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CHAPITRE LXV

DE L’EMBRYULCIE ET DE L’EMBRYOTOMIE

Il faut commencer par donner à la femme deux ou trois morceaux de pain trempés dans du vin pour (éviter) une défaillance, et, pendant qu’on agira, arroser le visage avec du vin.

La parturiente sera couchée dans une position un peu déclive, sur un lit dur pour que le bassin ne s’affaisse pas. Les cuisses étant écartées l’iine de l’autre, les jambes attirées vers l’hypogastre, les pieds seront appuyés sur les traverses du lit et maintenus par des aides de chaque côté. Si on ne dispose pas de l’aide de femmes robustes et exercées, on assujettira le thorax au lit moyennant des bandes, pour que les tractions exercées sur le corps de l’enfant n’entraînent pas celui de la parturiente. L’accoucheur se placera devant les parties génitales de la femme, sur un siège un peu plus bas, afin que ses mains soient à la hauteur des pieds de la parturiente. Les lèvres ayant été écartées l’une de l’autre par les assistantes, la main gauche qui est plus grêle que la droite et qui agit plus facilement, sera introduite doucement,

Si, par aucun moyen manuel l’enfant ne peut être extrait, soit que la résistance est due au volume de son corps, à sa mort, à une trop grande constriction et qu’il ne puisse être extrait en entier, que faut-il faire ? — Il faut faire emploi de l’embryulque (un crochet) ou diviser le fœtus. Si l’enfant est mort, nous devons par pitié secourir la mère pour qu’elle ne soit pas exposée aux plus grands dangers.

Quels sont les symptômes de ces dangers ? — Ceux qui doivent nous impressionner et nous avertir du danger, c’est une lièvre intense, un très grand trouble nerveux qui précède la gangrène, la fréquence et la débilité du pouls, suivies de délire.

les doigts réunis en forme de cône et soigneusement enduits d’un corps gras, à travers l’orifice de la matrice ; si l’orifice n’est pas ouvert, on n’y exercera des pressions qu’après y avoir injecté de l’huile pour le relâcher. On essayera de diriger le crochet vers| une partie inclinée pour le fixer sur un point d’où il ne s’échappera pas facilement.

Les régions favorables (dans les présentations) de la tête sont : les yeux, l’occiput, la bouche, le palais, les clavicules et les régions costales ; les aisselles conviennent moins, car pendant les tractions, les bras, en s’écartant, augmentent la largeur de l’enfant et le font s’enclaver. Les ouvertures des oreilles étant courbes et étroites n’admettent pas facilement le crochet. Aux enfants se présentant par les pieds il faut implanter le crochet au-dessus du pubis, dans les espaces intercostaux et sur la clavicule, à son articulation avec le sternum ; si on ne trouve aucune de ces régions, on pratique une perforation moyennant un scalpel ; le crochet, après avoir été chauffé et huilé, sera introduit doucement, protégé par la main gauche dont les doigts sont fléchis jusqu’à ce qu’il parvienne à un espace vide. On introduira un autre crochet du côté opposé au premier, pour que la traction devienne égale et ne soit pas déviée d’un côté, ce qui produirait l’enclavement de l’enfant. Les crochets seront confiés à un aide exercé auquel on recommandera de faire des tractions douces pour ne pas lacérer l’enfant ni lâcher prise. Lorsque les tractions devront être interrompues, il faudra maintenir les crochets dans leur tension,

Comment devons-nous employer le crochet ? — La malade sera couchée sur un lit dur, les extrémités inférieures écartées; elle sera attachée aux montants du lit de façon à ce qu’elle ne puisse se remuer; l’opérateur sera placé devant elle sur un siège un peu plus bas que le lit ; il cachera dans sa main gauche la courbure du crochet pour le guider dans la recherche de l’endroit le plus favorable où il pourra être appliqué ; si l’enfant s’est présenté par la tète, il cherchera une orbite ou l’occiput; s’il s’est présenté par le côté, ce sera le cou ou un intervalle intercostal qui serait le lieu le plus favorable; s’il s’est présenté par les pieds, c’est au-dessus du bassin; si aucune de ces places ne peut être trouvée, on pourra le fixer à tout endroit blessé; la main étant retirée (le crochet

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non seulement dans la direction droite, mais inclinée transversalement, comme on procède dans l’avulsion des dents, de façon que, par ce changement de direction, le foetus dilate les parties et soit facilement extrait. Pour aider à cette manoeuvre, il faut introduire le doigt indicateur entre l’orifice et la partie saisie et le tourner tout autour d’elle comme si on enlevait la peau, le diriger vers la partie déviée en l’arrosant d’huile chaude ou une autre préparation mucilagineuse, dont nous avons parlé. Si le foetus ne cède pas à la traction des crochets et ne peut être extrait, on placera d’abord un des crochets plus haut, puis l’autre de même, jusqu’à ce que tout le corps foetal ait passé. Si une main est prohibée et si, en avançant, le foetus s’est enclavé et qu’elle ne peut être repoussée, et si déjà il a succombé, ce que l’on voit par l’absence de rougeur, de chaleur et de pulsations, la couleur livide et le froid, on l’entourera d’un linge pour qu’il ne s’échappe pas en glissant et on l’attirera un peu, en tenant solidement la partie saisie pour que celle au-dessus puisse être vue plus facilement; on fera l’amputation du bras dans l’articulation de l’épaule1; le corps ayant été tourné avec les doigts sera extrait avec les crochets.

Si les deux mains sont sorties et ne peuvent être réduites, et si

restant en place), on le confiera à un aide et on appliquera un autre crochet au côté opposé, de façon à ce qu’ils soient à la même hauteur et que les efforts qu’on fait sur eux soient égaux ; on commencera par le faire légèrement et les efforts seront plus énergiques au moment où la matrice se contracte et pousse le fœtus plus bas; quand la contraction aura cessé et qu’on le voit remonter, il faudra interrompre les tractions. Le médecin cheichera a élargir 1 orifice de l’utérus avec une main bien huilée et à bien régulariser les efforts des aides ; quand le fœtus sera un peu descendu, l’embryulque sera fixé plus haut jusqu’à ce que le corps de l’enfant soit sorti. Si les parties sorties ne peuvent fournir un appui au crochet, si quelques parties fœtales sont trop vo-

] Celse avait ag> plus judicieusement en faisant dans ces cas la décol lation, « cervix pracisa, ut separatim utraque pars auferatur » (VU, 92).

le fœtus ne cède pas aux tractions, les deux bras seront désarticulés à l’épaule. Si la tête est trop volumineuse et ne cède pas, il faut l’ouvrir avec le scalpel dont nous nous servons pour l’embryotomie,. ou avec le couteau avec lequel nous faisons l’excision des polypes ; on l’introduit en le protégeant avec l’index et l’auriculaire.'Si l’enfant est hydrocéphale, il faut faire une incision pour qu’après l’évacuation du liquide la tête se réduise de volume et s’affaisse. Si l’enfant a une tête proportionnellement trop grosse, celle-ci se réduira facilement sous la pression de la main, car les parties sont molles; sinon, on incisera le crâne au sommet ou à une autre place, car le cerveau étant évacué, la tête s’affaisse. Les lèvres de la grande plaie seront réclinées (pour recouvrir les os), les fragments d’os brisés seront enlevés avec la pince qui sert à l’extraction des dents, ou avec celle qui sert à extraire les fragments d’os. Si c’est le volume de tout le corps qui empêche qu’il ne cède aux tractions, les bras étant appuyés sur les côtés de la matrice, il faut appuyer le couteau au col, cherchant un espace vide entre la matrice et le fœtus, le sang ayant été évacué, le corps sera devenu plus mince.

Il faut ensuite inciser toute la tête, ouvrir les espaces intercostaux et inciser le poumon ; souvent le thorax est augmenté de volume par des humeurs qui le remplissent. Il faut avec les doigts briser les articulations de la poitrine, le sternum et les clavicules ;

lumineuses et ne peuvent être remuées, le fœtus étant mort, il faut en venir à l’embryotomie afin que l’enfant puisse sortir par morceaux.

Comment pouvons-nous savoir si l’enfant est mort ? — Il est froid, il ne fait plus aucun mouvement et on ne constate chez lui aucune pulsation.

Comment faut-il procéder à V embryotomie? — 11 faudra emputer les premières parties qui sont sorties et faire les sections dans les articulations où elles sont plus faciles et où la partie coupée de l’os est moins nocive. Quand cette amputation est faite, il faut fixer les crochets plus haut pour que le reste du corps puisse être extrait; si on n’obtient aucun résultat, il faut rechercher si l’enfant n’est pas atteint d’hydrocéphalie, constituée par un amas de liquide sous la peau de

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car la poitrine s’affaisse quand elle n’est plus soutenue par les clavicules.

Si le corps ne se réduit pas, l’abdomen devra aussi être incisé. Il peut arriver que l’enfant soit atteint d’hydropisie, l’évacuation du liquide réduit son volume et l’amincit. Si quelque tumeur intérieure est la cause de l’augmentation de volume de l’abdomen, il faudra l’extraire avec les autres viscères et vider tout le corps. Il faut agir de même si l’enfant se présente par les pieds ; si les bras sont repliés en haut, il faut les couper et inciser la tête ; si elle est trop volumineuse, la briser, ce qui, dans cette présentation, est plus difficile, puisqu’elle est cachée plus haut. C’est avec la main droite qu’il faut extraire les pieds, il faut se servir de la main gauche pour diriger la tête en dedans, la fléchir, car si la tête est renversée en arrière elle s’arrache souvent1.

Il est difficile de comprendre pourquoi on a prétendu que la main gauche se prête mieux aux extractions, la raison en serait qu’avec elle on attire les serpents ; les deux choses sont fausses. Est la plus apte à cette opération celle qui s’introduit le mieux, comme nous l’avons montré.

Les enfants en présentation transversale et pliés en double

la tête; on y fera une ponction, l’eau s’étant écoulée, le volume de la tête aura diminué sensiblement. Si la tête par elle-même est trop grande, il faut la briser avec la main, les os cédant facilement à cause de leur mollesse, et si cela ne suffit pas, on percera le crâne, le cerveau s’en écoulera et le volume de la tête aura grandement diminué. Si l’enfant s’était présenté par le flanc et que le côté s’est fixé sur l’orifice et s’il vit encore, il faudra également fixer le crochet sur le cou, l’abondance de l’écoulement du sang diminuera son volume; on pourra même ouvrir le ventre qui n’est pas rarement gonflé par une accumulation de liquide, une hydropisie, on pourra extraire les intestins (qui diminueront le volume) et l’extraction pourra être faite avec la main comme nous l’avons dit ; les membres pourront être amputés dans les articu-

1. Voilà un texte bien ancien en faveur de l’utilité de la flexion de la tête dans l’extraction par les pieds si bien démontrée par M. Champetier de Ribes (Thèse, concl. IL).

l'RAITÉ des maladies des femmes.

dont la situation ne pourra être rectifiée, devront être incisés dans la partie qui est à l’orifice (utérin), dans l’abdomen, aux aisselles aux hypochondres. St l’enfant est mort et trop volumineux il. est dangereux de le sectionner dans la matrice, il est préférable de couper les parties à mesure qu’elles sortent et dans les articulions, car les os sont lisses dans les jointures et faciles à détacher. Il faut rapporter ensemble les parties extraites et voir si on n a rien laissé.

Après une extraction maladroite par les pieds, la tête peut être arrachée ; elle est saisie difficilement à cause de sa forme ronde et parce qu’elle remonte dans la cavité utérine. Dans un cas pareil, Sostrate voulant agir comme pour (l’extraction) d’un calcul, introduisit l’index de la main gauche dans l’anus, la main droite sur 1 abdomen (de la femme), tenta de comprimer la tête pour la pousser dehors, ne voyant pas que le doigt introduit dans le rectum ne pouvait atteindre la tête, car la vessie n’étant plus sous la main 1 utérus se retire beaucoup, comme nous l’avons montré plus haut. C’est pourquoi il faut introduire la main, saisir la tête,

}, amener vers l’orifice de la matrice, y introduire un crochet et extraire. Après l’extraction du fœtus moyennant les crochets et son morcellement, il faudra, par des injections, relâcher et calmer les parties qui ont été irritées par la violence. S’il y a une hémorrhagie, ou s’il s’en produit une, on emploiera les remèdes convenables. Prescrire des remèdes propres à accélérer l’accou-

lations, comme nous l’avons dit plus haut. Si, après la décollation, la tcte reste cachée dans la partie inférieure, on l’amènera avec la main vers 1 orifice, et si elle est trop volumineuse, elle pourra être brisée et extraite moyennant un crochet qui y aura été appliqué. Si le fœtus avait ete coupe par morceaux, on placera sur une table les pièces extraites afin de bien vérifier qu’on n’a pas laissé dans la matrice un fragment qui pourrait causer un grand danger. . °

Que faut-il faire pour la parturiente qui a subi tant de souffrances et de lésions ? — Avant de bassiner avec l’huile toutes les parties (qui ont eu tant a souffrir), il faudra remonter par les moyens appropriés les forces de la malade, fortifier et dessécher toutes les parties.

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chement, comme d’autres et des disciples d’Hippocrate l’ont fait, est agir sans réflexion, car ni les feuilles du laurier desséchées infusées dans l’eau bouillante, ni le dictante, ni les baies du cèdre avec de l’anis et du vin doux vieux, ni les concombres couvert de cire et attachés avec de la laine rouge aux lombes ne peuven accélérer l’accouchement. Les moyens exposés ci-dessus enlevant l’obstacle (la maladie) accélèrent l’accouchement (« rot 81 xpoeijïr |tém Wlipam Xiiovxa xo xocéoc xal * adxoû Suaepystav Xim »)•

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