DES NOURRICES
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Morton (1) a décrit une espèce de phthisie due Vallaitement. Il rapporte l’histoire d’une femme qu, après quatre mois de nourriture, ayant éprouvé une grande faiblesse, la perte de l'appéut, des suffocauons, et ne voulant pas, maléré son conseil, cesser l'allaitement et se mettre à la diète lactée, fut bientôt atteinte de la phthisié pulmonaire caractérisée par la
toux, la gêne de la respiration et la fièvre lente. Le
remède qui réussit le mieux dans ce cas est le lait
d’ânesse ou de vache, poürvu qu'il ne soit pas contreindiqué par une fièvre trop aigué ou par des acides
dans les premières voies. Ïl est assez raisonnable de
réparer par l’usage du lait les pertes qu'on a faites
de la même liqueur, et d'essayer de guérir par ce moyen la Conso pion à laquelle cette perte à donné naissance, On mettra les nourrices d’abord au Jait ‘ d’ânesse pour purger et évacuer les humeurs dépravées , ensuite à celui de vache pour remédier à leur maigreur,
Si les nourrices sont attaquées d'affection hystérique, ce qui arrive principalement chez les grands et chez les princes, 1l faut leur procurer quelque évacuation , leur ordonner la saignée pour désemplir leurs vaisseaux gorgés de sang, et leur prescrire un régime rafraîchissant. Si ces affections sont dues à un stimulus utérin produit par une nourriture trop succulente, 1l faut ou leur faire cesser leur ministère,
ou leur permettre un commérce modéré avec leurs
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(1) Phthis., cap.
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maris. Parmi ces femmes, il y en a qui, occupées en secret d'idées amoureuses , cachent avec adresse le feu qui les consume, de peur d’être renvoyées dans leur panvre chaumière. On n'observe pas chez elles des accès bystériques bien caractérisés : voici cependant les différens signes qui déconvriront cette passion cachée au médecin adroit et attentif. Leur gañté n'est plus la même; elles sont taciturnes, sombres contre leur ordinaire ; la vue d’un bel homme, l’entrelien qu'elles ont avec lui dissipent leur mélancolie et leur cœur paraît plus échauffé. De tels signes indiquent certainement la passion qui les agite et qu'elles veulent en vain concentrer; mais assurément ce n’est pas leur faute, et elles sont bien excusables, puisque c’est la nature qui fait naître, malgré elles, les idées de plaisir qui occupent leur esprit. De pareilles nourrices impriment à leur nourrisson un caractère indélébile. On a observé, dit Vanhelmont (1), que l’âge développe dans les enfans les désirs ardens pour l’amour que leurs nourrices leur ont communiqués. |
Quant aux démangeaisons qui tourmentent les nourrices et dont elles ne peuvent se garanur, puisqu’elles ont toujours entre leurs bras et contre leurs seins des enfans dont la tête est ordinairement couverte d’une croûte-laiteuse, on les guérira en appliquant extérieurement des pommades antu-psoriques.
Il est inuule d’avoir recours aux purgatifs et aux
(r) De Fnfant. Nutrit.
DES NOURRICES. 1 re)
autres remèdes internes recommandés pour les affections cutanées , parce que cette affection ne dépend pas d’un vice intérieur, mais seulement du contact et de l’attouchement du nourrisson: Mais si cette maladie est due à une” faiblesse générale , résultat d’urr long allaitement, 1l faut administrer des médicamens internes, avant que d'employer les topiques indiqués. J’ai vu beaucoup de femmes très- saines être attaquées d’une gale d’un mauvais caractère quelques mois après avoir cessé de nourrir, pour avoir touché souvent des enfans galeux. Les nour= rices doivent donc toucher leurs enfans avec précanuon , et les entretenir , ainsi qu’elles, dans la plus grande propreté. Si l’on avait ces soins, on ne verrait pas tant d’enfans sales et rongés d’ulcères, mourir hétiques dans les pleurs et les gémissemens. Gaken rapporte (1} llustoire d’un enfant qui, ayant pleuré pendant toute une journée , Sans que sa nourrice pût le tranquilliser, soit en l’agitant ou en le posant ‘sur son sein, fut apaisé et pris d’un sommeil trèslong aussitôt que, par son conseil, on l’eut lavé et changé de langes. |
Avant que de quiiter les nourrices , je dois leur proposer un’conseil utile à elles et à leur nourrisson : c'est d’épargner la nourriture qu’elles leur prodiguent, de ne pas leur offrir le téton toutes les fois qu'ils pleurent. Cette habitude est très - nuisible; cent fois le jour elles leur donnent à téter, et la
1) 2, de Sanit. tuend., ©. 8.
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nuit, pour ne pas être interrompues dans leur som meil par leurs cris, elles les allaitent encore ; ainsi elles s’épuisent elles-mêmes et gorgent leurs enfans de lait, de sorte que tous deux en souffrent égale ment. Comment, en effet, l'estomac si tendre et si délicat des enfans pourrait-1l supporter une ‘si grande quantité de lait, sans qu'il n’en résultât des crudités, des rapports aigres, de fréquentes nausées, et sans faire coaguler ce. fluide ? Comment les nourrices ne s'épuiseraient-elles pas en se faisant sans cesse. téter ? Les femmes de la campagne nourrissent leurs eufans ayee bien plus de sagesse ; elles ne leur donnent à téter que trois ou quatre fois par jour, les laissent pleurer tant qu'ils veulent, et s’occupent pendant ce temps de leurs travaux champétres , en imitant , disent-elles , les vaches qui nourrissent leurs peuts, et qui ne se laissent téter que trois fois dans le jour. C'est peut-être de cet abus qu'est venue la coutume suivie en Angleterre et en Alemagne de nourrir les enfans avec une bouillie fane avec le lait de vache, les jaunes d'œuf et le sucre, moyen qui sert à régler le régime, et à mesurer la juste quantité d’alimens qu'ils doivent
manger. |