‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 85 sur 98 · DES :IMPRIMEURS · texte numérisé non relu

DES :IMPRIMEURS

vrir d’un linige blanc et d’un doigt ao gant: jpous la défendre du contact des caractères.

« J'ai observé plusieurs fois, chez. ces ‘ouvriers,! dit | M. Mérat (1),unesorte detic des mains.etde Ja:face, Accoutumés à préndre leurs caractères dans les casseuns presque pat iñsunct, les. muscles de leur visage prorioncent en quelque sorte la lettre à prendre, étiles mains; la portent automatiquement dans le composteur qui la recoit. Ils touchent quelquefois deux fois la lettre! sans la prendre , ne la saisisserit qu'à là troisiémetentative ,et grimacentautant de fois les muscles du visage. Au surplus ,.ce tic est sans aucun danger, et:uent'à la répéution fréquente du même acte. »

[ Liés ouvriers oceupés à'la' presse peuvent être assimilés ,:] usqu’à un, certain point, aux hommes de péiné. Leur ouvrage, en effet, agite tout le corps; ils sont souvent accablés de fatigues , et parvenus à un âge peu avancé ,: ils sont forcés de quitter leur métier. En hiver ,. aprés'avoir travaillé toût le jour dans des ateliers fermés et chauds , pour faire sécher leurs feuilles d'impression, als s’exposent subitez. metit et.sans précautions à l'air froid , qui arrête la transpiration et donne naissance aux fièvres inflanimaloires ,: aux pleurésies > aux péripneumoniés et aux autres maladies de: poitrine |. Les efforts excessifs qu'ils font les disposent aux'hernies ,: aux ruptures des muscles , et aux anévrysmes du cœur et des

gros vaisseaux. Les auteurs du Dictionnaire de Santé

(1) Dictionn. des\Sciences médicales ; art. Enyrimeurs.

BR "7 MALADIES | disent que Îles pressiers sont attaqués de tremble= mens, d'hydropisie et d’uleères aux jambes.

Les imprimeries étant placées le plus ordinaire ment au rez-de-chaussée | dans des rues basses: et étroites , les ouvriers qui y travaillent sont soumis aux influences de l’humidité et de l'air non renouvelé : aussi la plupart ont la figure pâle , les chairs molles, etsont fréquemmentatteints derhumatismes, d'œdème , de scrophules et d’hydropisie. La vie peu régulière qu'ils menent (particulièrement les pressiers ) , les excès de boisson qu'ils commettent , déterminent fréquemment des inflammations gastrointestinales aiguës et chroniques. J’ai soigné plusieurs imprimeurs de ces maladies. Ceux qui travaillent à la casse! sont moins dissolus dans leurs mœurs ; ils ont'en général plus d'éducation. M. Cadet-Gassicourt a observé que les imprimeurs sont sujets aux affections pulmonaires, à la syphilis, ét que peu vont au-delà de quarante-cinq ans.

[ Quant aux secours que la médecine peut donner à ces ministres de la république littéraire , je ne vois pas quels préservaufs on peut leur indiquer , si ce n’est de les averür de travailler avec modération, de se dérober à leur ouvrage quelques heures par jour, et d'avoir soin de ne sorür l'hiver de leurs ‘ateliers que recouverts de leurs habits. Les lunettes seront utlés aux compositeurs pour conserver leurs yeux ; ils feront bien de détourner la vue de temps en temps de leur ouvrage, et de les laver avec de

l'eau fraiche, Dans le cas de maladies aiguës, on

DES TAILLEUR. 375 traîtera ces ouvriers avec les remédes appropriés. à chacune d’ elles ; mais , pour les guérir avec plus de succés , 1l sera télé au médecin d'être instruit du inéüer de son malade. ] La colique et fa paralysie métalliques doivent être traitées par la méthode de la Charité, indiquée à l'article “des peintres en bäti: mens. Les composieurs doivent en outre éviter de mettre dans leur bouche des caractères, et se laver les mains avant de manger. Ils préviendront les varices ét les ulcères des jambes en portaut des guêtres la cées ; leurs ulcères peuvent être guéris par des ban delettes agolutinatives. Les pressiers doiventse frotter soir et matin les bras avec de l'huile d'olive, et éviter tes excès de vin et de la fatigue. La sobriété et l’exereice en plein air, les jours de fête, sontles meilleurs préservatifs des maladies causées par la vie sédentaire, Il est irès-utile d'établir les ateliers d'imprimerie dans des endroits secs et élevés.

Maladies des : Tailleurs - d'habits.

La profession de tailleur est une des plus sédentaires. Assis constamment sur un établi, les jambes: croisées , le corps courbé en avant, ces ouvriers. n’exercent que les bras, et surtout le bras droit, Leur attitude nuit smgulièérement aux fonctions des viscères de l'abdomen et de la poitrine; elle déter- . mine de la difficuhté dans la digestion , des gastrites ,. la constipation à des hémorrhéïdes, le catarrhe chronique de la vessie et lengorgement des visctres. Je:

soigne un tailleur qui, chaque fois qu'il se livre à som

travail avec ardeur,, est:atieint de nausées, de coli: ques, d'ictère, eldes symptômes, qui annoncent l'irritation du, foie.

« J'ai vu, dit Stoll (1), nn très-grand nombre de tuilleurs attaqués particulièrement. de maladies des poumons: en effet, comme ils sont presque toujours assis, le corps courbé et la tête penchée en ayant, le sang se distribue inégalement, et il. s’en accumule une trop grande quantité dans le poumon , soit parce que les viscères abdominaux, comprimés par la situation du corps, en admettent moins et le font refouler vers les organes situés au-dessus; soit parce qu'à raison des courtes inspirations que font ces hommes sédentaires ,. le sang qui est entré dans les poumons n'en,sort pas aussi promptement qu'il le faudrait, d’où résulte une pléthore locale des poumons et du cœur. » Enceffet, les tailleurs sont souvent affectés de phthisie pulmonaire, d’hy: dro-thorax , et d’une hémoptysie qui les accompagne quelquefois jusqu’à une vieillesse avancée. M. Corvisart. a observé que les maladies du cœur et des gros vaisseaux, n'étaient pas moins, fréquentes chez, cette classe d’arusans.

Puisque latutude des ser fait refluer le sang dans les parties supérieures du corps, la circulation: des membres inférieurs est par conséquent moins, active , ce qui explique la maigreur, la faiblesse des, jambes et des cuisses. chez ces artisans, et la déà RS à de ot NN

(1) Méd, pratiq., tmaduet. de Mahon., t..1, pag.:252.

DES- TAÏLLEURS. Ga

marche qui leur.est particulière. Ramazzni dit.qu'ils sont. Lrès — sujets. à un, engourdissement dans les cuisses, à la névralgie sciatique: et à la .claudication.

On observe qnelquefois. à. la surface de leur peau une éruption psoriforme qui paraît, selon beaucoup d'auteurs: , être occasionée par l'irritation de la laine que.ces ouvriers, manient. habituellement ;,Guldner pense qu’elle.doit plutôt: son.origine à: leur. manière de vivre. AU

- Les tailleurs: sont susceptibles. de.se: faire, avec leurs aiguilles.,, des. piqüres plus. ou.moins profon= des , qui donnent lieu à des panaris.. La plupart ont de mauvaises dents, qui s’ébranlent par l'habitude qu'ils ont de couper leur. fil avec. elles; il est. rare de voir. des tailleurs un peu âgés avec desincisives.

- Leur vue s’affublit de bonne heure, à.cause des ouvrages: fins. qu'ils-exécutent,, souvent. pendant la nuit, à la lueur d’une cliandelle. Lorsqu'ils travaillent le'soir près d'une fenêtre ouverte, 1ls peuvent êtreaftectés de douleursaux.oreilles aux dents, d’enchifrenement et d’ ophthalmie..

La vie sédentaire que mènent. les tailleurs leur | donne. une, complexion lâehe, molle.et sans consistance,; 1ls ont. en général.le corps sec et les jambes gréles ; leur. teint-est un peu jaunâtre. Lia position qu'ils tiennent. en travaillant paraît exciter les désirs'vénériens, d’après quelqués écrivains. Les tailleurs, du M, Gadet-Gassicourt, ont des goûts antiphysiques très-remarquables., dupenchant au vol, auJeu ; à la dépense. Geux.quviennent de. la Flan-

376 MALADIES dre et des Pays-Bas sont querelleurs et peu fidèles # la plupart sont agiles ; aiment la paume et la danse.

La profession de tailleur n’est pas moins préjudiciable à la santé que contraire aux vœux de là nature. « Jamais garçon n’aspira de lui-même à étre tailleur, dit J.-J. Rousseau dans son Emile; il faut de l’art pour porter à ce méuer de femme le sexe pour lequel il n'est pas fait. L'épée et l'aiguille ne sauraient être maniées par la même main. $i j'étais souverain ; Je ne permettrais la couture et les mé-— tiers à l'aiguille qu'aux femmes, aux boiteux, et aux autres hommes incommodés, réduits ‘à vivre comme elles. »

Les tailleurs doivent se promener au grand air , tous les soirs, quand l’ouvrage le leur permet, se fricuonner les jambes avec de la flanellé , s'abstenir des substances difficiles à digérer , éviter les exces, et généralement toute espece de débauche. Quant aux hémorrhoïdes qui surviennent à l’anus , 1ls doivent bien se garder de les faire passer ; surtout st elles fluent : une pareille suppression peut causer des maladies graves. Un tailleur qui était aflligé de cette incommodité voulut s’en guérir, malgré mes conseils ; un apothicaire lui donna une pommade qui fit disparaître les hémorrhoïdes ; il se developpa de suite une ophthalmie très-violente, qui ne cessa qu'en rétablissant le’ flux hémorrhoïdal. D'ailleurs, cer écoulement salutaire préserve les tail-. leurs dés obstructions du foie et de la rate : ils doivent

done ne rien faire pour guérir leurs hémorrhoïdes ::

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