CHAPITRE VIII
JUSQU’a QUEL AGE LA FEMME DOIT-ELLE RESTER VIERGE?
Le mâle émettant seul la semence, il n’en résulte pour lui aucun danger dans le premier coït ; il n’en est pas de même chez la femme; quand elle reçoit la semence, elle conçoit ; la semence devient le germe d’un être nouveau, d’où il résulte un danger si elle n’a pas la maturité qui est nécessaire à cette fonction, ou si le coït a eu lieu trop tardivement. Nous traiterons cette question. Il en est qui pensent que la femme fait bien de rester vierge jusqu’à ce que l’appétit vénérien se soit éveillé en elle. La nature en agit ainsi chez les animaux ; il est un temps où ils sont portés vers le coït, il s’éveille chez eux un appétit vénérien qui les enflamme, afin que, par lui, le vœu de la nature puisse s’accomplir. Ce sentiment, qui est dans la nature même et non dans l’intelligence, les pousse à certains moments, à leur insu, vers le coït ; chez les hommes ce-moment n’a aucune fixité, car l’esprit est souvent poussé vers ces voluptés naturelles par des motifs bien divers. Les filles dont l’éducation n’a pas été modeste, qui échauffent des désirs prématurés par ces impulsions ne doivent inspirer aucune confiance. La femme doit rester vierge jusqu’à ce que la menstruation ait été bien établie spontanément. C’est là le signe qui indique que l’utérus peut, par ses propres ressources, remplir ses fonctions, dont l’une est la conception, comme cela a été dit plus haut. Au reste, il y a danger que la semence émise ne puisse être reçue dans un utérus dont la cavité est encore exiguë, ou que le
Pendant combien de temps les filles doivent-elles rester vierges ? — La nature avertit qu’elle doit attendre que la menstruation soit bien établie, car alors la matrice pourra accomplir sa fonction.
fœtus soit exposé à être gêné par compression pendant son accroissement, qu’il périsse ou qu’il perde sa forme, ou qu’au moment de l’accouchement il cause un danger en passant par des voies trop étroites à travers l’orifice de l’utérus. Il peuc se faire aussi que le fœtus ne puisse recevoir la nourriture qui lui est nécessaire puisque les vaisseaux utérins sont restés trop ténus et ne peuvent amener le sang nécessaire à la nutrition du fœtus. La menstruation apparaît vers la quatorzième année. C’est le moment normal où la nature indique que la conception peut se faire à la suite d’un premier rapprochement. Il est moins sûr qu’elle ait lieu après que de nombreuses années se sont écoulées, car le col de l’utérus est devenu flasque comme l’organe génital de l’homme quand ses fonctions ne sont pas accomplies. Par ces motifs, la semence normale projetée dans un utérus spacieux, bien disposé à grandir, ne peut apporter ni troubles ni dangers quand, au moment de l’accouchement, le fœtus devra franchir les étroitesses de l’orifice de la matrice. C’est pour ces motifs que nous avons exposé plus haut, que le moment le plus favorable pour le premier rapprochement est celui où l’organe destiné à la génération a atteint les perfections qui rendent la conception facile.