‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 89 sur 98 · DÉS (TISSERANDS · texte numérisé non relu

DÉS (TISSERANDS

Nos uüsserands sont obligés d'établir leurs métiers dans des caves ou d’autres endroits aussi humides, parce que la sécheresse fait casser leurs fils, surtout en été Si on entre dans ces ateliers , l'odorat ést frappé par les exhalaisons huileuses qu’on y res— pire, ét qui proviennent de l'huile d’olive grossière etrance qu'ils emploient pour donner de la souplesse à leurs fils età leurs étoffes. La fétidité de ces exhalaisons est encoré augmentée par l'huile de noix qu'ils brûlent, car ils veillent à la lampe. Ce mélange d'humidité et de particules huileuses, dans un air sta gnant, forme uneatmosphéredétestableetméphitique,

A cette premiére cause de leurs maux se joint celle du mouvement qu’exige leur métier. On sait que leur attitude est très=génante. Assis toute la journée, ces ouvriers ont leurs membres dans une agitation continuelle et en sens contraire. Le plus cruel de tous ces mouvemens est la commotion qu'ils éprouvent au creux de l'estomac , occasionée par le retour du peigne vers éux; en travaillant, ils sont obligés de le ramener avec force contre l'épigastre , afin que le fil soit bien appliqué. Leur poitrine étant appuyée continuellement sur les métiers.) éprouve de la gêne dans ses mouvemens, ce qui s’oppose à la liberté de la circulauon et de la respiration.

Les tisserands sont pâles, bouflis et languissans. Ils sont exposés à toutes les maladies qui ont leur siège dans les viscères du bas-ventre , telles que l’engorgement chronique du foie, de la rate, l’hydropisie ascite, les hémorrhoïdes. Ils sont en outre

sujets aux douleurs rhumatismales, aux fièvres quartes, aux fluxiôns du cou et de la face, et au scorbut. M. Brieude dit que l'asthme sec leur est familier, qu'ils se plaignent de palpiations et de maux de nerfs de toute espèce, Montaigne prétend que le métier de usserand dispose singihéreracns at aux plaisirs de l'amour.

Les promenades au grand air, les frictions sèches: sur tout le corps, l'usage d’alimens substanuels, sont très-utiles aux usserands. Ramazzini recommande de ne les saigner qu'avec prudence dans leurs maladies, parce que les évacuations sanguines leur causent un abattement funeste.

Rien ne serait plus utile à la santé de ces artisans. que, de travailler dans des lieux secs et élevés. Dans ces derniers temps, on a annoncé un encollage à l'aide duquel ils pouvaient jouir de cet avantage. Get encollage se prépare avec la farine que l’on obuent de la semence d’une graminée qui semble originaire des îles Canaries, mais qui est devenue indigène en France. Cette plante est connue des botanisles sous le nom de phalaris canariensis, ou alpiste : c’est le millet long des graineuers. Il paraît assez bien démontré que le parement préparé avec la graine de phalaris ne se desséchant pas aussi promptement que celui de farine de blé, possède les qualités qui lui ont été attribuées. CE qualités avantageuses:ont été confirmées par les essais entrepris en grand däns les manufactures d'Erfurt et dans les États prussiens en général. Mais M: Dubuc l'aîné a fait observer dans

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