DES FRIPIERS
ils peuvent seulement calmer la douleur locale par les biuns et les cataplasmes émolliens. PH Buchan , dans sa Médecine domesti que , dit que l'atutude dans laquelle travaillent ces ouvriers paraît être plutôt l'effet de l'habitude que de la nécessité. On pourrait, ajoute-t-il, avoir une table sur laquelle pourrait s'asseoir en rond dix ou douze tailleurs, dont les jambes auraient la liberté d’être ou pendantes ou appuyées sur un marche-pied , à leur choix. On pourrait de même tailler dans une tabie une place pour chaque ouvrier, de manière qu’il
püt, étant assis, travailler aussi à son aise qu'il le
fait actuellement les jambes croisées.
Maladies des Fripiers.
[ Les hommes occupés tonte la journée dans leur - boutique à coudre assis, à attendre debout les cha- Jands pour vendre leurs vieilles hardes, sont presque tous cachectiques, mélancoliques , hideux à voir, et souvent galeux. On en trouve en effet trés-peu parmi eux, même des plus à leur aise, qui n'aient quelque maladie de la peau , de sorte qu'on regarde ces affecuons comme héréditaires et naturelles à leurs personnes. | En séparant les coutures des vieux ha- | bits , 1ls inspirent une poussière laineuse trés-subule,. qui leur cause de la toux , et peut même les rendre püthisiques. [ls peuvent aussi contracter des maladies contagieuses en maniant Les vieux habits.
Maladies des Ouvrières à l'aiguille.
On peut ranger parmi les ouvrières: à l'aiguille les couturières , les lingéres , les: marchandes de modes , les brodeuses, les ouvrières en dentelle , les faiseuses de reprises perdues , etc.
Toutes ces ouvrières étant oblisées de travailler assises et: le corps courbé , éprouvent à-peu-prés les mêmes maladies que les tailleurs : ainsi elles sont sujettes aux affections chroniques de la poitrine , et particuliérement à la phthisie pulmonaire , aux digesuons difficiles , aux inflammations lentes de l’estomac , aux engorgemens des viscéres , et aux vapeurs ; en outre leurs’ régles coulent mal, ce qui détermine une foule de symptômes nerveux ; elles ont des flueurs blanches qui leur causent de la maigreur et des tuiraillemens d'estomac. Leur ouvrage exige une grande application des yeux: aussi celles qui travaillent jour et nuit à la faible lueur d’une lampe sépulcrale , et dont la mèche est trés-pelite , ont les paupières chassieuses , et leur vue s’affaiblit insensiblement , au point qu’à quarante ans elles deviennent myopes ou aveugles.
[ Rien n’est plus nécessaire aux femmes qui travaillent à la couture que l'exercice pris de temps en temps ; rien n’est plus capable de guérir les obstrucuons , d'augmenter ou d'entretenir la chaleur naturelle, de provoquer la transpiration et de prévenir les maladies de la peau. Je leur conseille donc de
DÉS OUVRIÈRES À IL'AIGUILLE. . 88r
délasser leur corps par un exercice utile à leur santé pendant quelques heures dans la journée , de reposer un peu leurs mains , et de détourner les yeux de leur ouvrage , de peur que des maladies de ces organes ne les obligent par la suite à trainer une vie languissante et misérable. Elles pour ront se, purger de temps en temps avec des pilules aloétiques ou de l’eau de rhubarbe. Je sais par expérience que la saisgnée ne leur est pas aussi avantageuse que la purgation. En effet , apres. la saignée , elles tombent dans l'abattement , parce que leur sang est épuisé et appauvri; d’ailleurs, leur imagination contribue beaucoup à en rendre des effets pernicieux ; elles sont convaincues que la saignée affaiblit la vue, ce qui n’est pas dénué de toute vraisemblance. Les cautères aux bras , aux jambes leur sant plus sa Jutaires , par l’émonctoire qu'ils procurent à la nature pour évacuer peu à peu les Aumeurs impures, et elles s’y soumettent volonuers. ]
Tous les ouvriers en peuts objets , tels que les graveurs sur les métaux, sur les pierres fines, et en taille-douce , les ciseleurs, les metteurs en œuvre, les borlogers , les tapissiers, etc. , sont sujets aux maladies qui résultent de la vie sédentaire et de l’atuitude courbée. Les tapissiers doivent avoir Île soin de ne pas mettre, comme ils font, des clous dans leur bouche, parce que plusieurs ont éprouvé de graves accidens pour les avoir avalés.
Maladies des Dessinateurs.
Tes personnes qui apprennent a dessiner ont Tr ha “bitude de rester toujours courbées sur un carton placé sur leurs genoux. Cette AUUNE fatigante est nuisible aux fonctions de {: poitrine et de l'estomac : :
il serait à désirer que l’on prit la coutume de des ‘siner debout et sur un chevalet.
“Maladies des Cordonniers et des Bottiers.
tbe DA Rad ile assis, . LL corps Frs. en ayant, les cordonniers sont sujets à beaucoup de «maladies chroniques de:la poitrine. et de labaäomen, occasionées par leur attitude, :qui gêne la circulation du sang : aussi les hémorrhagies du poumon (Sioll) (1), les anévrysmes du cœur (Morsont) (2), les squirrhes du pylore et de: l'estomac ( Corvisart ) (5) , Sont irés-communs chez ces artisans. Leur siernum est enfoncé dans la poitrine, de manière qu'à l’inspecuon seule on peut reconnaître un cordonnier.:Celte conformation parüculière dépend de l'habitude que prennent les cordonniers d'appuyer le soulier ou la, forme contre lépigastre. C'est aussi à Ja pression continuelle de cette partie
que sont dues Îles affections nombreuses du foie et
(1) Med. pratiq. ,t. 1, trad. de Mahon.
(2) Æ'pist. :xvnr, (3) Traduct,'d! Mbits pag: 188,