‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 49 sur 98 · DES CHARBONNIERS · texte numérisé non relu

DES CHARBONNIERS

bien, on lui fera remettre ses habits, et on lui donnera à manger, en lui faisant boire du lait, s'il en désire. Le doreur fera laver de suite à grande eau l'habillement complet de toile qu’aura quitté le ramoneur ; il l’enverra ensuite à la lessive et le gardera pour une nouvelle opération. »

Maladies des Charbonniers.

Les charbonmiers se divisent en deux classes. :

1°. ceux qui font le charbon; 2°. ceux quile mesurent et le portent en ville. Les premiers, travaillant

en plein air dans les forêts, sont peu incommodés

par les vapeurs dégagées du bois qui se carbonise’;

mais comme ils sont exposés aux intempéries des

saisons et commé ils se couchent.souvent par terre, ils sont sujets aux catarrhes et aux douleurs rhumausmales. jé ji j

La poussière de charbon dont sont couverts ceux qui le mesurent et le portent, ne leur, est pas nuisible : on à remarqué même qu’elle les préserve de la gale et des autres affections cutanées. Cependant le docteur Skragge dit que les charbonniers sont attaqués de la päleur ,» de la toux, de l’asthmeet de la

phthisie. Il est probable que ce’ médecin.a voulu parler des ouvriers qui retirent des mines le charbon

de pierre. Ces ouvriers sont, en effet, appelés char= bonniers dans les houillières. Se bien couvrir, coucher

dans des cabanes , telies sont les précautions quenous.

xecommandons.aux ouvriers qui font le charbon:

214 1 * MALADIES) Maladies des Chanvriers èt des Einiers.

| à, [ La nécessité des habits à presque été la même pour l’homme que celle des alimens, dès le premier âge du monde. Pour satisfaire à ce besoinsfla nature bienfasante nous a fourni beaucoup de cerps propres à nous garantir des injures de Pair : tels sont le chanvre, le lin, la lame et la soie. Ces mauëres, qui font la base de nos vêtemens, causent plusieurs ma— ladies à ceux qui les apprêtent. Tout le monde connaît assez l'odeur infecte que répand en automne le chanvre ou le lin qui rouit dans les eaux, et dont les exhalaisons se répandent assez loin. Kirker regarde ces efduves comme capables de faire naître des épidémies dans les villes voisines. ] Zimmermann assure qu'elles ont causé la mort d’une famille entière. Ceux qui habitent prés des étangs où rouit le chanvre sont sujets aux fièvres intermittentes, à la cachexie et aux scrophules. Ces maladies nous paraissent dues’autant aux miasmes qui s'élèvent des caux stagnantes et corrompues , qu'aux émanations du chanvre lui-même.

: [ Lesouvriérs qui cardent le lin et le chanvre, afin qu'on puisse le filer et le livrer aux tisserands pour fabriquer les toiles, sont aussi tourmentés de maux paruculiers. La poussière âcre qui voltige des ma tières qu'ils manient pénétre'par la bouche et le nez dans les voies respiratoires, excite chez €es ouvriers une toux continuelle, et les rend peu à peu asthma-

DES CHANVRIERS ET DES LINIERS. 215 tiques et même phthisiques ; la plupart sont päles et Janguissans. La rigueur de l'hiver, pendant lequel ils Ont le plus d'ouvrage, les obligeant de travailler dans des lieux fermés, ils avalent malgré eux les paruicules de chanvre et de lin’qui se sont couverts de boue au fond desfares où on les a plongés pour accélérer la putréfaction qui leur est nécessaire (1). Ces ouvriers disent qué lé lin letir fait plus de mal que le chanvre: c’est probablement parce qué la poussière que répand la première de ces subStances végétales est plus fine, et pénétré plus er hé dans les poumons: |

Les ouvertures de plusieurs cime de chanvriers ét de liniers que rapporte Morgagni dans ses Recherches sur le siége et la cause des maladies, confirment les remarques faites par Ramazzini. Dans cinq cadavres, Morgagni a constamment trouvé les poumons ‘enflammnés et plus où moims altérés dans leur tissu. Il cite surtout l'istôire détaillée d’un cardeur de chanvre qui, par suite de l'exercice de son métiér , était att@int d’une altération telle de la voix, qu'il semblait plutôt crier que’ pärlér ; l'avait ‘éprouvé

(1) On trouve dans Amatüus Busitanus une observation très-courle qui a du rapport à ce passage , et qui prouve le danger de ces ‘exhalaisons. Nous la rapporterons en latin , pour n'en point allérer le sens. Qui cannas putidas cvoluit viliicus totus tumuïit. Cæterèm ut veneno ajfectils , euratus Fes expirant autem ex*se carre putideæ vaporert duérrdar prorsès venenum Saprerttérnts Amar. Eusit., Célt Mer obs.84.

216 , MALADIES ‘+ six à sept fluxions de poitrine : la derniére, .à.laquelle il succomba, fut accompagnée de tous les symptômes de la frénésie ,telss que délire , soubresauts des tendons, etc. A l'examen ds cadavre, on trouva le poumon droit adhérent. à la plèvre de toutes, parts; les lobes supérieur et inférieur du poumon gauche étaient rouges, compactes, et contenaient du pus infiltré. D’après ses observations, Morgagni conclut avec Ramazzani que les chanvriers sont sujets à la toux continuelle et à l’asthme, à cause de la poussière pernicieuse qu'ils respirent sans cesse. L’odeur vireuse très-prononcée qui s’exhale du chanvre n’est pas moins nuisible : on assure que ceux qui se livrent au sommeil dans le yoisinage des champs.qui en sont plantés éprouvent en s’éveillant des vertiges, des éblouissemens et une sorte d'ivresse. : ñ

Ramazzini recommande aux chanvriers et aux hiniers l'usage du lait, lés infusions de mauve, de violette, de chicorée, et les sucs dépurés de ces plantes. Pour se garantir des vapeurs meurtrières du chanvre et du lin, ces.ouvriers doivent travailler dans des lieux vastes, avoir l'attention de se mettre le dos zu vent, et se laver souvent le visage et la bouche avec de l’eau et du vinaigre. Lorsqu'il y a des nausées, des maux de tête, de la perte d'appétit, des douleurs à l'estomac sans rougeur de la langue ni sécheresse à la peau, un vomituif ou un purgatif est convenable. Enfin les chanvriers doivent abandonner-leur pro-

. . » l : e fession si une toux fréquente, une maigreur qui

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