‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 38 sur 98 · DES SAGES-FEMMES · texte numérisé non relu

DES SAGES-FEMMES

Hbbres et réépéciaBies servantes de l'humanité sonffrante qui, dans nos hôpitaux civils, soignent avec une persévérance si touchante les malades , les infirmes, les enfans, et sont par-tout l'honneur de leur sexe et les modéles d’une véritable charité.

: Maladies des Sages-Femmes.

Les personnes qui assistent la femme pendant le travail de l’accouchement exercent un ministère pénible et quelquefois dangereux. Les fatigues et surtout le défaut de sommeil altérent et détruisent bientôt la santé de celles qui se livrent à cette profession sans jouir d’une bonne et forte constitution ; si les sages-femmes ont affaire, dit Ramazzini, à des dames de qualité, ou si les accouchemens sont laborieux , la faiblesse et l'abattement qui les accablent lorsqu'elles rentrent chez elles leur font détester leur art. ”

Les lochices exhalent quelquefois une odeur trèsféude, qui occasione des nausées et des maux de tête. Mais une opération qui expose le plus à contracter des maladies, c’est le Zoucher. On a vu des sages-femmes être atteintes des virus dont étaient infectées les malades qu'elles avaient touchées, Les auteurs en citent plasièurs exemples. Fernel rapporte qu'une sagé-femme ayant secouru une femme en travail en eut là main si malade qu’elle tomba en pourriture ; 1] remarque que l’accouchée avait la Syphilis. On lit dans l'ancien Journal de’ Médecine

(mars 1759) l’histoire d’un chirurgien qui, peu de temps après avoir accouché une femme vérolée, fut affecté de darires, et éprouva au doigt médius droit un peut abcès qui fit tomber l’ongle, et produisit un engorgement douloureux des ganglions de l’aisselle. Considérant d’abord sa maladie comme de simples” dartres, ce chirurgien prit des apériufs, des adoucissans, puis des anti-scorbutiques ; mais ce traitement ne produisant aucune amélioration, 1l eut recours aux bains, aux frictions mercurielles et: à la diète lactée, qui le guérirent. Son épouse, avec laquelle il avait cohabuté, se plaignit de douleurs opimiâtres à la tête, aux membres, d’insomnie et:d’un grand amaigrissement. Ces symptômes ne cédéerent qu'au traitement anti-vénérien. La contagion est encore bien plus facile lorsqu'il existe une plaie ou la moindre écorchure aux doigts. Le professeur Baudelocque racontait dans ses lecons l’exemple d’un accoucheur qui, ayant au doigt index une écorchure large comme Ja tête d’une épingle, toucha une femme malade : en moins d’une heure les ganglions axillaires furent engorgés, et la petite écorchure avait déjà acquis les dimensions d’une pièce de dix sous; son aspect était celui d’un ulcère de mauvaise nature. M. Swédiaur, dans son 7raité des Maladies syphilitiques, rapporte plusieurs faits semblables ; les sagefemmes qui en font le sujet ont éprouvé divers accidens dont la guérison a été longue et difficile.

Il faut donc prendre beaucoupde précautions quand on touche les femmes : 1°. 1l faut toujours avoir soin

DES ANATOMISTES. 177 d’enduire le doigt indicateur d’un corps gras quelconque, tel que du beurre ou de Fhuile; 2°. lorsqu'il existe une plaie, un ulcère , ou la moindre égratignure à l'index d’une main, il ne faut pas s’en : servir, mais lui substituer celui de la main opposée; 3°. aussiôt aprés le toucher, on doit se hâter de laver ses mains, soit avec de l’eau de savon uede , soit avec de l’eau et du vinaigre; 4°. si on a touché une femme suspecte avec un doigt qui est blessé lcgérement, il faut cautériser de suite la peute plaie avec le nitrate d'argent fondu.

Pour prévenir les maladies qui sont la suite ordinaire de l’insomnie et de la fatigue , les sages-femmes doivent faire usage d’un régime rafraîchissant , prendre de temps en temps des bains tempérés, chan-

ger souvent de linges, et observer la plus grande propreté.

Maladies des Anatomistes.

L'étude de l'anatomie, dont la connaissance estindispensable à tout médecin, expose à plusieurs dangers. Les nuasmes putrides qu’exhalent les cadavres , et dont s’'inprégnent la transpiration, les urines et les matières fécales des anatomistes , peuvent produire sur l'économie une impression funeste, et occasioner des maladies graves. Pendant son séjour à Gotungue; Haller éprouya plusieurs fièvres putrides qu’il attribue lui-même à l’odeur des cadavres. C'est à cette

cause qu'est due la mort prémalurée du celebre Bichat,

On voit chaque année des étudians succomber à des maladies déterminées par les dissecuons. Mais il n’est point de preuve plus frappante de l'influence déléière des émanations cadavériques que lé fait suivant cité par M. le professeur Percy. M. le docteur Chambon ayant eu, par la voie du sort, lors de sa licence à l’ancienne Faculté de Médecine de Paris, à faire la démonstration anatomique du foie et de ses annexes, sur un sujet en état de décomposition déjà trèsavancée, dont, malgré ses représentations et celles des professeurs préposés à l'examen, le doyen exigea chstinément qu'il fit usage, il s’échappa de l’abdomen ouvert une vapeur horriblement fétide qui fit reculer les assistans, et qui atteignit particulièrement le démonstrateur resté ferme à sa place, et, de proche en proche, les quatre autres candidats avec lesquels Pacte lui était commun, savoir : M. Corion, qui, tombé en syncope, fut reporté chez lui et mourut en soixante-dix heures; M. Fourcroy, que la mort enleva trente ans après, dut la vie à une éruption exanthématéuse des plus ardentes et des plus complètes ; et MM. Languerenné et Dufrésnoy , qui restèrent long-temps languissans, ét dont le dernier ne put jamais se rétablir. Quant à M. Chambon, que cette atmosphère empestée ne put empêcher de terminer sa lecon, tandis que ses commissaires troublés n'étaient plus occupés que d’inonder leurs mouchoirs de li- ‘queurs odorantes, l'indignation qu'il ressentit et la vive agitation dans laquelle il se trouva le rendirent sans doute moins aceessible à la contagion ; il eut,

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