‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 63 sur 98 · DES BAIGNEURS. : GO · texte numérisé non relu

DES BAIGNEURS. : GO

était pauvre lorsque l’eau ne coulait pas chez soi par des robinets d'argent: C'est aux ouvrages ‘d'André Baccius sur les Bains, de Mercurialis sur la Gymnastique , que nous devons la connaissance des bains des Romains. Ces bains, construits par les empereurs pour les besoins du peuple dans chaque quarter, donnaient la liberté aux hommes et aux femmes de se laver à peu de frais, et tant qu’on le désirait, ordinairement deux fois par jour. Chaque personne payait un quadrans (1), et, comme nous l'apprend Juvénal , les enfans se lavaient pour rien (2).

Beaucoup d’esclaves mâles et femelles étaient occupés jour et nuit dans ces bains: on les appelait balneatores , seu aquarioli. Ces malheureux, toujours dans les eaux , habitant des lieux humides et voûtés, occupés à laver Les corps tantôt à l’eau chaude , tantôt au bain tiède, tantôt au bain froid; à nettoyer les malpropretés et les anciens parfums, etc. , devaient être , à ce quil semble , sujets à beaucoup de maladies , à la cachexie , à l’enflure des jambes , aux ulcères , aux tumeurs froides et à l’anasarque. Lucilius nous apprend dans ses vers quel était l'office de ces esclaves (3). -

(1) La quatrième partie de l’as romaine.

(2) ÎVec puert credunt , nisi qui nondum ære lavantur.

| JUVÉNAL, sat. I.

« Aujourd’hui la jeunesse ne croit plus ces fadaises , si ce . » n’est les enfans qui ne paient point au bain. »

(3) Seabor , supellor , desquammor , purmicor, ornor ;

expilor ; PINGOT ses.

Quoique les bains publics aient été abolis, il y à encore dans les villes peuplées quelques bains pour l'usage des valétudinaires, et pour ceux qui, pendant l'été, ont la coutume de se baigner, afin d'entretenir la netteté et la propreté de leur peau. De notre temps, les personnes qui ontquelquemaladie cutanée, comme la gale , les démangeaisons , la syphilis, vont dans ces bains ou étuves , où les baigneurs les lavent avec de l’eau uede , et leur appliquent des ventouses par tout le corps pour leur tirer un peu de sang. Souvent même les malades se confient aux baigneurs, et se font ainsi laver , frotter et scarifier sans l'avis du médecin , qui pourtant devrait être seul capable de déterminer si ces moyens conviennent, Les baigneurs, comme je l'ai observé, sont pâles , tristes, bouflis , cachectiques, et sont attaqués quelquefois des maladies qu’ils veulent guérir chez les autres. ]

En France , et surtout dans les grandes villes, les bains se muluplient ; et l’on ne peut qu'applaudir à la formation de ces établissemens , qui sont trés-uules à la santé : il est seulement à désirer que le prix en devienne assez médiôere pour permettre aux ouvriers de s’y baigner trés-souvent.

Les hommes et les femmes qui servent actnellement dans les bains n’ont aucune maladie à redouter. Quant aux étuvistes, qui sont obligés d’être à côté des malades pour leur donner les secours nécessaires, als peuvent être incommodés par Pair chaud, humide, peu élastique et chargé d’exhalaisons émanées du corps des malades ; on en a vu être frappés d’as-

DES PÉCHEURS. 267 phyxie. Si cet accident leur arrive , al fant les transporter'en plein ‘air, les arroser d’eau froide et leur faire inspirer de l'alcali volaul. Pour prévenir ce malheur , les baigneurs doivent quitter de temps en temps les malades, pour aller respirer un air frais et pur , se laver les mains et le visage avec du vinaigre aromatique.

Ils doivent aussi avoir Pattention de ne pas passer subitement d'un ‘air trés-chaul dans un air froid , afin d'éviter lés maladies produites par latranspiration supprimée.

Maladies des Pécheurs.

[Si les gens de la campagne qui labourent et ensemencent les ‘terres font vivre les peuples -en lenr fournissant les brens de première nécessité, les pécheurs, en épuisant les mers et les fleuves de leurs babitans, contribuent aussi à les nourrir et à orner leurs tables. Le continent seul ne suflivait pas pour alimenter une si grande ‘quantité d'hommes , si la mer ne leur fournissait pas l'énorme quantité de poissons qu'elle nourrit dans son sein : c'est pour cela que les villes maritimes et les ports de mer souffrent moins des ravages de la misère que les régions méditerranées, [1 ÿ a certains peuples icthyophages qui ne vivent que de poissons : tels sont les habitans de la mer Rouge, qui font cuire les poissons sur des pierres échauffées par les rayons du soleil, et qui

s'en nourrissent comme de pam. La médecine doit

donc avoir autant de soin des pêcheurs que des laboureurs. Lorsqu'un médecin aura un pêcheur malade à traiter , il fera bien de se rappeler les maux et les difficultés de ce métier , les vents et les tempêtes auxquels ces hommes sont exposés , le froid rigoureux de lhiver et les chaleurs excessives de l'été qu'ils supportent , leur manière de se couvrir, leur genre de vie irrégulier, le travail qu'ils sont forcés de faire la nuit , tandis que les autres ouvriers se reposent des fatigues de leur ouvrage du jour. Ainsi, les apôtres se plaignaient au Sauveur du monde de n'avoir pris aucun poisson pendant la nuit. Le sort de ces hommes est donc digne de compassion. Souvent une petite nacelle fait toute leur demeure; et quand ils sont malades , ils se font transporter dans les hôpitaux, dontles médecins ne peuventles guérir s’1ls ne connaissent pas leur métier.

Leurs habits, continuellement humides, les rendent sujets à toutes les maladies qui dépendent de la transpiration supprimée , comme aux fièvres aiguës, aux rhumatismes, aux pleurésies, aux péripneumonies , aux catarrhes et aux autres maladies dela poitrine. Les poissons les plus communs dont. ils se nourrissent , réservant les plus rares etles plus chers pour la bouche des grands, leur donnent une apparence cachectique et causent l'hydropisie. Les alimens peu substantiels rendent la vie courte , dit Hippocrate(1). Leurs jam bes sont aussi attaquées d’ulcères dont la guérison est

(1) 5 in 6 Epid., tex. 20.

DES PÉCHEURS. 269 très-difficile , à cause des lieux humides qu'ils habitent. Les ulceèresdes pécheurs d’eau douce, de rivière | et d'étang, sont très-différens de ceux qui affectent les pêcheurs sur mer : ceûx des premiers sont sales, dégénérent facilement en gangrène ; ceux des autres sont secs et livides , comme Île fait remarquer Hippocrate (1), qui propose pour la cure de ces ulcères une fomentation d’eau salée.

Les pêcheurs en mer ont coutume d’être constipés, quoiqu als soient plus grands mangeurs que les pécheurs de rivière. Vanhelmont (2), qui a observé ce phénomène, en attribue ‘la cause à l'air imprégné de particules salines qui aiguisent l’appéut et déterminent la constipauon.: Pour combattre cette incommodité, les pêcheurs doivent prendre des layemens émolliens et huileux, des substances laxatives, et des purgaufs peu acufs , comme l’eau de rhubarbe.

Les pêcheurs sont encore sujets à l’engourdissement des braset des pieds, lorsqu'ils prennent une torpille dans leurs filets. La mer, en effet, a, comme la terre, ses animaux venimeux. Si l'on en croit Dioscoride , Mathiole , Pline et quelques autres naturalistes, cette Bladi e se gagne pas seulement par le contact du poisson , Mais encore par une vapeur qui se cCoMmMUnique au bras du pêcheur par sa ligne ou son javelot. Mais Etienne Lorentinus a prouvé, par un grand

nombre d'expériences , que cet engourdissement n’a

‘ (1) Zn hb. A Humid. usu , n. 7.

° {2) Blév. Hum. , n. 36.

lieu que par le contact immédiat de ce poisson. ] L’es+ pèce d'appareil électrique à l'aide duquel la torpille produit cet effet est située anx environs des branchies et enveloppée dans une forte membrane; c’est une suite de tuyaux plus ou moins anguleux , au nombre de plus de deux mille quatre cents, placés verucalement les uns à côté des autres. L'espèce de commotion que donne la torpille se remarque aussi dans l’anguille tremblante de Cayenne. On ignore encore comment cet effet est produit, quoiqu’on soit à-peu-près assuré qu'il dépend de léleetricité.

Les pêcheurs peuvent se noyer : s'ils n’ont resté dans l’eau que quelque temps , on peut les rappeler à la vie en leur adnunistrant les moyens suivans : on doit les couvrir en sortant de l’eau, les approcher du feu par degrés, promener sous leur nez des allumelles enflammées , afin d’irriter l'intérieur de cet ergane, ou bien faire flairer de l'alcahi- volaul, des eaux spiritueuses ; on chatouille les lèvres et lintérieur des narines avec une plume ou quelqu’autre corps léger ; on insuffle de lair'dans les poumons an moyen d’une petite canale; on met sur le ventre une vessie remplie d’eau chaude ; on applique des briques chaudes à la plante des pieds; on proméne sur tout le corps des sachets remplis de cendres chaudes, un fer à repasser échauffé ou une bassinoire ; on fait des fricuons générales avec une brosse sèche, avec de la flanelle chaude ou même avec la main. Si état du noyé s'améliore, et s’il peut avaler, on Jui donne de temps en temps quelques cuillerées de bon

DES MARINS. 2? t

vin ou d’eau-de-vie. Si la faceest gonflée, violette, une saignée est convenable; on peut aussi avoir recours aux lavemens avec du selet du vinaigre : quelquefois fi même à l’éméuque, quand la langue est chargée.

Pour éviter les maux que procure humidité, les pêcheurs doivent porter des habits secs, les couvrir d’une capote en toile cirée , se faire des fricuions sur tout.le corps avec de la flanelle , et boire de temps en temps uu mélange d'eau et d’eau-de-vie.

Les bateliers et les mariniers sontsujets aux mêmes maladies que les pêcheurs.

Maladies des Marins.

[ De tous les arts qui contribuent au bonheur des peuples et à l'entretien du commerce , la navigation est celui qui a le plus d'utilité. C'est elle qui joint l'Orient avec Net: le Nord au Midi, et qui rend communes à à différens pays les richesses que chacun d’eux produit en particulier. Cet art, un des plus. anciens , est si estimé, que ses inventeurs ent eu les honneurs réservés aux dieux. Ainsi les Argonautes, qui pénétrérent jusqu'à Colchos, furent comptés au rang des demi-dieux , et leur vaisseau Argos fut plaré au ciel par les poètes. Avant la découverte de l’aimant, la navigation était beaucoup plus difficile que de notre temps, puisque les pilotes étaient obligés de rester la nuit en plein air, les .yeux fixés sur l'étoile polaire, pour connaître leur chemin. Ainsi Virgile a peint Palinure, pilote

de la floue des Troyens , qui, fixé sur le souver-

nail de son vaisseau , et interrogeant les astres , s’en= dormit et tomba dans la mer. Mais depuis la découverte de l’aimant, un pilote, tranquille et la boussole à la main, conduit son vaisseau au milieu de la nuit, etle mène où il veut sur les flots, plus facilement qu'un homme ne se conduirait sur terre au milieu des ténébres.

+ Les navigateurs, exposés aux injures du ciel , de la mer et des vents , sont sujets à toutes les maladies ‘aiguës et chroniques. ] Mais il en est plusieurs qu résultent de l’insalubrité des vaisseaux : ainst la réunion et l’entassement d’un grand nombre d’individus dans des espaces resserrés et renfermés, altére law, le rend impropre à la respiration , et détermine des maladies analogues aux fièvres d’hôpital et des prisons. L’humidité fournie par les eaux croupissantes de la cale, et par les habillemens mouillés que les marins laissent sécher sur eux , est aussi la cause d’un grand nombre de maux. Lorsque les provisions commencent à s'altérer , le.scorbut se développe (4), ou bienal survient de l'inappétence , des coliques et la diarrhée. Manquant souvent de linges , les matelots sont malpropres, tres-

sujets à la gale , et souvent couverts de vermine.

(1) Le scorbut de mer est si terrible, qu’on a cru devoir en faire une espèce distincte, et le séparer de celui de terre. Mais tous les bons médecins conviennent aujourd’hui que ces deux espèces ne différent point l’une de l’autre , et qu'on les

combat avec succès par les mêmes remèdes,

Dans les voyages de long cours, ceux qui nesse livrent pasaux rudes travaux de la manœuvre sont tourmentés par l’enñu, et sont sujets à l'hypochondrie, à la mélancolie et à Ja nostalgie, La privauon de femmes fait naître chez les marins des vices hontéux, la masturbation et la pédérastie.

La constipation est une incommodité habituelle aux gens de mér ; on l’a attribuée au roulis du vaisseau; mais 1l est probable qu'elle tient à leur vie sédentaire et aux alimens échauffans dont ils usent, Elle cède ordinairement aux boissons délayantes et légérernent purgatives. Les lavemens sont difficiles à prendre à bord , à cause du mouvement tuel du navire.

La plupart des nouveaux embarqués éprouvent , par l'effet du roulis et du tangage ; une maladie qu’on appelle mal de mer, et qui consiste dans des vomissemens abondans et des selles copieuses. Les vieux marins n'éprouvent jämais ces accidens.

Le climat où l'on navigue dispose à certaines maladies : ainsi Rouppe indique comme maladies des contrées boréales les affecuions catarrhales, les fièvres intermittentes , quotidiennes, tierces, rarement les quartes, les continues , rémittentes ; inflammatoires , putrides, le rhumatisme, le scorbut, la diarrhée et la dysenterie ( en automne). Les affecions qui se montrent dans les régions équatoriales sont des céphalalgies, des douleurs rebelles, des boutons , le dragonneau ,-les fièvres bilieuses ardentes, putrides , exanthématiques. Le médecin hollan-

on + MALADIES

‘dais a remarqué que ces nialadies se terminent sou vent par Ja gangrére. #41 A

FE Sénér al, en pleine mer jl ÿ a moins de maladies que sur les côtes.

Les nâvires qui vont dans les chmats abhuds.

peuvent contraëter des maladies contagieuses, telles que Ja peste , la fièvre jaune. Aussi 1l est tres-nécessatre de Soumettre ces vaisseaux à des quärantaines trés-risoureuses.

Les maladies à bôrd des vaisseaux doivent être traitées d’après les mêmes principes que celles qui ont lieu sur terre. Tliomas Bartholin et Jean de Vigo ont remarqué quil fallut donner les médica= mens à une dose plus forte qu’à terré. Ilresr à désiz rer que chaque peut Paume ait à bord un FRA gien.

L’hygiène navale recommande plusieurs moyens propres à préserver les gens de mer des maladies qui les menacent. Il serait difficile dé donner “une preuve plus éclatante de l’éfficacné de ces moÿens, que celle que nous fournit le célébre navigateur Cook. Dans un voyage de trois ans et dix-huit jours, pendant léquel 11 à parcouru des climats les plas opposés, depuis le 52° degré’nord jusqu’au 71 degré sud, il n’a perdu qu'un seul homme, mort'd'une phthisie pulnionaire, sur cent dix-huit Qui compOsaient son équipage. Les moyens mis en ‘usägedans l'intention de garantir les passagers du scorbut et des autres maladiés putrides, sont aussi simples que faciles à mettre en pratique. « Nous avièns, dit-il,

DES MARINS. : 975 à bord uüné grande quantité de malt ou drèche;, dont on faisait uné boisson douce : on en donnait une pinté ou trois chopines par jour à ceux qui avaient de la disposition au scorbut. Quand le chirurgien jugeait à propos qu'on en donnât uñe plus grande quantité, on en faisait prendre jusqu'à trois pintes dans les vingt-quatre heures : c'est un des moilléurs anui-scorbutiques de mer qu'on ait trouvés jusqu'ici Nous avions aussi une grande provision de chou-croûte,; qui est non-seulement une nourriture végétale très-salutaire, mais encore un très-bon antui-scorbutique. J'en faisais donner une hvre à chaque matelot, deux fois par semäine, quand nous étions en mer , et plus souvent UT on le jugeait nécessaire. | »' Des ttablettés (dé Bouillon. forment éhcore "4h article essentiel, dont nous avions aussi une fôrté provision à on en donnait. ordinairement une once à chaque homme, trois fois ‘par semaine, et une plus grande quantité quand ile fallait , pour méler avec sés pois: Quand nous pouvions nous‘ procurer des végétaux frais, on les faisait cuire avec des tablettes de bouillon ;* de la farine de froment ou du gruau d'avoine : c'était leur déjeüner le maun. Lé diner était composé «de pois secs , de végétaux frais, euits avec une dose dé tablettes de'bouillon.

Nous : étions pourvus de sirop de limon et d’oranges , qu'on a mis en usage dans différentes OCCASIONS.

» , Parmi les autres articles de vivres, nousavions

276 ; MA LADIRS à:

du sacre en place d'huile, et de la farine de froment en place de gruau d'avoine. Je pense que le sucre est préférable, par rapport à ses qualités anti-scorbutiques , à l'huile , qui peut produire des effets con traires y du moins celle qu’on donne or dinairement en mer à l'équipage.

Mais toutes ces provisions, même les plus essenuclles , soit comme vivres, soit comme médicamens, Seraient généralement sans succés si on ne melluit de la règle dans la manière de conduire l'équipage. Le nnen était partagé en trois veilles, excepté dans quelques occasions extraordinaires. De cette maniére, les hommes n'étaient point si exposés aux intempéries dé Fair, comme s'ils éussent veillé à tour de rôle : ils avaient le temps dé sécher leurs habits quand ils étaient mouillés, et on avait grand soin de les exposer Île moins fossile à l'humidité. On entretenait parmi éux une grande propreté ; on veillait à ce que leurs habits et leurs couvertures fussent constamment secs et propres.

» On prenait les mêmes précautions pour entretenir le vaisseau sec et propre dans les entreponts. On l’aérait deux ou trois fois par semaine par le moyen du feu ; on parfumait les entreponts avec de la poudre à canon humectée avec du vinaigre et de l'eau. Je faisais souvent du feu dans un pot de fer placé dans le fond du vaisseau y ce qui purifiait e air dans les parties les plus basses.

» On ne saurait prendre trop d’attention à la propreté, soit parmi les hommes de l'équipage, soit

dans l’intérieur du vaisseau ; la moindre négligence à cet égard occasionerait une odeur putride dangereuse, qu'on ne déiruirait que par le feu, et st on ne mettait pas en usage ce moyen, il en résulicrait de fâcheuses conséquences. |

.» Les chaudières étaient constamment propres. Je n'ai point permis qu'on donnât aux matelots la graisse de bœuf salé et de porc, comme c’est l'usage, dans la persuasion où jesuisqu’elleexpose auscorbut.

» Je n'ai jamais manqué de prendre de Feau fraîche toutes les fois que j'ai pu m'en procurer, quoique je n’en eusse pas besoin. Je regarde l'eau récemment puisée comme beaucoup plus salutaire que celle qu'on a gardée trop long-temps à bord. . J'ai toujours eu de l’eau en abondance pour tous les besoins de la vie, sans être forcé à une économie du côté de cet article essentiel.

» Je suis convaincu qu'avec. une quantité suflisante d'eau fraiche et une attention scrupuleuse à la propreté, un équipage serait rarement attaqué du scorbut, quoiqu'il n’eût pas en provision quelquesuns des anti-scorbutiques dont on a parlé, »

Outre les feux que conseille Cook pour assainie l'intérieur des vaisseaux , on peut encore avoir re cours aux vyenülateurs et aux fumigations guytomiennes. Les bains de mer sont trés-utiles aux marins, comme moyen de propreté. L'eau qui sert à la boisson à quelquefois une odeur qui répugne : pour la corriger , il faut avoir soin de l’exposer en

plein air sur le pont, ou bien y ajouter de Peau

de-vie, du vinaigre où une acide quelconque. On peut dessaler l'eau de la mer par la distillation, et la rendre potable,

Ce n'est pas la fatigue, mis bien le repos et la paresse qui nuisent à la santé des gens de mer. Fous les navigateurs conviennent de la nécessité d’entretenir parmi les marins un exercice modéré, pour prévenir le scorbut et la dysenterie. On les excite à la danse, à des jeux, et on leur ordonne des manœuvres , lors même qu'elles ne sont pas utiles.

Une des plus grandes eauses de maladies chez les marins, ce sont les excès. Quand ils abordent après un long voyage, 1ls se livrent sans réserve à toutes sortes de débauches, et ne les cessent que lorsqu'ils sont pris par la fièvre. C’est ainsique l’intempérance fait périr beaucoup de matelots sur les côtes étrangéres. La sobriété est le meilleur préservatif contre les maladies produites par la chaleur du climat.

Nous n'avons eu l'intention , dans cet article, que d'indiquer Îles points principaux de l'hygiène navale ; ceux qui-désireront des détails plus éténdus devront consulter les ouvrages qui suivent , qui som les meilleurs sur celte matére :

Glauber , Consolation. des navigateurs: (en allemand) ; 1 vol. in-8. Amst., 1797.

Rouppe, de Morbis navigantium; 1 vol. in-8. , Lugd. Batav., 1764. Ce livre est très-estimé,.

Des Perrine Traité des Maladies des gens de mer. Paris.

Lind ,-de la Santé des gens devner.

DES RAMEURS. 279 Pringle, Discours sur La santé des gens de mer: il est inséré à la fin des Foyages du capitaine Cook; t. 1. Kéraudren , Æ/{ydrograplie médicale. Cette inonographie intéressante se trouve dans le tome xx du Dictionnaire des Sciences médicales.

Essai sur l’Hygiène militaire des Antilles, par M. Moreau de Jonnés. Cette dissertation estiinsérée dans le 8° volume A, x des Mémoires de la Société médicale d’Énulation.

Maladies des Rameurs+

[Les rameurs, exposés aux vents, aux pluies etaux tempêtes sont forcés de résister à force de rames aux füreurs des flots et des vents; ils sont souvent attaqués de maladies aivuës. Il est cependant élonnant que beaucoup d'entreux, malgré les fatigues qui les accablent le jour et la nuit, soient yras et colorés. Voici l'explication que Vérulamius (1) donne de ce phénomène : « Les rameurs étant continuellement assis , ont leur estomac soutenu , tandis que ce viscére pend chez les ouvriers qui travaillent debout. Il en conclut qu'il faut, pour prolonger la vie, choisir les exércices qui agitent plus les membres que l'estomac ou l'abdomen, tels que ceux de ramer assis, ou de faire agir la scie dans la même atutude. » ] Les TA. meurs ont les bras d’une forme athlétique, tandis que leurs membres. inférieurs sont grêles et mal

développés.

(1) Zn Sylv., dent. OM CTDr 40

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