIE. 161 dans l’eau bouillante ont été dévidés et réduits en fils très-fins, il ne reste plus que des filamens épais et grossiers mélés de certaines poruons de cadavres des vers à soie. On en fait des espèces de gâteaux qu’on dessèche au soleil, et que les ouvriers cardent avéc des outils très-déliés. Les molécules cadavéreuses que la carde fait voltiger pénètrent dans les poumons , et produisent une toux sèche , de la dificulté de respirer , et diverses maladies chroniques de la poitrine, qui abrègent la vie de ceux qui se livrent à ce travail. J'ai vu les membres d’une fanulle enuére, qui avait amassé quelque bien paf ce genre d'industrie, moOutir tous. d’une phthisie pulmonaire que les médecins ont attribuée à eu pro fession. |

M. Husson, Spip très-distingué de PHôtel- Dieu , m'a dit que les femmes occupées à dévider les’ cocans exécutent des mouvemens continuels des bras, qui, par les secousses imprimées à la poitrine , les disposent à la phthisie pulmonaire. {l ma dit aussi : comme.objet de curiosité, que les poules quimangent des chrysalides pondent des œufs dont le goût est détestable. | ee

[ J’ai coutume de recommander à ces artisans l'usage du lait, les infusions de mauve, de violette, de chicorée, ou les sucs dépurés de ces plantes, et lorsqu'il y a quelque danger dans leurs maladies, je leur conseille d'abandonner leur métier , et d’en entreprendre un autre, car le gain qui détruit la santé ne peut être mis au nombre des biens. ]

On peut ajouter à ces sages conseils les précautions suivantes : 1°. renouveler fréquemment l'air des magnauderies; ce qui est aussi uule aux vers à soie qu'à ceux qui les soignent. M. Nysten dit que les parfums et même les fumigations d’acide muriatique oxigéné sont entièrement inutiles pour purifier l’atmosphère de ces établissemens : on renouvelle air au moyen d'ouvertures pratiquées latéralement , ou dans le comble des magnauderies; 2°. éloigner de ces endroits les excrémens des vers à soie, et y maintenir la plus grande propreté ; 3°. carder à l'air bre au-dessus du vent, ou mieux encore dans une pièce pourvue d’une cheminée avec un fourneau d'appel , suivant la méthode de M. d’Arcet.

Maladies des Bouchers.

De tous les ouvriers, les bouchers sont sans Con tredit ceux dont l'extérieur fleuri et l’embonpoint annoncent la santé la plus vigoureuse et la plus constante. La couleur rose qui anime leurs joues, la blancheur et la finesse de leur peau, ne peuvent laisser aucun doute sur la qualité savonneuse et cosmétique du sang des animaux. Les femmes des bouchers sont, én général, tres-fraîches et leurs enfans héritent de cette carnation. L’embonpoint dont ces pérsonnes jouissent ordinairement ne peut être attribué qu’à l'absorption des molécules nutritives dégagées des viandes qu'elles ont conunuellement dans leurs boutiques. Cest à cette surabondance de sucs:

DES BOUCHERS. 163 que doivent être attribués les lourdeurs de tête, les étouffemens, les hémorrhagies, l’apoplexie méine ; maladies qui attaquent souvent les bouchers , et qui dépendent d’ane pléthore excessive. Une saignée de temps en temps, la diète, ou du moins la diminution de la nourriture et l’asage de boissons délaÿantes, sont les moyens les plus propres à prévenir ces maux. Les affections des bouchers sont, en général, . aiguës et trés-graves; On à remarqué qu'ils meurent rarement de la phthisie pulmonaire.

Pendant l'été , lorsque la chaleur de l’atmosphèré accélère la putréfaction de la viande, les bouchers sont menacés de fiévres putrides et malignes, à cause des vapeurs fétuides qui sont répandues dans leurs tueries et qu'ils respirent sans cesse ; c’est aussi dans l'été qu'ils peuvent contracter le charbon et la pustüle maligne. Ils doivent alors redoubler d’attention , laver souvent leurs tueries, se nourrir de légumes, boire de la hmonade, respirer le vinaigre, ne rester que le moins possible dans leurs boutiques, : et aprés leur travail aller respirer l'air de la campagne.

Les bouchers se font quelquefois des blessures considérables avec les instrumens dont 1ls se sérvent pour couper les viandes; on en a vu s'abatitre des doigts. Les efforts musculaires auxquels ils se vrent pour soulever des arimaux entiers où leurs quartiers, produisent fréquemment des hernies , des anévrysmes et la rupture de quelques muscles. Nous avons vu en 1811, à l'Hôtel-Dieu de Paris,

un garcon boucher trés-robuste qui, en voulant décrocher un énorme morceau de bœuf, se déchira une partie du muscle grand pectoral et mourut des suites de linflammation qui survint. Pour éviter de pareils accidens, les bouchers devraient se servir de machines pour hisser leurs quartiers d'animaux.

On vient d'inventer en Angleterre un appareil propre à tuer les bœufs, veaux et moutons sans les faire souffrir ; on les fait expirer au moyen du gaz azote ; la viande conserye ainsi plus de fraîcheur ; elle est d’un goût plus agréable et se garde plus long-temps. Unegrande partie des bouchers de Londres emploient déjà ce procédé. |

L'opinion commune attribue aux bouchers un caractére cruel et sanguinaire ; mais si l’on consulte, dit M. Cadet Gassicourt, les registres de la police, des tribunaux et des prisons, on reconnaît bientôt qu'il se commet beaucoup moins d'actes de violence parmi ces hommes habituésà égorger des animanx, que parmi les boulangers , auxquels on n'est point porté à supposer des inclinations si vicieuses.

Les émanauons putrides qui s’exhalent des échaudoirs et des parties des animaux qu on conserve dans les tueries, font désirer que par-tout on relès gue ces établissemens aux extrémités des villes. C’est ce qui

‘vient d’avoir lieu à Paris; on a construit pour cet usage des abattoirs très-propres et très-commodes près des barrières.

On, peut appliquer aux charcutiers ce que nous venons de dire à l'égard des bouchers. Les tripiers,

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