DE LA RÉTENTION DES SECONDINES
Le chorion reste souvent dans la matrice après la naissance de l’enfant, et il cause des accidents ; l’utérus peut se retourner et se contracter tout autour du chorion, occasionner des douleurs de tête et du bas-ventre, des spasmes et des suffocations ; quelquefois le fœtus reste adhérent à la mère parla continuité du cordon, quelquefois celui-ci est rompu ; dans le premier cas, c’est par une expectation trop prolongée; dans le second cas, par trop de hâte de la part d’une sage-femme maladroite ; quelquefois le cordon reste caché (après l’accouchement), d’autres fois, il y a eu procidence partielle. Hippocrate employait les sternutatoires et la compression des narines pour que l’air pressé dans la profondeur comprime l’utérus et fasse sortir le chorion. Euryphon de Cnide employait les diurétiques, le dictame, la sauge et des pessaires emménagogues, et le struthio et l’iris d’Illyrie et des cantharides avec du miel, et soumettait la femme à des succussions en l’at-
Si les secondines ri arrivent pas, que faut-il faire ? — Si l’orifice est encore ouvert, l’accoucheuse introduira la main gauche et dans quelque partie de la matrice qu’elles se trouvent, si elles sont détachées de la matrice, elle les saisira et les amènera avec le secours des contractions de la femme ; si elles sont encore adhérentes, elle fera de légers mouvements à droite et à gauche, elle les amènera en suivant la direction de la matrice. S’il y a du retard, l’enfant sera confié à une autre femme qui coupera le cordon. Si la matrice est contractée et ne permet pas l’introduction de la main et qu’elles ne puissent sortir, on emploiera les sucs et les injections dont on fait usage dans les irritations de la matrice, de cette façon on obtiendra le relâchement de toute contraction et ce que la matrice renferme tombera.
tachant à une échelle. Evenor et Sostrate et Apollonius de Prusia disent qu’il faut saisir la partie proéminente avec une pince et l’extraire ainsi. Dio emploie aussi des potions avec de la sauge et de la myrrhe et de la semence d’apia. Quelques-uns font des fumigations avec du bitume, des cheveux humains, de la corne de cerf, du galbanum, de la nigelle et de l’armoise. Straton, disciple à’Erasistrate, met dans une petite marmite en argent ou en bronze étamé, avec un couvercle en étain, les substances aromatiques suivantes : du nard, de l’acacia ou de la marrube, de l’artémise, du dictame, de l’huile de susinum, de roses et du miel. Après avoir affermi le couvercle, il y plante un petit tube dont le bout est introduit dans les parties génitales de la femme et il chauffe un peu la marmite. Manteas place l’enfant sur les cuisses de l’accouchée pour que par les mouvements propres à sa nature il soit attiré ; quand n’est pas maintenue la continuité entre l’enfant et le chorion, il fait attacher un poids au cordon pour le détacher par cette traction. Toutes les méthodes que nous venons de mentionner sont vicieuses, la violente impulsion par les sternutatoires détermine un écoulement de sang considérable, puis des accidents nerveux qui peuvent devenir dangereux. Les potions troublent les fonctions de l’estomac, les suppositoires peuvent léser la muqueuse et produire des ulcères et amener des convulsions sympathiques, et l’extraction du chorion avec la pince peut causer de l’inflammation à cause de la violence employée ; il peut se faire aussi que l’orifice utérin reste fermé et qu’aucune portion du chorion ne soit enlevée ; les fumigations peuvent produire de l’acrimonie, une augmentation de l’inflammation; elles rendent la tête lourde. Pour le même motif, les
Quels sont les moyens que les anciens employaient dans la rétention des secondines? — Les sternutatoires, la suspension à une échelle; ils donnaient aussi des potions pour les faire sortir, ils employaient des aromates, mettaient des pessaires qui pouvaient déterminer un écoulement de sang, ils attachaient aussi des poids au cordon. Nous rejetons tous ces moyens qui peuvent causer des irritations dans les parties, on obtient l’effet sans dilatation et sans écoulement de sang.
de la rétention des secondines.
fumigations avec les aromates sont inutiles et le tube introduit dans le vagin peut produire de violentes brûlures. Nuisible aussi est la traction violente produite par le plomb : elle augmente l’inflammation là où elle est déjà. La ligature du chorion avec un fil de lin échappe, si elle n’est pas serrée ; si elle 1 est, elle éveille des douleurs sympathiques et des lipothymies.
Très souvent aucune portion du chorion n est proéminente. De plus, l’extraction produite par les mouvements de 1 enfant est nuisible, car elle doit être faite adroitement. C est pourquoi, si le cordon ombilical est conservé, il faudra confier 1 enfant aux mains d’une assistante et enlever le linge (qui couvre 1 accouchée). Et chaque fois qu’il faudra introduire la main, elle ira le long du cordon, comme guide, jusqu’à l’adhérence du placenta ; il faudra, en recommandant à l’accouchee de coopérer a 1 operation, introduire la main jusqu’au placenta, la porter legerement et sans effort tout autour de lui et le détacher sans faire de déchirures. Si l’opération exige un certain temps, il faudra détacher l’enfant et agir comme nous venons de le dire. S’il n’y a pas adhérence, il faut également détacher l’enfant. (Le cordon) qui est pendant devra être saisi et attiré doucement en suspendant la traction quand l’orifice se resserre ; en le reprenant quand il s’ouvre de
Que faut-il faire après l’accouchement ? — On appliquera des éponges sur les parties externes, l’accouchée sera mise dans son lit placé dans une chambre médiocrement éclairée, les jambes un peu écartées, pour ne pas gêner l’écoulement de ce qui doit sortir, on placera un tissu de laine sur les parties qui pourra être changé souvent. Sur le siège on mettra des tissus de laine propres qu’on rabattra sur le ventre, et si les parties ont été contuses, on les bassinera avec de l’huile verte mélangée d’un peu de vin. Si le travail a été laborieux, on bassinera les parties avec de l’huile chaude ; pendant deux jours l’accouchée ne prendra pas d’aliments, le troisième jour on donnera un aliment liquide chaud, et après avoir fait les onctions huileuses, on lavera la face, puis on donnera un potage au pain ou des pâtes, des œufs tendres, de l’eau chauffée comme boisson. Si jusqu’au septième jour il ne survient aucun incident, on pourra donner un bain, une nourriture variée avec du vin coupé d’eau.
nouveau. Si rien ne proémine (si le cordon a été séparé, arraché du placenta), il faudra introduire la main bien huilée dans l’utérus et si l’adhérence a été rompue et si le chorion s’est enroulé dans l’utérus, il faut le saisir et l’attirer ; si, les doigts étendus rencontrent des adhérences il faut les avancer doucement entre le chorion et la matrice tout à l’entour et les rompre ainsi. Ceux qui maladroitement font des tractions directes produisent des inversions utérines. Mais si les secondines ne cèdent pas à des tractions modérées, l’orifice utérin s’étant fermé, ou si une inflammation est survenue, il faut chercher à obtenir la guérison en employant des injections, des cataplasmes appliqués sur les parties et une nourriture douce. Quand l’inflammation aura cessé, ce corps étranger putréfié par l’humidité sortira. Il en est de même ici que dans les luxations articulaires dont la réduction ne cède aux tractions que quand l’inflammation a été calmée, à moins, toutefois, que des racines nées de strumes n’aient fait pousser des racines (adhérences) qui le retiennent, et que quelques-uns laissent jusqu’à ce qu’elles aient été dissoutes par la putréfaction dans l’humidité. Le chorion dont l’adhérence à la matrice est constituée par des vaisseaux doit être extrait par la force, il ne faut pas espérer le relâchement lorsque la putréfaction a commencé à se faire peu à peu à sa circonférence.
(Ici il manque un, deux ou plusieurs chapitres. — Note d’Ermerius; Rose, nos 69, 70, pages 25 et 26).
Comment saurons-nous que les lochies ont été assc\ abondantes ? — En ce qu’il s’écoule d’abord beaucoup de sang, puis un liquide épais moins abondant et enfin un liquide purulent.
Si, par suite d’efforts et de tensions, il se fait des ruptures que doit-on faire? — Après quelques jours, on appliquera des cérats qu’on fait en ajoutant à la cire de l’huile de roses, des écumes d’argent, de la céruse et de l’alun rond ; on le fait soi-même.