‹ Traité des maladies des femmesChapitre 45 sur 114 · CHOSES NÉCESSAIRES POUR L’ACCOUCHEMENT · texte numérisé non relu

CHOSES NÉCESSAIRES POUR L’ACCOUCHEMENT

s’y reposer après l’accouchement ; elle se couchera sur le dos, les pieds rapprochés l’un de l’autre, les cuisses écartées ; on placera sous le siège un coussin pour donner aux parties génitales une direction inclinée. Il faudra calmer les douleurs d’abord par des frictions avec les mains chauffées, puis on enduira d huile douce et chaude, des flocons de laine qu’on placera sur les parties génitales, l’hypogastre et les aines, en laissant tomber goutte à goutte l’huile sur ces flocons de laine. On appliquera aussi aux pieds une vessie pleine d’huile chaude... L’accoucheuse introduira dans le vagin l’index de la main gauche, dont l’ongle aura été exactement rogné; elle circonscrira avec précaution l’orifice de la matrice qu’elle ouvrira doucement pour s’assurer si une partie de l’arrière-faix est près de s’engager; de la main droite, elle irriguera les parties, évitant avec soin de faire usage d’une huile qui aurait été rancie par la coction. Mais si l’arrière-faix, du volume d’un œuf, est engagé dans l’orifice utérin, on pourra aider l’accouchée, si elle est faible, en la faisant coucher pour Lui porter secours, ce procédé n’irrite pas la femme et ne l’effraie pas. Si la femme est robuste, on la prie de se lever et de se mettre sur le fauteuil et on lui fera une injection d’huile chaude... Afin qu’elle ne se refroidisse pas, on appliquera sur les pieds de quoi la couvrir. Il faut trois femmes comme aides et remonter son courage ; elles peuvent n’avoir aucune connaissance spéciale de l’obstétricie ; deux seront placées aux côtés, la troisième soutiendra le dos pour l’empêcher de s’incliner d’un côté ou de l’autre pendant les douleurs. A défaut de fauteuil obstétrical, la parturiente pourra être placée sur les genoux d’une femme robuste assise, pour que celle-ci la soutienne pendant les douleurs. La sage-

Comment faudra-t-il placer la femme ? — Elle sera couchée sur le dos dans le lit dur, les jambes pliées, les pieds réunis, les cuisses écartées ; quand on trouvera le chorion dans l’orifice utérin ayant le volume d’un œuf, on la placera sur le siège obstétrical. Si elle est trop fatiguée pour y accoucher, elle pourra accoucher dans le lit. Si on n’a pas de siégé obstétrical, on pourra la faire asseoir sur les cuisses d’une femme robuste pour accoucher.

femme garnie, modestement vêtue, à la partie supérieure et inféîieuie du corps, sera assise sur un siège plus bas que les parties génitales de la parturiente, car les tractions sur le fœtus devront se faire de haut en bas. Se mettre à genoux pour porter secours n est pas a conseiller, c est à la fois fatigant et inconvenant. Il en est de même du conseil qu’a donné Héron ; il proposait de creuser un trou pour s’y tenir debout afin qu’en aidant la femme la main agisse de haut en bas ; ce n’est pas tant l’indécence de cette situation qu’il faut mettre en relief, que l’impossibilité de la disposer dans une maison à deux étages. Que l’accoucheuse s’assoie en écartant les cuisses, la gauche un peu plus inclinée, pour que la main de ce côté puisse facilement porter secours à la parturiente placée comme nous avons dit; les parois du fauteuil qui sont sur les côtés doivent être fermées. L’aide placée du côté du dos de la parturiente devra veiller à ce qu’elle soit posée sur un linge plié en quatre, car le périnée devra être constamment soutenu à cause des procidences et des ruptures qui pourraient se produire sous l’effort habituel. On devra porter une grande attention au visage de la parturiente pour soutenir son courage et lui donner l’assurance que tout se passe normalement et qu’il n’y a rien à craindre. On devra l’exhorter à s’abstenir de cris inutiles, mais plutôt à retenir sa respiration pour employer toutes ses forces et ne pousser que des gémissements. Beaucoup de sages-femmes peu expérimentées portent plus d’attention à la partie supérieure du corps qu’à ce qui se passe à si partie inférieure, aux hernies qui peuvent être produites par des efforts. Pour ne gêner aucun mouvement respiratoire, il faut

Que faut-il faire avant de placer la femme sur le fauteuil ? — Il faut, pendant les douleurs, faire des fumigations chaudes, des irrigations des parties avec de l’huile chaude et des décoctions; elle pourra se promener, prendre un bain et de la nourriture, les anciens le recommandaient, mais nous ne le permettons pas, car pendant la promenade l’enfant est pressé, puisqu’il est près de l’orifice qui est aussi contus; le bain diminue les forces de la femme et refroidit son corps, la nourriture prise dans ces conditions n’est pas digérée et ne profite pas.

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enlever tous les liens qui étreignent la poitrine et donner à celle-ci toute la liberté d’expansion ; c’est, au reste, une opinion vulgaire que les femmes ne veulent être entravées par aucun lien. C est pourquoi les cheveux aussi devront être libres ; car, par le motif que nous avons dit, toute solution de continuité dans la chevelure donne une augmentation de la force. Il faut engager les parturientes à retenir l’haleine, et ne pas chercher à échapper aux douleurs, mais appliquer toute leur énergie à supporter ces inévitables souffrances. La sage-femme ne doit pas avoir le regard obstinément dirigé vers le ventre ou le visage de la parturiente ; qu’elle s’efface au contraire, qu’elle ne l’effarouche pas par pudeur, qu’elle ouvre l’orifice utérin avec le doigt ainsi que l’ouverture vaginale, qu’elle les dilate doucement et bientôt la tête descendra. Qu’elle soit prête à favoriser la dilatation avec les doigts et qu’elle attire enfin le foetus, quand il avance pendant la contraction de la matrice ; qu’elle ne l’attire que doucement quand la contraction aura cessé ; car si on fait cette manoeuvre pendant que la matrice se contracte, une inflammation, une hémorrhagie ou une descente de la matrice, pourront se produire. Les femmes qui sont placées sur les côtés devront soutenir légèrement le

Combien d'aides sont nécessaires avec la sage-femme ? — Il en faut trois ; deux sont placées à ses côtés pour qu’elle puisse s’y appuyer, la troisième est placée derrière elle pour l’empêcher de s’incliner à droite ou à gauche pendant les douleurs et pour l’exhorter à supporter courageusement les douleurs.

Comment et où devra se placer la sage-femme ? — Elle doit être vêtue avec soin, et si. l’accouchement doit se faire dans le lit, elle se placera un peu vers le bas du lit, de façon à pouvoir introduire facilement la main. Si l’accouchement devra se faire sur le fauteuil, elle se placera sur un siège plus bas de façon à pouvoir extraire facilement l’enfant des parties situées plus haut, ses pieds seront écartés pour que la main ne soit pas gênée dans ses mouvements, elle baissera la tête pour que la parturiente ne se cache pas par un sentiment de pudeur.

Avant tout, on dénouera les cheveux de la parturiente, ce qui donne un relâchement ; elle enduira d’huile l’index de la main gauche, elle circonscrira l’orifice, l’ouvrira pour que le chorion s’y engage; elle en-

ventre ; mais la sage-femme seule doit recevoir l’enfant; le déposer sur un linge ou sur un léger papyrus lissé, comme chez les Égyptiens, veiller à ce qu’il ne tombe pas, ne soit pas pressé, mais soutenu doucement. Les secondines ayant été expulsées, il faudra faire le reste; si elles sont encore retenues, l’enfant sera déposé près de sa mère.

(Ici plusieurs chapitres ont été perdus).

couragera la parturiente par de douces paroles, la priant de ne pas crier, mais faire en sorte que tous ses efforts tendent vers les parties inférieures, surtout pendant l’acuité des douleurs. On recommandera à l’assistante placée derrière les femmes de soutenir l’anus avec un linge pendant les efforts. Si la membrane tarde à se rompre, on la grattera avec l’ongle, puis en y introduisant le doigt pour agrandir cette ouverture, en ayant soin que l’enfant ne tombe pas dehors subitement. Lors de la dilatation de l’orifice, il faut veiller à ce que la tête sorte sans contusion et naturellement, quelquefois les jambes1 font saillie, l’accoucheuse devra les saisir et si elles sont croisées les amener droites pendant que la matrice s’ouvre, ne pas faire d’effort quand elle se contracte, afin que le mouvement ne cause ni douleur ni écoulement de sang ; les aides placées sur les côtés appliqueront leurs mains doucement, sans pression sur les côtés quand l’enfant commence à sortir, l’accoucheuse le prendra avec la main garnie d’un linge, il est à souhaiter que les secondines arrivent en même temps.

i. Dans l’édition de Dewez il est dit : « prodeuntibus femoribus, ouopaviov •/.al tüSv urjpüv ». Dans le manuscrit Rose il est dit uumeris (erreur d’impression).

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