CHAPITRE IX
SIGNES QUI PERMETTENT DE DIRE QUELLES SONT LES FEMMES QUI PEUVENT ÊTRE FECONDEES
Comme la plupart des mariages sont conclus dans le but d’avoir des enfants, des héritiers, et non par volupté, il est parfaitement absurde de s’informer de la noblesse et de la richesse des ancêtres, et de ne pas s’inquiéter de savoir si une femme peut concevoir et est conformée pour accoucher normalement ; ce sujet nous parait assez important pour lui consacrer ce chapitre. Les femmes bien organisées pour la conception sont celles entre quinze et quarante ans, et un peu plus, celles qui ne sont pas osseuses, dures, épaisses et grasses, ni trop flasques ou humides ; l’utérus ressemble au corps, de telle façon que la grande densité et la dureté ne permettent pas une adhérence facile de la semence, et que là où il y a une grande flaccidité, le sperme s’écotile facilement; celles, au contraire, dont l’utérus n’est ni humide ni sec, pas trop perméable, mais pas trop resserré, qui sont régulièrement menstruées, ne perdant pas un liquide anormal ni une sanie, mais du sang, ni trop abondamment ni trop peu, dont l’orifice utérin est situé normalement au centre; car celles chez lesquelles il est incliné ou très profondément situé dans le vagin, il est moins favorablement disposé à l’attraction de la semence ; elles doivent avoir la digestion facile, pas de selles fréquentes ni liquides ; la cru-
Quelles sont les femmes aptes à concevoir ? — Celles qui sont habituellement menstruées avec exactitude, perdent un sang limpide et en quantité modérée, chez lesquelles l’orifice de la matrice se trouve à la proximité du rectum, dont le corps de la matrice n’est ni trop dur ni trop mou, dont l’esprit est droit avec un peu de gaieté.
MALADIES DES FEMMES. j
dite habituelle n’est pas favorable à la semence qui a été reçue; un flux de ventre peut produire l’expulsion du produit de la conception. Les femmes doivent avoir une humeur égale et gaie. Quelques-uns regardent comme disposées à une conception facile celles dont le visage change facilement de couleur sous l’influence de la tristesse ou de la joie, mais regardent comme nullement disposées à la conception celles qui ont un teint foncé; ils prétendent que chez elles il y a beaucoup de chaleur qui les dispose à l’appétit vénérien, qui rembrunit leur teint, chaleur qui brûle en quelque sorte et détruit la semence. D’autres disent que les femmes qui n’ont pas les lombes charnues et larges, qui ont des taches lenticulaires noires et un aspect viril ne peuvent concevoir; stériles aussi sont les femmes qui ont une tournure qui n’est pas celle de la femme, qui sont mal nourries, grêles ou grasses, âgées ou trop jeunes, celles qui ont eu l’organisme déprimé par l’administration de médicaments. On peut administrer des résines, la rue, les alliacés, la coriandre, et si l’odeur de ces médicaments monte à la bouche, on dit qu’elles ne peuvent concevoir, certainement pas facilement ; ces choses sont affirmées faussement, car une femme qui n’a pas les lombes charnues peut concevoir. L’odeur des suppositoires et des pessaires dont l’esprit seul a connaissance peut monter par les pores bien que la femme ne puisse concevoir. Bien plus, Asclépiade prétend que par un ulcère de la jambe, pansé avec de la rue, l’odeur du médicament peut être transmis à la malade. En somme, il est à désirer que tout le corps des femmes et l’utérus soient en parfait état, car de même qu’un champ maigre ne donne que de chétives moissons et des herbes d’une maturité incomplète et de mauvaise qualité, de même les parties génitales de la femme qui ne sont pas à l’état normal ne retiennent pas la semence, et celle-ci, quand elle est expulsée, les expose à un état de maladie grave qui peut les faire périr.