QUATRIÈME ORDRE
Maladies causées par le défaut d'exercice ou par la vie sédentaire.
.… Cet ordrecomprendles maladies de tousles hommes: : quitravaillent dans des endroits renfermés. Quoique: rien nesoit plus contraire à la santé que la vie sédentaire , cependant ceux qui s y livrent forment la plus. grande parte de l'espèce humaine. Aïnsi, tous les artisans employés dans les différentes manufactures, les: personnes qui travaillent à l'aiguille et assises, les ouvriers en peuts objets, les marchands, les commis, et presque toutes les femmes , quel que soit leur genre d'occupation, peuvent être rangés parmi les gens sé dentaires.
Je n’a pas l'intention de traiter de toutes les professions sédentaires ; un pareil travail m’entraïînerait maluré moi à des répétitions fastidieuses. Les considérations générales que je vais présenter sont applicables au plus grand nombre des états sédentaires ; etme dispensent d'entrer dans des détails particuliers.
Les maladies des ouvriers sédentaires me semblent dépendre de quatre causes principales, savoir : du dé: ’ faut d’exerciceen plein air, des habitations malsaines, des mauéres mises en œuvre, et de l’atutude plus ou moins génante qu'ils ont obligésdetenir en travaillant.
1°. S'il est vrai, comme on ne peuten douter, que l'exercice en plein air, pris modérément, entre-
tient la liberté de la circulation et la juste répartition
358. MALADIES des forces , 1l est facile de prévoir que le défaut de cet exercice salutaire doit jeter les organes dans linertie, faire stagner les humeurs , diminuer les sécrétions et disposer aux engorgemens des viscères : c’est ce que démontre l'expérience journalière. Comparez les ouvriers qui travaillent à des métierssédentaires avec ceux qui font un grand exercice, vous verrez les premiers päles et bouffis, tandis que les autres ont un teint rembruniet les churs fermes.
2°. Le défaut d'exercice n’est pas seulement ce qui nuit aux artisans sédentaires ; ils souffrent sou vent de l'air renfermé qu'ils respirent. En effet , il est très-commun de voir, pendant l'hiver, plusieurs ouvriers rassemblés dans un lieu clos et étroit , et ayant plusieurs chandelles allumées. La réunion de plusieurs individus dans un petit espace et la combustion des chandelles , altérent promptement l'air, qui devient impropre à la respiration : aussi les ouvriers qui ont la poitrine un peu délieate se plaignent d'oppression et de difhculté de respirer. L’insalubrité de ees. habitations est encore bien plus grande lorsqu'elles sont établies dans des lieux bas, humides, et dans des rues étroites, où le soleil ne pénètre jamais.
3°. J'ai fait connaître , dans la première classe de cet ouvrage, les rhaladies que déterminent les exhalaisons des substances minérales, animales et végétales. Je ne reviendrai pas sur cet objet; je ferai remarquer seulement qu'elles augmentent l’insalubrité des ateliers.