MOMENT LE PLUS FAVORABLE POUR LA CONCEPTION
corps ne souffre ailleurs, car il ne suffit pas que le désir vénérien existe, il faut encore que la constitution du corps soit dans un état parfait ; de même que souvent, pendant une mauvaise digestion, nous éprouvons le besoin de manger et si, à ce moment, nous donnons satisfaction cà ce désir, les aliments seront encore mal digérés, de même le désir vénérien ne suffit pas pour indiquer l’opportunité d’un rapprochement sexuel; il faut prendre en considération toutes les circonstances. Les femmes de mœurs dépravées sont toujours disposées à un rapprochement.
Le corps ne doit manquer de rien, toutes les parties doivent être en parfaite harmonie, et s’il en est une qui soit faible, il est probable que l’utérus est aussi plus débile ainsi que ses fonctions. Il ne faut pas que le rapprochement sexuel ait lieu si, dans le corps, il y a quelque défectuosité, à plus forte raison une maladie, comme une mauvaise digestion habituelle ou l’ivresse ; pour être en état de remplir ses fonctions, le corps doit être dans une situation naturelle, normale; il n’en est pas ainsi dans l’ivresse ou l’indigestion. Aucune fonction ne peut être accomplie dans ces états, surtout la conception. Le lieu où la semence adhérera doit pouvoir lui fournir sa nourriture. La semence est alimentée par la matière sanguinolente et aérée qui lui est apportée; dans l’ivresse et les mauvaises digestions, il y a une vapeur corrompue et une émanation d’air vicié. Il y a danger que la semence nourrie par un aliment qui n’est pas convenable se détériore aussi ; l’abondance des humeurs qui naît de l’ivresse dissout l’adhérence entre la semence et l’utérus; car dans l’ivresse l’abondance de la vapeur qui se disperse dans le corps a pour effet de rendre difficile la guérison des plaies ; la même cause trouble l’adhérence de la semence. Quelques changements dans la forme du produit de la conception ne sont-ils pas aussi causés par des modifications dans la disposition de l’esprit? Des enfants se sont produits ressemblant à des singes chez une femme qui, pendant le coït, avait regardé ces animaux. Le roi de Chypre, qui était difforme, forçait sa femme à regarder de belles images pendant le coït, et il a été père de beaux enfants; bien mieux, des éleveurs
de chevaux faisant saillir les juments de prix mettaient devant leurs yeux de très beaux chevaux. Afin que le fœtus n’ait pas l’esprit désagréablement impressionné par la vue de l’ivresse étrangère, que la femme soit sobre pendant les embrassements. Souvent les enfants ont une grande ressemblance avec les parents, non seulement par le corps, mais aussi par l’esprit ; une tranquillité parfaite est nécessaire pour que le fœtus ne ressemble pas à un homme ivre en délire. Il serait absurde de recommander à l’agriculteur d’éviter de jeter la semence dans des lieux humides et marécageux, et de penser que l’homme, supérieur aux animaux, peut jeter sa semence dans des corps abreuvés d’humidités et noyés pour ainsi dire dans leur abondance. Comme nous l’avons dit, le moment le plus opportun est celui qui vient après le traitement qui suit les règles ; après un léger déjeuner qui préparera l’excitation nécessaire à l’acte vénérien qui ne devra pas être contrarié par des aliments abondants ; le traitement qui suit la menstruation aura préparé la femme à conserver la semence introduite dans l’utérus. Le traitement qui suit la menstruation est utile à la diffusion des aliments aussi bien qu’à la réception de la semence et à sa conservation. Les impuretés de la veille auront été éloignées du corps qui possédera la quiétude nécessaire à la fonction nouvelle ; c’est ainsi que le laboureur ensemence son champ après l’avoir débarrassé de toute plante parasite ; c’est ainsi que nous conseillons de préparer le corps à l’importante fonction qui est le but de la nature. Ce qui n’est pas contraire à ce que nous venons de dire a été dit par nous dans notre livre d’hygiène (III), où nous avons parlé du moment le plus opportun et du traitement le plus convenable après la menstruation. Là nous avons parlé des généralités sur le coït et sur les hommes ; mais ici nous parlons essentiellement de la procréation des enfants, de sa cause et des soins qu’il faut y donner. Autant il est salutaire de réparer le corps après la perturbation que la copulation produit, autant il est nécessaire de lui donner du repos pour que la semence qui a été introduite soit conservée. Quelques auteurs anciens ont cherché à indiquer ce qui, dans les choses extérieures, est opportun : ils ont