‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 62 sur 98 · DES BLANCHISSEUSES · texte numérisé non relu

DES BLANCHISSEUSES

Les purgaufs drastiques que recommande Ramazzini, lorsque les blanchisseuses sont atteintes de fièvres ou de catarrhes, ne doivent être employés qu'avec prudence ; j'en dirai autant des médicamens antimoniaux et des toniques qu'il propose.

Porteurs de linge. Les ouvriers chargés d’emporter dans des hottes le linge qui a été lavé, sont exposés à des maladies produites également par l’humidité. En effet, le linge qu’ils portent dépasse assez souvent les parois de leur hotte, en sorte qu'il en découle une assez grande quantité d'eau qui les maintient pour ainsi dire dans un bain continuel , ce qui les dispose aux affections catarrhales et rhumatismales. -Ils se préserveront de ces maladies en couvrant leurs habits d’une capote en toile cirée.

Repasseuses. Les femmes qui repassent le linge sont sujettes aux accidens produits par la vapeur du charbon qu'elles allument pour faire chauffer leurs fers ; elles péuvent être frappées d'asphyxie si elles travaillent dans des endroits clos et peu spacieux. Pour prévenir cet accident, les repasseuses doivent mettre leurs fourneaux sous une vaste cheminée qui ure bien, et travailler près d’une fenêtre ouverte. A joutons que le mauvais effet des vapeurs du charbon est diminué , parce que les fers exposés sur le feu absorbent une partie du gaz acide carbonique.

258 MA LA DIES . Maladies des Teinturiers.

. Les t@inturiers travaillent dans une atmosphère chaude et humide; si l’on entre dans leur atelier au moment où les chaudières sont en acuvité, on est étonné de la vapeur épaisse qui sort par la porte et les fenêtres. Cette vapeur, à peine respirable, donne une couleur à tout ce qu'elle touche; elle est formée, 1°. de la fumée des fourneaux; 2°. des parties aqueuses qui s'évaporent des chaudières ; 3°. de parües salines et de différens mordans qu'on emploie; 4°. des parucules dela matière colorante. végétale ou amimnale. Les teinturiers sont en outre obligés de laver leurs étoffes dans l’eau courante ; ce qui les expose aux rhumaslimes, aux catarrhes, à lasthme et à l’hydropisie de poitrine. Ceux qui travaillent sur Ja rivière de Bièvre, à Paris, sont atteints souvent de fiévres internnittentes ; plusieurs d’entr'eax deviennent phthisiques. Lies préparations de plomb dont se servent quelquefois les teinturiers les rendent sujets à la colique métallique.

. Ces ouvriers doivent éviter, autant qne possible, de pencher da tête sur leurs chaudières , d’où s’exhalent des vapeurs fortes ; et prendre lai de temps en temps, en ayant soin, pendant l'hiver, de se couvrir de leurs vêtemens. On pourrait les préserver des vapeurs qui remplissent leur atelier, en y établissant une cheminée pourvue d’un fourneau d'appel et

un vasistas à une fenêtre, suivant la méthode de

DES FOULONS. | 259 M. d'Arcet. Quant à l'humidité, ils en préviendront les mauvais effets en portant des habits secs eten se fricuionnant tout le corps avec de la flanelle. : Les dégraisseurs sont sujets à-peu-près aux Hé tes maladies que les teinturiers.

Maladies des Foulons.

[ H paraît, d’après les écrits des anciens, que l’art - des foulons consistait autrefois à dégraisser les laines et à nettoyer les habits. Les Romains envoyaient leurs ioges sales aux foulons comme à des blanchisseuses, Ces ouvriers se seryaient dans leur travail de craie commune et d'argile ; ils employaient aussi l’urine humaine. ]

Aujourd'hui, les foulons s'occupent à dégraisser les lines et les draps. Ils enlévent aux laines l’enduit oléo-résineux dont elles sont imprégnées et qu’on appelle suin. Souvent , en remuant ces substances , qui ont contracté une sorte de putrescence el de rancidité , 1ls contractent des éruptions pustuleuses a la peau, qui ressemblent un peu à la gale.

Les draps et les autres étoffes , apres avoir éié uissus, sGnt remis aux foulons pour enlever les résidus buileux qui sy déposent pendant leur préparation, et pour resserrer les fils dontils sont compasés.

Les laines et les draps sont jetés dans des auges contenant de l’argile grasse qui se combine avec la graisse et l'huile ; les draps sont ensuite lavés avec du sayon.

Obligés de travailler continuéllement dans des

éndroits froids et humides , les ÉEnS sont exposés à toutes les maladies qui résultent de la suppression | de la. transpiration , telles que les catarrhes, les fluxions de poitrine, les rhumatismes, les douleurs de dents et de tête. Ils sont en outre sujets à'des ulcères aux jambes et à des anévrysmes du cœur. Morgagni dit qu'ils sont atteints fréquemment des maladies du poumon. Les mains de ces’ ouvriers offrent souvent, principalement pendant l'hiver, des gerçures qu'exaspérent les terres alumineuses qu'ils manient à chaque instant. Fe) Les foulons doivent se tenir trés-propres , se couvrir de vêtemens secs , et employer tous les moyens nécessaires pour entretenir la transpiration cutanée, que leur genre de travail tend sans cesse à supprimer.

Maladies des Porteurs d'eau.

+ Les porteurs d’eau sont exposés à diverses maladies causées par leur profession. L'eau , souvent tresfroide et même glacée , dont 11 sont habituellement mouillés |, diminue et supprime la transpirauon cutanée ; de là résultent des rhumes , des fluxions de poitrine, des coliques , des hydropisies, des rhumatismes. Lies tégumens de l'épaule sur laquelle: agit la bretelle ou le bâton qui suspend les-seaux de ces espèces de por Lefaix , sont quelquefois endurcis et comme calleux.

Les porteurs d’eau doivent avoir soin de se véur d'habillemens secs. Des frictions sur tout le corps

DES DÉCHIREURS DE BATEAUX ET DE TRAINS. 26r

faites le soir avec un morceau de flanelle, sont trèseflicaces pour rétablir la transpiration ; ce moyen est préférable aux tisanes diaphorétiques , qui relâcheraient trop l'estomac de ces ouvriers. Une boisson qui leur convient beaucoup consiste à mettre quatre cuillerées d’eau-de-vie dans une chopine d’eau. Pour remédier à la pression trop forte de leur bretelle, ils doivent garnir leur épaule d’un coussinet en crin.

Plusieurs écrivains assurent que les porteurs d’eau d'Alexandrie sont presque QUIONTS exempts de la peste.

Maladies des Déchireurs de bateaux et de trains. X L

. Continuellement plongés dans l’eau, ces hommes sont exposés à toutes les maladies causées par l'humidité : 1ls sont aussi très- -Sujels à se faire aux jambes a ecorchures qui dégénerent souvent en ulcères très-difficiles à guérir. Fourcroy rapporte l'histoire d’un de ces ouvriers, qui se blessaà la jambe avec une hache qui leur sert à séparer les buches des. trains ; il survint une inflammation assez vive qu se termina par un abcès, dont la. cicatrisation ne s'opéra qu'au bout de deux mois. Il est probable que la Jon gueur de cette maladie a été occasionée par. l’eau bourbeuse et sale qui, pénétra dans la plaie ; parce que le blessé eut l’im LR et le courage de rester dans l’eau après son accident. | Les déchireurs de bateaux doivent se garnie les. jambes avec de grandes bottes faites en cuir épais et

bién tanné, boire de temps en temps ün peu de vin vu d’eau-de-vie, et changer de vétemens en sortant de leur ouvrage.

Maladies des Jardiniers, des Maraichers et des

Cultivateurs de riz.

Les jardiniers menent une vie pénible, laborïeuse et exposée aux intempéries des saisons, Forcés d’être continuellement dans des jardins humides, ïls sont sujets aux coliques, aux rhumatismes et à la scrauque ; 1ls deviennent souvent cachectiques et même hydropiques, d’après la remarque de P. Zacchias. On a observé que la jambe qu'ils appuient sur la bèche, etqui est plus volumineuse que l’autre, est assez fréquemment affectée d'anévrysme, |

Les maraichers , qui, comme l’on sait, travaillent s les marais, sont sujets aux fiévres intermittentes

à la paralysie des jambes. « Je me souviens, dit di nie , d'avoir traité un maraicher paralytique , dont l’une des jambes n’ayait plus de mouvement inais conservait la sensibilité , et dont l’autre avait perdu le sentiment et jouissait de la moulité. La décoction de gaiac et beaucoup d’autres médicamens le guérirent au bout de quelques années. »

‘Les cultivateurs de riz ont, pendant une grande partie de l'année, les jambes dans des eaux stagnantes; ils sont pâles, sujets à l’œdème et aux engorgemens des visCères ; ils meurent ordinairement à l'âge de quarante ou cinquante ans,

DES VANNIERS , DES TONNELIERS, elc. 20% Il n’est pas facile d'indiquer des moyens propres à préserver ces ouvriers des maux qiu les menacent : cependant on peut leur conseiller d'éviter l'humidité par des vêtemens secs, de se frictionner chaque jour tout le corps avec de la flanelle , de se nourrir d’alimens substantiels , et de boire un peu de vin, de biére forte ou de l’eau-de-vie, pour résister à linfluence des muasmes marécageux.

Maladies des F'anniers,

La vapeur de l’osier mowullé que respirent sans eesse Îles, vanniers les incommode quelquefois; ils sont sujets aux rhumatismes aigus et chroniques, et, dans un âge avancé, aux affecuons. pulmonaires. M. Cadet-Gassicourt , à qui nous empruntons ces détails, ajoute que les vanniers sont sages , laborieux

et rangés.

Maladies. des Tonneliers et des Garçons marchands

, de: vin.

Ces ouvriers travaillant ordinairement dans les caves , dont l'air est chargé de vapeurs plus ou moins humides , sont sujets aux coliques, à la dysenterie et aux rhumatismes. En transvasant le vin, leau-de-vie, l’alcohol , cés liqueurs dégagent des vapeurs capables de produire des maux de tête, une ivresse passagére et même l’asphyxie. Quand ces ouvriers sont buveurs, la facilité qu’ils trouvent dans leur profession pour satisfaire lëur passion, leur fut

commettre des excès qui déterminent des gastrites.

aiguës et chroniques , le cancer de l'estomac, des engorgemens des viscères du bas-ventre et l’hydropisie. Fn remuant les tonneaux, ils peuvent se faire des blessures graves , et se rompre les fibres des muscles des bras et des lombes, comme je l'ai vu plusieurs fois,

Les tonneliers et les garcons marchands de vin ne doivent pas descendre en été dans les caves quand ils ont bien chaud. Il faut qu'ils fassent un usage modéré du vin ; avant de travailler, ils doivent ouvrir les portes et les soupiraux pour faciliter la cireulaion de l'air. Ils ne doivent jamais faire parade de leurs forces , en soulevant des tonneaux trop lourds.

Maladies des Baigneurs.

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:f Parmi les édifices publics que Rome avait dans son sein, et qui se sentaient du luxe où la maîtresse du monde était parvenue, les bains étaient un de ceux qui étalaient le plus de magnificence. Les restes précieux de ces monumens , leurs ruines que l’on trouve actuellement dans le sein de la terre, peuvent faire juger de la grandeur de ces bâtimens. Ce. n'était pas seulement à Rome, mais encore dans . toutes les autres villes, dans les maisons des particuliers, dans les maisons de campagne qu’on élevait des bains à très-grands frais. Sénèque , ce censeur austère des mœurs de son temps , en reprochant aux Romains le luxe qui les amollissait, a dit (1) qu’on LR QT

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