‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 74 sur 98 · PES MILITAIRES · texte numérisé non relu

PES MILITAIRES

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Maladies des Militaires.

[L'art nfilitaire, qui dispute derang et de noblesse. avec les belles-lettres, aussi-bien que du droit de faire: passer le nom des hommes à Ja postérité , me paraît différer essentiellement des autres arts, en ce que: ceux-ci s'occupent du soutien de la vie, et qu'il paraît institué pour en trancher le fl, où pour en diminuer le cours. ] |

Les soldats mènent une vie tout-à-fait différentede celle des autres hommes ; exposés aux changemens de temps., aux variations de saisons , aw froid ,. au chaud , au sec et à lhumide ; tantôt nourris avecprofusion , tantôt manquant de labsolu nécessaire ils sont sujets à beaucoup de maladies qui, toutefois, ne différent pas essenuellement de celles qu'on ob. serve dans les autrés classes de la société. Quoique Ja médecine militaire embrasse la pénéralité des:maladies , cependant elle se borne le plûus ordinarrement à un certan nombre d’affecuons dont je vais présenter une esquisse rapide.

En co garnison, les soldats, réunis en grand nombredans un espace très-peu ‘spacieux, sont sous Pinfluence d'une ‘atmosphère délétére, qui est viciéepar les émanations. exhalées d’un grand nombre d'individus ,-et par les niiasmes putrides qui s’élèvent des latrines mal entretenues. Ces causes, jointes à la malpropreté , font naître la maladie qu’on a désignée sous le nom de fièvre d'hépital. Changer

fréquemment le linge des soldats, leur donner une nourriture saine, mettre peu d'individus dans les salles, renouveler souvent l'air de celles-ci, y faire des fumigations oxigénées , établir des fosses nrobi- | les inodores, telles sont les précautions hygiéniqnes qui peuvent prévenir la fièvre des hôpitaux.

La gale est une maladie fort commune parmi les soldats qui vivent habituellement dans une réunion et une intimité très-favorables à sa propagation. Les soins de propreté, l’isolement et le traitement de ceux qui sont affectés de cette éruption cutanée, peuvent seuls en diminuer la fréquence. La pommade dont on use le plus communément aux armées est composée de soufre brut, de sel amimoniac ‘et d’axonge. Ce moÿen est eflicace et peu dispendieux ; on lui associe les baïns tièdes, s’il est possible, des boissons dépuratives et des purgaufs.

La gonorrhée et la vérole sont au moins pour un quart des maladies auxquelles les militaires sont sujets. En effet , soumis , dans la force de l'âge , à une continence souvent trop prolongée, les soldats cherchent à s’en dédommager chaque fois que l’occasion s’en présente , et ilen résulte des: victimes nombreuses. Quant au träitement de la syphilis, je remarquerai que les médicamens mercuriels sont bien moins dangereux dans les pays froids que dans les contrées méridonales, où ils produisent des gastro-entérites.

La plupart des maladies dont le soldat: est ‘atteint dans los camps ; dabs les bivouacs et. dans

DES MILITAIRES. 529 les marches , sont dues à la suppression de la transpiration qu'occasionent le froid, la neige , la plume, l'humidité, l’obligation de coucher sur la terre ou sur l'herbe pendant la nuit, et l'habitation dans des Hieux bas et marécageux. C'est à ces circonstances que sont dus les rhumatismes, la dysenterie, les fievres intermiltentes , les inflammations gastro-intestinales , les catarrhes , les pleurésies , les péripneumomies ; la phthisie pulmonaire, J’angine, le tétanos lhydrepisie locale ou générale et le scorbut. La plupart de ces affecuons, d’abord sporadiques , deviennent épidémiques et contagieuses lorsque les individus sont réunis en grand nombre dans les cam ps, les hôpitaux , les casernes, et lorsqu'en même temps. la saison est chaude. Le typhus ne tarde pas à se déclarer , et fait périr souvent en quelques semaines plus d'hommes qu’une bataille. Cette maladie terrible est la compagne de toutes les grandes armiées. En 1566, elle se manifesta en Hongrie dans l’armée de l'empereur Maximilien Il, qui marchait contre Soliman. Sennert, quinousena donné une excellente description, la nomme fièvre militaire ou des camps ; il eñ attribue la cause aux alimens de mauvaise qualité, aux eaux corrompués dont on a fait usage, aussi-bien

qu'aux veilles, aux travaux excessifs ; aux intempéries de l'air, à la chaleur et aux terreurs inopinées. Depuis cette époque, le typhus s’est développé trèssouvent pour'le malheur de l’humanité , et a été décrit avec soin par beaucou;: de médecins. Le plan et la nature de cetouvrage ne me permettent pas d'en trai

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cer ici l'histoire. Je dirai seulement qu'on préviendra, autant que possible, ce fléau dévastateur, ennerassemblant pas dans les hôpitaux des villes un grand nombre de malades, et en formant, das le cas d’ épidémie, des. étabhissemens vastes et aérés au milieu des champs. On construirait dés bar aques en bois, garmiesà l’intérieur de paille fraîche qu'il faudrait fréquemment renouveler, Sans doute les malades seraient exposés aux rhumatismés et aux fluxions catarrhales ; mais ces affections sont moins désastreuses que le typhus.

La nostalgie , qui consiste dans un désir violent de revoir son pays , est une espèce de mélancolie qui attaque surtout les jeunes soldats. La discipline à Jaquelle ils'sont soumis , Pobéissance qu'ils doivent supporter, Jes punitions, l'ennui, le changement de nourriture, de chmats, font naître cette maladie. Quelle que soit }1 cause qui éveille et exalte le désir de revoir Ja terre natale , son premier effet est de déterminer une tristesse profonde. Toute l’économie se ressent bientôt de son influence; le cerveau et l'épigastre sont affectés simultanément. Le malade est pâle, triste , rêveur et recherche la solitude ; il n’a point d'appéut, point de sommeil; la respiréuon est difficile, entrecoupée. Si des obstacles insurmontables S'opposent au retour du malade dans son pays, cette affection peut devenir mortellé. On l’a vue régner épidémiquement et produire des inflammations gastro-intestinales très-graves. Ramazzini rapporte, d'après un excellent observateur, l'illustré Barsntorff , que cette maladie faisait tant de

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