‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 65 sur 98 · DES ÉCUYERS, COURRIERS ET POSTILLONS · texte numérisé non relu

DES ÉCUYERS, COURRIERS ET POSTILLONS

Re Le es wi: | DUT Sa 4 ut és 8 rains, de pissement de sang et même de paralysie

des lombes , comme le fait observer Hippocrate (1) Ils ont aussi des excoriauions à l’anus et dés hémorrhoïdés , lorsqu'ils montent des chevaux scabreux et à poil. Je me souviens qu'un jeune écuyer élégant de notre manège me vint voir un jour, et me dit en rougissant, et en attestan tles dieux de son innocence, qu'il avait depuis long-temps une tumeur à l’anus. Je le tranquillisai, et l’avertis que ce mal ne devait : faire naître aucun soupçon contre ses mœurs , mais qu'il venait de son exercice.

Ceux qui vont souvent à cheval sont affectés d’ulcérations aux fesses et au périnée ; 1ls ne sont pas exempts de varices aux jambes. Hippocrate rapporte (2), : à ce sujet, une histoire fort intéressante, que voici : « Un homme qui demeurait près la fontaine d'Elealcis eut pendant six ans une maladie produite par l'équitation : c'était une tumeur aux aînes, des varices à la cuisse et des douleurs aux articulations. »

La course circulaire ou en rond est trés-fatigante

pour les écuyers et pour les chevaux. | Van-Swiéten (3) a donné ses soins à un fameux écuyer, qui éprouvait des pissemens de sang si considérables , qu'ils lui faisaient perdre pour long-temps ses. coulenrs et ses forces. |

La stérilité et l’impuissance qu'Hippocrate, en

(1) 4 Epid. , n° 17.

(2)-7 Epid., c. finem.

(3) Coriment. in aph. Boerk., $ 994.

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DTA En SH M : être. sein a Ceux qui vont assidüment à cheval, dépendent de la compression et du froissemént continuels des testicules, qui s’atrophient., Si l’on ne remarque pas un pareil effet aujourd'hui, t'est que nos cavaliers ne montent point à cruet les jambes pendantes sans étriers , comme le faisaient la plupart des Scythes. Les écuyers de nos jours sont opposés aux Seythes ; ils sont très-enclins aux plaisirs de J'amour, effet qui ne peut être attribué qu’au frottement du périnée contre la selle, et aux succussions modérées transmises aux : organes sécréteurs du sperme. C’est à cette cause que sont dues les pollutions qui épuisent quelques postillons. On trouve, dans le cinquiéme volume des Prix de l'Académie dé Chirurgie, Vhistoire d’un postillon qui a été obligé, par cette raison, de discontinuer son état : 1l s’est bien rétabli et a eu des enfans. Morgagn: (1) dit m'avoir vu sur aucune classe d'hommes des anévrysmes de l'aorte plus fréquem-— ment que sur les postiilons, les courriers, et sur ceux qui sont presque continuellement à cheval. « Cela n'est pas étonnant, dit-il, car, sans parler des chutes, desefforts, des injures de l'air auxquels ils s’exposent, l'agitation du sang doit nécessairement à la fin relâcher le tissu des parois artérielles, et vaincreleurrésistance. Ce genre de lésion survient encorè plus facilement lorsque la lubricité et Jes maladies se joignent à ces

circonstances. » M. Corvisart a remarqué également

(à) De Sed. et Caus. Morb., Ep. xv, art. 18.

DES ÉCUYERS, .COURRIERS ET POSTILLONS. 2Oji!

: que les postillons etles courriersétaient trés-sujets aux maladies du cœur ; il cite (1) l’histoire d’un homme âgé de trente ans , d’une constitution vigoureuse , qui avait quitté un métier sédentare pour prendre celui de courrier. Livré à ce genre de vie três-pénible, 1l voyageait sans cesse dans toutes les cours de l'Europe. Quand il entra à l'hôpital de la Charité, il venait de faire nulle lieues à cheval sans prendre de repos ; 1l avait, de plus, faitle voyage de Londres à Paris, et dans la traversée de Douvres à Calais, 1l avaitéprouvé , pour la première fois, de la gène dans, la respiration et un crachement de sang. Ayant, malgré ces symptômes, continué sa route, le mal s’aggrava singuhèrement , et dés qu'il fut rendu à Paris, les étouffemens et la douleur qu'il ressentait dans la

poitrine augmentérent. Il fut saigné cinq fois dans l’espace de trois jours , sans avoir éprouvé de soulage

ment ; les jours suivans il était horriblement agité; la suffocation devint instante, etil mourut , témoignant par tous ses gestes le regret qu’il avait de perdre la vie. À l'ouverture du cadavre , on apercut dans le ventricule gauche du cœur qu’un des gros piliers qui soutiennent les valvules mitrales était rompu à sa base. Cette rupture lui laissait la facilité de flotter librement dans la cavité du ventricule; il y avait ap-

parence de suppuration à l'endroit même de la dé-

(1) Essai sur les Maladies du cœur , pag. 263 , seconde édition. ;

DUR, AAONT °° MALADIES: .

chiruré, à: da paroi dû cœur ; ce qui prouve assez bien : «qu’elle n'était pas ancienne.

T’équitauon contre le vent expose les cavaliers aux crachemens de sang, à l’angine, à la difficulté dé respirer, el méme à linflammation du poumon. Fabrice de Hildén rapporte (x) l'histoire d’un ambassadeur de Henri-le-Grand qui, ayant été obligé de courir deux jours à francs étrier, ne pouvaitau bout de ce temps contracter les panpicres; ses yeux étaient immobiles et Je cou d’une roideur extrême. La tension continuelle dans aquelle avaient été’ toutes ces parties pour vaincre la résistance de J'air, et suivre le mou vement du cheval, avait donné lieu à cet état.

[ L'équitation modérée peut être utile et servir quelquefois de moyen thérapeutique dans le traitement des maladies chroniques. A vicenne dit qu’elle est propre à chasser, les graviers et à exciter l’écoulement des urines. Parmi les modernes, Sydenham la précomise contre les obstructions du foie et de la rate. Je me rappelle avoir soigné un écuyer qui, après une fièvre aiguë, fut attaqué d’engorgement à la rate et se trouvait menacé d'hydropisie. Il reprit son méuer d'après mes conseils , malgré sa faiblesse et sa mauvaise mine : il recouvra entièrement la santé après un mois d'exercice.

Les écuyers et les courriers doivent porter un bandage , de peur qu'une équitation trop forte ne produise une hernie. Quelques-uns portent des

(1) Æpist. xou.

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