‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 46 sur 98 · DE CEUX QUI PRÉPARENT LE FABAC · texte numérisé non relu

DE CEUX QUI PRÉPARENT LE FABAC

vriers de la ferme, dit Fourcroy , s’accoutument à l'odeur dun tabac et n’en sont aucunement affectés ; ils sont même moins sujets que les autres habitans de Cette aux fièvres putrides qui régnent ordinairement dans cette ville à la fin de l'été.

[ Les ouvriers en tabac se préserveront , autant que possible, des particules qui s’échappent de leur ouvrage, en se couvrant la figure d’une gaze , en res- pirant souvent un air frais, en se lavant le visage avec de l’eau fraîche et la bouche avec de l’eau vinaigrée. Pour diminuer l'irritation que produit sur leurs organes la vapeur du tabac, ils feront usage de petit-lait, des émulsions de semences de melon, de la tisane d'orge et du riz cuit dans le lait. Dans quelques cas, je leur administre un vomiuf pour évacuer la poudre qu'ils ont avalée. ] On pourrait les garantir des molécules du tabac en établissant dans l'atelier une cheminée munie d’un fourneau d'appel.

M. Cadet-Gassicourt a observé que les râpeurs de tabac ont du goût pour la buisson , sans être décidément ivrognes, SE NA (UE

[Tous les médecins conviennent que l’emploï immodéré du tabac est dangereux, et plusieurs faits cités par les auteurs confirment cette assertion. Vanhelmont (r), qui blâme la coutume de fumer, dit : avoir rouvé un estomac teint en jaune par la vapeur du tabac. Simon Pauli et Richard Morton (2) pen-

n custode errante, n: 46 ; ac in tract. de Mort. occas. uadr. bot., cap, 6; de phth,

204 sk! : MALADIES sent que cette vapeur desséche les p oumons et pro duit le marasme. On pourra aussi lire Théoph. Bonet (1), qui a démontré par beaucoup d’ouvértures de cadavres les maux affreux que déterminent sur les poumons et le cerveau, non-seulement la fumée de tabac, miais encore la poudre de cette plante prise. par le nez. ] La petite fille d’an marchand detabac mourut dans des convulsions affreuses pour avoir couché dans un endroit où on avait râpé une grande

quantité de tabac. Un: jeune homme ayant la peute- eo vérole fat si vivement frappé de l'odeur du tabac : que Sa garde rapait à côté de lu, que ses boutons | rentrérent, et qüe l on eut intimes à de a à rélablir léruption. F5 à [ Qu'on ne pense pas que je veuille diffamer une F plante anssi célèbre, qui est agréable à tous les Européens, et dont le commerce fait un des grands revenus de plusieurs royaumes (2). Des médecins éclairés ont signalé ses vertus, et l'ont rangée avec raison | parmi les plantes. médicamenteuses. On ne doit bläge immodéré ôu à contre-témps qu'on fait de cette plante. Tout le monde sait que les feuilles

de tabac mâchées excitent une sécrétion abondanté

mer que l’usa

de mucosités et de salive; l'évacuation de ces =...

(1) In suo rh t. us, lib. sect. 1150

(2) Le gouvernement français retire, tous frais d'achats, de percepuion ét d'exploitation payés, trente et quelques millions par an. L'ancienne ferme , qui avait la vente exclusive du tabac, rendait à l'État trente millions netse

‘à , 1 | \ . d X QUI/PRÉPARENT LE TABAC. 1205

queurs n'est pas égalemen t salutaire à tous les hommes. Le tabac. peut étre utile aux personncs pourvués d'un grand embonpoint, mais 1l est nuisible : à celles qui sont d un. Dempéramebt sec et bilieux. J'ai connu plusieurs hommes qui sont tombés dans le narasme pour avoir muÂehé trop de tabac ; ils s 'applaudissaient en voyant couler “on ait un flot de‘hquide

de leur bouche, et ils croyaient , par ce moyen,:af-

fernur leur santé. J'ai eu beaucoup de peine à leur:

persuader qu’ il est trés - dangereux de tarir ainsi

les sources salivaires et de priver le corps de son suc nourricier ; lant est grande la folie de mâcher le tabac et d'en respirer la fumée, fohe qui, malgré les avis des médecins, sera probablement toujours à la mode.

.ILest étonhant de voir combien de moyens, de emploie pour satisfaire les goûts des différens nez. En effet, on prépare plusieurs espèces de tabacs, comme, dans la cuisine , on muluplie les assaisonne-

mens : on réduit cette plante en poudre plus ou

moins fine, on lui donne une odeur agréable, ou on.

ui laisse celle qui lui est propre.

Beaucoup de voyageurs assurent que le tabac màché ou sa vapeur inspirée par la pipe, ôte l'appétit, et que, par l’un de ces moyens, on peut faire heau- ‘coup de chemin sans être pressé par: la faim. Guillaume Pison. affirme qu’en voyageant dans des lieux déserts, 1l ne ressentut ni lassitude, ni faim, aprés “avoir mâché du tabac. Vanhelmont émet la même

opinion. J'ai souvent je En VÉ que e les Apres et les

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mâclieurs de tabac sont continuellement sans appéüt, parce que son usage énerve l’action de l'estomac et détruit l'énergie du suc salivaire. | Willis recommande l’usage du tabac dans les armées , comme pouvant suppléer à la disette des alimens. Pendant la conquête de la Hollande, Louvois s'occupa en core plus de l’approvisionnement du tabacique de

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celui des vivres.

Maladies des Parfumeurs.

Vivant au milieu de substances aromatiques qu'ils pilent et préparent de diverses manières ; les parfumeurs sont sujets à perdre le sens qu'ils cherchent à satisfaire chez les autres. L’habitude de respirer les odeurs les plus fortes ét d’en recevoir les émanations sur la pituitaire, affablit Ja sensibilité olfactive de cette membrane. Quelquefois cette sensibilité, loin d'être éteinte , est au contraire exaltée. Un parfumeur de Montpellier avait tellement perfectionné le sens de l’odorat, qu'il découvrit, dit-on, dans une essence, jusqu’à cinquante substances qui entraient dans sa composition et dont l'odeur était différente. |

Les odeurs concentrées dans un endroit clos peuvent produire des maux de tête, des vertiges et même l’asphyxie. [ On lit dans Gaspard à Rejès qu'un pêcheur ayant respiré les odeurs fortes qui étaient répandues dans le palais de Sébastianus, roi de Lu-

sitanie, tomba subitement en syncope et parut n'a-

| DES PARFUMEÊURS. | 207 voir aucun signe de vie. Le célèbre Thomas de Véca le fit porter au bord de la mer ; on le roula, par son ordre, dans le limon et l’algue marine : bientôt 1l revint: à lui et recouvra sa premiére vigueur. Bàcon (1})dit que ceux quientrent dans les magasins d’aromates qu’on n’a pas ouverts depuis long-temps, sont attaqués de fièvre et d’inflammation. Levinius Lemnius (2) nous apprend que les habitans de l'Arabie sont si abattus par les odeurs douces qui parfument tout leur pays, qu'ils recherchent les odeurs les plus fétides comme un baume salutaire (3) qui adoucit leurs maux..] Nous connaissons plusieurs femmes qui ne peuvent rester quelques instans dans le laboratoire d’un parfameur sans être prises d’un mal de tête assez violent. M. Cadet-Gassicourt dit que les parfumeurs sont sujets aux affections nerveuses’et aux tremblemens.

Les parfameurs doivent pulvériser à à l'air libre les substances âcreset fortes, et mettre des peaux autour de:leur mortier. Les bains, les boissons rafraîchissantes, un régime adoucissant , et l’exercice à la campagne leursont très-convenables. I] serait utile qu'ils fissent leurs préparations sous le manteau d’une cheminée pourvue d’un fourneau d'appel.

. (1) Nov. organ., ll. 2.

5) Dé OCCuln mirt T2, 0e, {5) Camp. Elys., q. 99.

508 1. MALADIES ROME D RTL Maladies des Confiseurs,

{ On a coutume, pour l’ornement des tables et pour d’autres usages, de confire avec le sucre différentes semences!, telles que les amandes. les pistaches, les pignons, les fenouils, la coriandre et le santonicum, ainéique Jes fruits verts, Ces préparations agréables pour. ceux qui en usent, produisent de grands maux aux Ouvriers qui les exécutent, On met les fruits et les semences dans une bassine de laiton , suspendue par une chaîne de métal , et sous laquelle est'un réchaud rempli-de charbons allumés, Lesucre liquide tombe goutte à goutte du robinet d’un vase suspendu à une certaine hauteur sur la bassuie.! On aguie de temps entemps les semences et des-fruits, afin qu'ils se couvrent .mueux d'une couche. de sucre. Lesouvriers occupés constanument à cetravail æespirent l'air chaud et les vapeurs qui s'élèvent. de la bassine, et coniractent ainsi très-facilement des ma- Jadies graves, comme des douleurs de: tête, des -aphthalimies-et des étouffemenstrès-violens. Ceux qui font le sucre candi-sont exposés à une chaleur exuémement vive. ( … Trois causes principales nuisent à ces ouvriers : Ja vapeur du charbon, l'odeur de la bassine échauffée , et enfin le sucre Ini-méme. Le charbon qui brûle dégage du gaz acide carbonique et du gaz oxide de carbone , lesquels vicient promptement l'air et peu-

vent occasioner l’asphyxie , si on ne procure à ces

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