DES POISSONNIERS ET DES CUISINIERS
qui vivent dans une atmosphère remplie de particules grasses et fétides, sont sujets aux dégotts, aux nausées, et à des pustules à la surface du corps. La propretéet un régime rafraichissant leur conviennent beaucoup.
Maladies des Poissonniers.
Les poissons qui commencent à se putréfier exhalent une odeur trés-puante, formée par le gaz hydrogène phosphoré. Cette odeur peut occasioner des maladies graves. Les poissonniers sont exposés au scorbut , à l’érysipele, aux dartres etaux inflammations de l’estomac et des intestins. Ils doivent Jeter le poisson dès qu'il dégage une odeur putride, se tenir toujours propres, surtout dans l'été, répandre souvent autour d'eux de l’eau fraîche et boire de la limonade.
Maladies des Cuisiniers.
Cette profession, qui fait la jouissance des gastronomes, expose ceux qui l’exercent à plusieurs maladies; ainsi latitude debout les rend sujets aux varices et aux ulceres des jambes ; les vapeurs du charbon, la chaleur étouffante des cuisines pendant l’été leur donnent des céphalalgies presque habituelles, des lassitudes, des congestions sanguines vers la tête; plusieurs d’entreux périssent d’apoplexie et quelques-uns d’asphyxie. Ils se font souvent des brülures en mamant les charbons, en tirant
avec la main des pieces de chair d’une marmite bouillante, des poissons dela friture, etc. M. Alibèrt a observé que les cuisiniers sont parüculiérement enclins à la dartre crustacée flavescente, et que la plupart éprouvent un prurit brûlant dans ious les membres.
Les cuisiniers mangent peu au milieu des mets les plussucculens; une espèce de dégoût les empêche d’y toucher. On ne peut douter qu'ils n’absorbent une grande quantité de molécules nutriuves répandues dans l'atmosphère de leurs officines, ce qui leur donne l’embonpoint dont ils sont presque tous pourvus ; mais si l’on y fait attention, on aperçoit facilement qu'ils n'ont pas le teint fleuri des bouchers; leur visage conserve quelque chose de pâle ‘et de blafard ; leur chair reste molle; 1ls out plutôt de la Ed qee de Ja graisse.
Les vases qui servent à la cuisine doente être sur— veillés avec soin ; le cuivre, qui en fait la base, est | sujet à s’oxider, et produit dans cet état des coliques, des nausées, des vomissemens, et enfin tous les sympiômes de l’em poisonnement. Le cüisimer , qui dégusite le premier, est aussi la première vicume de sa négligence, On ne doit rien laisser séjourner dans les vases de cuivre, qui doivent être fréquemment étamés. |
Une des premières qualités d’un cuisinier est d'avoir l'organe du goût d’une grande pureté : c’est pour lui l'organe lé plus essenuel. Aussi Pauteur de VAlmanach des gourmands conseille de purger sou-
DES CARDE-MALADES. + #67 vent les cuisiniers pour rendre au palais toute sa virginilé. | | Il n’est pas facile de préserver les cuisiniers des inconvémiens de leur profession ; on peut leur recommander l'usage habituel des guêtres lacées ; pour dissiper leurs maux de tête et leur procurer de lappéut, ils doivent faire de l'exercice en plein air.
Les rouisseurs , traiteurs , restaurateurs SONL Ex pO— ses aux mêmes maladies que les cuisiniers.
Maladies des Garde-Mfalades.
Nous désignons sous le nom de garde-malades toutes les personnes préposées auprés d’un malade, pour le soigner sous la direcuion d’un médecin et conformément à ses ordres. Ceux qui-embrassent cette profession doivent jouir d’une consutuuon vigoureuse et $'astreindre à un régime trés-sobre, pour éviter les maladies qui les menacent. En effet, vivant ordinairement dans un air malsain, obligés de passer souvent les nuits sans dormur, ils sont exposés aux affections qui résultent des veilles et des faugues, du séjour dans un endroit clos et rempli d’émanations animales dégagées des excrémens, des urineset de tout le corps du malade. Ils sont sujets à la courbature, aux embarras gastriques, aux fieèvres inflammatoires, qui dégénérent fréquemment en fièvres putrides. On voit dans les hôpitaux peu d'infirmiers qui n'aient payé leur tribut, c’est-à-dire, qui n'aient eu la fièvre dhô= : pital. Les garde -malades peuvent, en outre, con-
tracter les maladies contagieuses, telles que la gale, la variole, la rougeole, la scarlaune, le typhus, etc.
Quant aux moyens préservaufs, les sarde-mal:xles doivent, dans les maladies graves, éviter de respirer l'air qui sort de la poitrine des malades, retenir leur respiration, s'ils sont obligés de se baisser sur le lit ou sur le malade; ne jamais avaler leur salive ; ne
pas laisser séjourner dans la chambre les linges sales niles vases contenant l'urine ou les selles ; n’entrete-. mir dans la chambre qu'une température modérée, parce qu’une trop grande chaleur favorise la contagion ; renouveler été et hiver l'air de la chambre, en ouvrant les portes et les fenêtres ; changer souvent de linge et même de vêtemiens extérieurs, sil est possible; porter de préférence à la laine les uissus de fil et de coton; se laver plusieurs fois par jour le visage, les HE et les mains avec de l’eau fraîche, de l'eau de savon, de l’eau aiguisée avec ae gouttes d’eau-de-vie; sortir de temps en temps de la chambre pour respirer un air nouveau ; ne jamais boire ni manger dans la chambre du malade ; faire choix d’alimens faciles à. digérer ; n'user du vin qu'aux repas, et boire dans les intervalles du petitlait, de l’oxicrat, de l’eau édulcorée avec du sirop de vinaigre, de limon , de groseilles, etc.
Dans les maladies contagieuses , telles que le 1yphus, la fièvre jaune, les RAR TE doivent se bien persuader que la confiance , le courage et la propreté sont les meilleurs préservatifs.
Nous recommandons les mêmes précautions à ces