‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 84 sur 98 · CAUSÉES PAR LE DÉFAUT D'EXERCICE. 55Q · texte numérisé non relu

CAUSÉES PAR LE DÉFAUT D'EXERCICE. 55Q

14e Ceux qui. se livrent aux travaux sédentaires: sont obligés de tenir une atutude contraire à la santé. Ainsi, la station prolongée cause des tiraillemens d'estomac ; des varices et l'enflure des jambes ; #4 at ttude an qu gêne la digestion, 14 circulation , déforme la colonne vertébrale, et donne a lb are du corps un aspect particulier. «« C'est. un spectacle fort plaisant , dut Ramazzint, que de voir, certaines | fêtes de l’année , les communautés.de cor D de de tailleurs aller. en procession en bon ordre , deux, à deux ; ou bien assister au convoi de quelqu’ un de leurs, confrères , et offrir. une {rOUPE de hossus, de courbés, de boiteux , d’un COLE, et de l'autre’ comme choisis exprès pour exciter les ris et les res Leries. » Les cor donniers et les tailleurs ont pr esque tous le dos courbé; lorsqu'ilsse penchent pour travailler, les Jigas mens externes des vertébres sont distendus, s endur— cissent , et ne peuvent, plus reprendre.leur situation naturelle. Vedelius (1) a vu un vieux cordonnier at= teint de cette infirmité , qui était incurable, parce qu 1l Favait négligée dans sa jeunesse. Li jet Les ouvriers sédentaires, s’adonnant à jeu r métier da l'enfance, n'acquièrent presque jamais une con stituuon vigoureuse. On remarque qu'ils ont plus d'adresse et de force dans les parties agissantes , et plus de faiblesse dans celles qui sont en repos. Ils ont un aïr débile , les jambes souvent cagneuses, la taille mal proportionnée, etaffectent dans leur con-

(1) Pathol, dogm. , sect. 1, œ x.

tenance la posture qui est propre à leurstravaux. Ils sont souvent malades et vieillissent pour l’ordinaire de très-bonné heure. Cependant Ramazzini remarque qu'il n’en est pas tout-à-fait de même pour les ouvriérs qui, dans leur ouvrage , exercent les bras, les pieds et tout leur corps : les mouvemens qu'ils exécutent favorisent la transpiration , et rendent leur corps assez robuste,

La vie sédentaire fait, en général, prédonniner le systèmie lymphatique sur les muscles, les nerfs et les vaisseaux sanguins : aussi elle occasione fréquemment la pâleur du visage , les scrophules , le rachius, les engorgemens des glandes, la bouffissure des chairs, le scorbut , la cachexie , les affections nerveuses , les dartres, la gale, et des pustules de mauvais caractère. Ceux qui travaillent assis se plaignent dé maux de reins et d'hémorrhoïdes; les femmessont sujettesaux flueurs blanches et à l'irrécularité de la menstruation.

- Il est trés-difficile de prévenir ces maux et d’y remédier, parce que les artisans accoutumés à la vie sédentaire n’aiment point et redoutent même l’exercice. Voici cependant quelques conseils qui peuvent leur être uules : 1°. tÂcher de se tenir , soit debout, soit assis, dans une situation aussi droite que leurs occupations peuvent le permettre, changer de position le plus souvent possible, ne pas conserver trop long-temps la même, et se promener en plein air dans les intervalles de leurs travaux, au lieu d’aller au cabaret ou de s'amuser à quelque jen sédentaire.

2°, Se tenir propres, se laver les mains, la face plu-

| CAUSÉES PAR LE DÉFAUT D'EXERCICE. . 361 sieurs fois par jour, et prendre des bains detempsen temps s'il est possible. 3°. Cultiver un jardin, bêcher, planter, ensemencer et sarcler dansles momens de loisir. Ce conseil ne peut guère regarder que les ouvriers des bourgs , des petites villes, et des manufactures, reléguées ordinairement hors des grandes villes ou dans leurs fauboures. Buchan, dans sa Médecine domestique, dit qu’à Scheffield , ville de la province

d’York, où l’on fait beaucoup d'ouvrages en fer, il n'y a presque pas un compagnon coutelier qui ne possède un morceau de terre qu'il culuve comme un jardin. Cette pratique a les effets les plus salutaires. On conçoit que , dans les grandes villes, les ouvriers ne peuvent se procurer cet avantage. [ls doivent donc faire de l'exercice les jours de fête, et compenser , war l’uulité d’un jour, le mal qu'ils contractent par un repos exact de plusieurs.

La nourriture des ouvriers sédentaires doit se composer d'alimens sains et substantiels sous un peut volume. La viande de porc et tous les alimens difficiles à digérer ne leur conviennent pas. Il ne faut jamais se mettre à l’ouvrage en sortant de manger, car, en agissant ainsi, la digestion se fait péniblement, et on s'expose àiles inflarimations gastro-intesunaless :

Pour préserver les ouvriers sédentaires des maladies qui les menacent, Ramazzini leur conseille de prendre un purgatif au printemps et en automne. Quand ils sont alités, 1l faut avoir attention aux parties que leur métier exerce, parce qu'il s’y fait tresaisément des dépôts.

. L'atelier où travaillent les ouvriers est d’une con sidération très-importante : est-il grand, spacieux , bien aéré, les effets de la vie sédentaire sont moins apparens que lorsqu'il est étroit et situé dans un lieu bas et humide, Une précaution non moins essenuelle

consiste à diriger convenablement, pendant l'hiver, le feu dans les ateliers , car si les ouvriers le poussent trop, 1ls s'exposent aux douleurs de tête et aux ma— ladies bilieuses; en sortant , 1ls deviennent plus sensibles à l’impression du froid , et sont attaqués d’affections catarrhales et de fluxions de poitrine.

La population de l'atelier influe sur la salubrité commé sur le moral des individus. En général , dans les ateliers populeux , les ouvriers ont des mœurs.très-dissolues. |

Les travaux sédentaires , dit Tourtelle (1), devraient être uniquement le partage des femmes, qui, par un renversement de l’ordre, s'occupent dans les campagnes des travaux des plus pénibles. Le sexe supporte mieux les occupations sédentaires , auxquellesil paraît être spécialement destiné. Les femmes sont plus susceptibles de sensations agréables, et ont pour l'ordinaire un plus grand fonds de gaîié. Elles parlent davantage, et leur babil continuel est, une sorte d’exercice proportionné à leur état. Elles ont moins besoin d’alimens et ne s’épuisent point par de profondes réflexions. Elles sont d’ailleurs attentuives à mille petits évènemens de la societé, qui suffisent

(1) Elémens d'Hygiène, t.11, pag. 696 , 3° édit.

pour exciter leurs passions et les monter au point nécessaire pour entretenir la circulation des forces. Si l’on trouve des hommes qui vieillissent dans l’inacuon, exempts d'infirmités qui en sontle produit, c'est qu'ils ont joui des avantages dont je viens de parler, et qui sont propres au sexe.

A prés avoir jeté un coup-d’œil général sur jus effeis de la vie sédentaire , 1l me reste à en. faire l'application à quelques professions : : ainsi Je vais indiquer les maladies des ouvriers qui travaillent debout, des imprimeurs, des tailleurs, des cordonniers, des

ouvriéres à l'aiguille, des usserands , des ouvriers en soie, etc.

AT adros des Ouvriers qui travaillent debout.

-[ Les métiers qui exigent que ceux qui les exercent soient debout exposent principalement aux varices ; la contraction prolongée des muscles retarde, chez ces ouvriers , le cours du sang artériel et veineux , le fait stagner dans les veines, dont les valvules le retiennent encore. Telle est l'origine de ce gonflement auquel on donne le nom de varices. Tout le monde peut éprouver sur soi-même combien la distension des muscles arrête le mouvement naturel du sang ; il suffit pour cela d'étendre le bras et de tâter son pouls : on le trouve alors trés-peut. Les muscles des cuisses et des lombes contractées compriment donc les artères inférieures, les resserrent, et les empêchent de pousser le sang avec l'impétuosité

que lui donne l’action alternative des mêmes organes

dans la marche. De là, le sang qui passe des artères dans les veines, ne recevant pas des premières assez de mouvement pour remonter vers la perpendiculire , et manquant de la colonne qui le pousse par dététe dans l’état naturel, s'arrête et produit des varices dans les membres a feriée res Aïnsi, Juvénal a dit des prêtres, dont le devoir les obligeait de se tenir long-temps debout pour interroger les entrailles des victimes : « J’aricosus fret haruspex , Satyr. 6. Le prêtre risque d’avoir des varices. » Autrefois, se te- ‘mir debout et si ferme que personne ne pût vous déranger de place, était un genre d’exercice paruculier à la milice romaine , comme nous l’apprend le savant Mercurialis (1), qui conjecture que C. Marius devint sujet aux varices parce qu'il avait coutume de rester debout à l’armée, comme il convient à un grand capitaine. Aïnsi, Vespasien, au rapport de Suétone , disait souvent qu'un empereur devait mourir debout. C. Marius, accoutumé à cette at+ titude , se fit extirper ses varices en se tenant sur la jambe qui n’était pas malade. Le premier des poètes launs nous peint son héros debout et appuyé sur sa lance, tandis que son médecin Jäpis est occupé à retirer le fer de sa blessure (2). Aulu-Gelle rapporte (3) que Socrate avait coutume de se tenir

(1) Zn Gymnasticä, L, vx, €. 1.

(2) Stabat acerba de: ingentem Nixus in hasta ,. Æneas.…. vai dl

| Æncid. L XII.

(3) Z,. IT , Noct. all. » C, I x { À

debout pendant un jouret une nuit, depuis le lever du soleil , Jusqu'à ce que cet astre eût quitté lhorizon et füt revenu une seconde fois, Ce philosophe conservait, durant cet intervalle de temps , la même atutude , les mêmes impressions du visage, les yeux immobiles et fixés sur le même objet, l'air pensif comme si son âme eût quitté son Corps. |

Les métiers où la station est nécessaire produisent des ulcères aux jambes, de la faiblesse dans les articulations , des douleurs néphrétiques, des pissemens de sang, elC. J'ai vu beaucoup de domestiques , et même des genulshommes à la cour d’Espagne , où il n’y a aucun siége , se plaindre de douleurs de reins, qu’ils attribuaient avec raison à cette situation continuelle.. En effet , le corps étant debout , les fibres des muscles lombaires sont nécessairement en contraction, et les reins se ressentent de cet effort à cause de leur voisinage ; le sang ne circulant pas librement, produit ainsi les accidens dont nous venons de parler.

La faiblesse d'estomac est encore une suite de celte atuitude : en effet, ce viscère est toujours pendant; ce quin'arrive pas à céux qui sont assis et courbés , chez qui l'estomac s'appuie sur les intestins. C'est ainsi que dans toutes les douleurs de cet organe , on courbe le corps en devant , on contracte ses genoux et ses cuisses. Baçon (1) remarque que les galériens, quoique accablés de misére, sont

(x) ist. nat. , cent. 8.

assez gras et bien portans , parce qu’en ramant assis * ils exercent plus leurs membres que leur ventre et leur estomac. On peut rapporter cette observation aux üsserands , qui exercent en même temps et leurs mains et leurs pieds : tandis que leurs parties externes se meuvent , les intérnes se reposent , et c’est ce qui fait qu'ils deviennent plus gras et mieux portans que ceux qui restent long-temps debout ou qui se lassent à de longues marchés.

Il me paraît très - important de rechercher pourquoi la station , quoique continuée mois longtemps que la marche ou la course, fatigue davantage. On croit communément que cela vient de la contracuon conüunuelle des muscles extenseurs et fléchisseurs. Le savant Borelli (1) renverse cette opinion , et démontre que , comme l’extension du bras se fait sans l’acuon des fléchisseurs , mais par celle seulement des extenseurs ; de même, dans la station, 1ln'y a que les extenseurs qui agissent , tandis que les fléchisseurs sont en repos. Cet ingénieux écrivain rendaussi raison dela grande lassitude qui résulte de la station par l’acuon continuée des mêmes muscles. La nature , selon lui, est ranimée par des actions alternatives : c’est pour cela que la marche ne fatigue pas tant que la station, et que, dans cette dernière, on se lasse moinsen se reposant alternativement sur chaque pied. Les animaux eux-mêmes confirment cette asseruion. Les poulets se soutiennent quelque-

(1) De Motu animal. , prop, 131.

* fois sur une patte et lèvent l’autre. Parmi les quadrupédes, on voit les ânes arrêtés lever de temps en temps un de leurs membres postérieurs et le po ser sur l’étrier.

Ce n’est pas seulement dans les mouvemens du corps, mais encore dans toutes les fonctions, que l’alternative de l’exercice et du repos est utile. En effet , si l’on regarde fixement un objet , si l’on entend long-temps le même son, sion mange les mêmes mets , si l’on respire souvent les mêmes odeurs, la nature, qui se plaît aux changemens et à l'alternative, se révolte et ne peut s'y accoutumer sans être incommodée; ainsi les Israélites | aprés avoir long-temps mangé la manne du ciel dans le désert , désiraient avoir l’ail et les oignons d'Égypte. C’est dans ce sens qu'Horace a dit, « Un joueur d’instrumens qui touche toujours la même corde excite les ris de ceux qui l’écoutent » (1).

Il faut donc, quand l’occasion s’en présentera, avertir les ouvriers qui travaillent debout de ne pas se tenir continuellement dans cette atuitude , de s'asseoir, de se promener, ou de faire quelque autre exercice. Les remèdes qui guérissent la lassitude, qui rétabhissent le ton des parties, leur seront salutaires : tels sont les fricions humides, les fomentations et les bams. ]

AE . Et citharædus Ridetur, chorda qui semper oberrat eâdern.

De Ari. poet., v. 356.

Si ces artisans sont affectés de hermies , ils doivent porter un bandage ; quant aux varices, il faut, pour s'en préserver et les guérir , se serrer les jambes avec des guêtres lacées ; quand il survient des ul- cères (1), il faut les traiter par l'application de ban-

delettes agglutinatives , qui , en même temps qu’elles procurent la cicatrisauion de la plaie, permettent aux ouvriers de continuer. leur travail. Cette methode doit être préférée aux autres, parce que la plupart des artisans ne peuvent pas garder le repos , ayant besoin de leur journée pour vivre,

Cette considération m'engage à faire connaître la manière de se servir des bandelettes agglutinauüves, que l’on fait avec du sparadrap de diachylum bien collant. La parue sur laquelle on devra lés appliquer sera rasée avec soin , \afin d'éviter les uraillemens douloureux qui auraient lieu à chaque application, si on négliseait cette importante pré— caution. Les bandelettes , larges de deux doigts ct d’une longueur à-peu-prés double de la circonfé— rence dumembre sur lequei on doit les appliquer, seront placées sur le point opposé à l’ulcére ; on ramènera les deux extrémités de manière à croiser les bandelettes sur lulcére lui-même , pour rap-

procher ses bords. La premiere bandelette devra être

(1) Ilest des ulcères habituels qu'iles! dangereux de guérir, et qui sont essentiels à la santé du malade. Si on veut les guérir, il faut prendre de grandes précautions , purger le ma-

lade , ei lui établir un cautère à la cuisse du côté de l’ulcère.

DES ‘IMPRIMEURS 369 appliquée à la partie inférieure de Pulcére , et recou< vrir en même temps un pouce environ des parties saines. La bandelette supérieure recouvrira de mémelles parues quisetrouventau-dessus de la solution deconünuité ; chaque bandeléute devra, de bas en haut, recouvrir d’un iiérs et quelquefois plus celle qui là précède. Une précaution importante dans l’en- | lévement des bandelettes est de les couper, au moyen de ciseaux courbes , vers le point opposé à l’ulcère pour les enlever en sens opposé , ‘afin de ne point déchirer la cicatrice molle qui s’est formée dans l'intervalle des pansemens. Ces bandelettes doivent être renouvelées en raison de la suppuration ; le plus ordinairement il suflit de les enlever tous les trois ou quatre jours. Il est nécessaire de continuer pendant huit ou dix jours l’emploi des bandelettes aprés la formation de la cicatrice.

Parmi les ouvriers qui travaillent ve , on peut ranger les armuriers , les taillandiers , les serruriers, les forgerons , les monteurs en pendules, les scieurs de long, les 'charpenuers , les menuisicrs , les cuisiniers , les boulangers , les blanchisseuses , les sculpteurs , les macons, les sentinelles , les valets , les laquets derrière les voitures , les bedeaux , les courtisans , les huissiers , etc.

M. Mérat dit avoir remarqué que les domestiques qui restent long-temps derrière les voitures, sur la pointe des pieds, seule attitude possible pour éviter | les secousses trop fortes ; sont sujets à l’anévrysme de l’artere poplitée,

70 à MALADIES . .

Maladies ‘des Imprimeurs : + 20: fs

ag Les anciens ,. privés, de l'imprimerie i faisaient copier | leurs ouvrages à x la main. Cet art, que. le quatriéme siècle a va éclore, a peut- être fait plus, de mal que de bien aux hommes. Lorsque, après sa découverte, on en fit usage, des milliers d'hommes gner leur

vie ct celle de leurs fanulles ; les moines se ressen—

perdirent tout d’ un coup l'avantage de ga

tirent eux-mêmes de sa mauvaise influence, et se virent enlever le gain honnête qu ils faisaient en CO— piant des livres apres leurs offices. L'1 imprimerie n'a pas enicore passé dans la Turquie ; et Cornélius NT agnus , de Parme, fameux voyageur. de l'Orient, rapporte aus le bruit.s'étant répandu dans Constantinople qu'on parlait au divan d'introduire cel art en Turquie , peu s’en fallut qu'il ne s ’élevâtune sé diuon. I y a beaucoup de choses à dire pour et contre P imprimerie. On ht, dans les Nouveautés du Parrase de: Lraj, pe Pinventeur. de l'imprimerie étant entré, avec, magnificence au Parnasse pour prendre place parmi, PL gens de, lettres ‘ on le chassa comme le corrupteur ces beaux arts. Mais c’est assez nous occuper de ? Rstaqu de cet arts nous devons passer aux maladies qu ‘épronvent les : imprimeurs , et TN nous intéressent particulière ment. | ae Il Ya don classe es d'ouvriers parmi les imprimeurs : les uns , nommés Compositeurs, choisis ssent

leurs lettrés dans leurs cassetins, et forment les mots

DES IMPRIMEURS: 375 parleur arrangement, ou bien ils les replacent lorsqu’on'ne se sert plus de la planche. Ceux qui.travaillent à la: presse sont au nombre'de deux, qui -ôntune: occupation différente. : Ju! imprègne d'uné encre particuhtre les planches d'imprimerie , l'äutré:exerce une compression considérable sur les caractères, au moyen d’une machine appelée presse, de'sorte qu’en un instant.tous les caractères des planchesse tracent sur le papier. Ils répetent cetté::manœuvre jusqu'à ce qu'ils aient: uré autant d’éxemplaires qu'il. leur en faut. Cette découverte serait bien ingénieuse et bien utile s1.elle ne servait qu'à transmettre aux-hommes les livres des vrais savans, et non-de ceux qui cherchent à tromper le public.

Les compositéurs $ont d'abord-sujets aux maux qu’occasione la vie sédéntaire. Ils ont en outre unautre malheur à craindre, : leurs yeux, sans cesse attachés sur les caractères noirs, s’affaiblissent peu à peu, et deviénnent sujets aux inflammations chroniques , à la myopie et à la goutte sereine. J’ai connu deux frères imprimeurs qui avaient naturellement des yeux grands et:säillans, et qui furent contraints d’abandonner l'imprimerie pour ne pas devenir tout-à-fait aveugles. Je me souviens qu'un jourayant résté quatre heurés ‘dans un atelier d'imprimerie pour corriger “un de mes ouvrages > Jeus long-temps devant les veux , après en être surtt ,. les images des presses que j'avais regardées avec attention , et que les songes me représentérent toute la nuits La vue conunuelle des

caracteres, soit en les composant , soit en les brisant,

| 57 2 | Q °MALADIÉS affiblit donc les yeux.Les compositeurs disent eux mêmes qu'après avoir travaillé toute la journée , en sortant dé leurs ateliers, ils ont devant les yeux l'i- | image’ deileurs caractères pendant, plusieurs heures et quelquefois méme pendant toute la nuit, image qui ne se détruit que parles autres objets multipliés qui se présentent à eux. |. :

«"1Obhyés de'se tenir presque toujours debout et immobiles; ces ouvriers sont fréquemment attaqués d'enflure aux jambes, de varices et d'ulcères à ces parties. ls sont encore exposés à des maladies pro= duites par les caractères’ dont ils ‘sé $érvent et qui sont formés de plomb et d'antimoine: L'habitude que prennent quelques-uns d’entre eux de mettre des caractères dans leur ‘bouche, ‘etla malpropreté de leurs mains ; qui sont imprégnées de molécules de plomb, et qu'ils ont pas soin de laver avant de manger , Jes rendent trés-sujets à da .colique et à la paralysie métalliques. M. Husson m'a dit avoir soigné à l'H6tel-Dieu une jeune fille qui, en brossant des caractères , avait contraëté là colique de plomb.

M. Gardane, dans son comméntaire sur Stochuzen, rapporte l’histoire’ d’un compositeur qui, ‘en travaillant malgré une blessure qu'il s'était faite ‘au pouce , perdit la main à la suite d’un ulcère qui ‘sy forma. Ge médecin pense que cet ulcère était dû x Jirritation produite par le mélange métallique qui ‘constitue les caractères. Quelle que soit la cause de ce malheur, les compositeurs, lorsqu'ils ont une blessure à la main , doivent avoir l'attention de la cou-

Page 1