‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 66 sur 98 · DES ÉCUYERS, COURRIERSET POSTILLONS · texte numérisé non relu

DES ÉCUYERS, COURRIERSET POSTILLONS

étriers courts; cette coutume est trés-salhtaire pour ceux qui ont une hernie, et qui sont forcés de monter à cheval de temps en temps. Si l’on soupconne une rupture de quelque vaisseau dans la poitrine ou quelque maladie dans les reins et dans la vessie , 1l faut qu'ils abandonnent leur métier , parce que "4 équitauon agorave ces maux. Il ÿ eut jadis un fameux écuyer, un vrai Méssape, dompteur et maître de chevaux , nommé Louis Corbellus de la Mirandole, si renommé pour l'édueauon et l'instruction des chevaux, qu’on le fit venir à la cour de Pbitippe IV, roi d'Espagne. A près avoir monté long-teuips à cheval, il vomit beaucoup de sang; malgré tous Îles remedes sé fui administra , il fut réduit dans quelques mois à un sitriste Ctat, qu'on attendait sa mort de jour en jour. Cet écuyer, je ne sais trop par quel instinet, quoiqu'il eût horreur de toutes sorte d'ahmens,, dit qu'il avait envie de manger de la viande de porc. Après que son désir eut été sausfait , 1l parut aller mieux ; et avec cette nourriture , prineipalensent de cochon, de lait bouilli, il prolongea sa vie de plus d’un an. ]

Quantaux écorchures de l'anus, on conseille l'emplor de lotions fréquentes , et l’applicauon de cérat , de sf ou de graisse. Les maquignons se servent du baume du Samaritain ou du beurre.

Pour remédier au ballottement des viseères du bas-ventre, les courriers doivent faire usage d'une large ceinture ; s'ils ont: les bonyrses molles et flasa ques , 1ls peuvent les soutenir au moyen d’un sus

pensoir , afin qu'elles ne soient point froissées dans les grands mouvemens du cheval.

Maladies des Cochers.

[ Chez les anciens, les grands se faisaient une gloire de conduire avec adresse des chevaux dans les jeux et dans les spectacles. Ainsi Néron, au rapport de Suétone, ména souvent des chevaux en public. Caligula, quand il dirigeait un char, n'accordait qu'aux sénateurs Ja permission d’en conduire en même temps. De notre temps , plusieurs nobles prennent plaisir à bien conduire un char.

Le méuer de cocher est pénible et difficile. Pour | diriger leurs chevaux , ces hommes sont obligés d’avoir les muscles des bras dans une contraction conunuelle pour tenir fortement les guides. S'ils ne s'acquittent pas bien de ces fonctions , les chevaux les entraînent, et, comme a dit Virgile :

at \ Et frustrà retinacula tendens Æertur equis auriga , neque audit currus habenas. ; Geors. , 1. x.

« Leur guide les rappelle et se roïdit en vain;

» Leur rebelle fureur ne connaît plus de frein. » ]

Les cochers étant adonnés pour la plupart à livrognerie , Sont tres-exposés à tomber du haut de leur siége ; ces chutes causent des fractures , des luxations et des blessures souvent mortelles. Ils peuvent aussi être blessés en soignant leurs chevaux.

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