DES OUVRIERS QUI FONT DES AIGUILLES
enfans. Cependant leurs mains et leurs bras, qu'ils emploient à aiguiser, se fatiguent prodigieusement. Mais ce sont surtout leurs yeux qui sont le plus vivement affectés. I n’y a que la modération dans leur travail, et une interruption de quelques heures, qui puissent les préserver de ces maux ; ils doivent faire plus de cas de la santé que du gain. On peut aussi leur prescrire les moyens que nous avons indiqués pour tous les ouvriers qui travaillent en petits objets. | | Là Les accidens des -rémouleurs sont d'autant plus graves que les efforts qu'ils font et que les outils qu'ils repassent sont plus grands. Îl peut naître de ce travail violent des tremblemens avec convulsions, comme M. Boucher (1) a eu occasion de l’observer dans un’ouvrier qui repassait de grandes cisailles à tondre les draps. Ce médecin regarde l'ouvrage de “ces artisans comme une électrisation naturelle qui fait éprouver à leurs nerfs une commotion générale , à laquelle succède une sorte d’atonie. Dans ce cas, M. Boucher a prescrit avec succés un régime humectant ; émollient dans les commencemens , des
usanes laxatives et quelques anti-spasmodiques.
Maladies des Ouvriers qui font la pointe des aiguilles.
A Aix-la- Chapelle on fait des aiguilles par soixantetreize opérations différentes : une de ces opérauons
(1) Ancien Journal de Médecine ; Lx ; pag. 20.
a pour objet de faire des pointes, et lon ÿ parvient en présentant à la fois, Sur une meule ; un assez grand nombre de ces aiguilles, que les ouvriers, avec beaucoup d'adresse; font mouvoir circulairement -dans une de leurs mains. Cette opération est dangereuse, 1°. parce qu'il s'échappe des portions impercepübles de la meule ou de la matière qu’on lui présente , et que lorsqu'elles atteignent les yeux des ouvriers , ils les perdent dans de cruelles douleurs. C’est pour se préserver de cet accident qu'ils portent des lunettes. 2°. Les meules peuvent se briser et tuer les ouvriers: ces explosions sont attribuées à des fentes presque imperceptibles qui se trouvent dans les meules et dans lesquelles l'air s’'introduit, et à la rapidité de la rotation.
Le moyen préservatif qu'on emploie consiste à enfermer sans contact la meule dans une boîte de ter de même forme, de manière qu’elle west aperçue «qu’à l'endroit où l’ouvrier lui présente les aiguilles : cette ‘enveloppe doit opposer une résistance suffi sante pour empêcher l'explosion de la meule.