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CHAPITRE XXVIII

DE l’eMMAILLOTEMENT

Après l’aspersion de l’enfant avec le sel et les lotions, il faudra procéder à son enveloppement. Antigènes décrit de la façon suivante la manière usitée en Thessalie : on emploie un bois long et excavé dans le milieu de sa longueur, on y place une natte rembourée avec de la paille et du foin ; l’enfant y est couché, enveloppé jusqu’aux lombes par un linge et des bandes ; pour les fixer, on se sert du bois excavé qui doit avoir sur les côtés des ouvertures par lesquelles passent les chefs de la bande qui doit servir de lien. Ce mode d’enveloppement est dur et très mal supporté, car chaque partie du corps a sa forme spéciale à laquelle il faut adapter une déligation qui lui convienne; si des parties du corps sont déformées, ilfaudraiten disposer la déligation de façon à ce qu’elles soient redressées ; si un membre trop comprimé s’était gonflé, il faudra fomenter avec de l’eau qui a été bouille avec de la céruse, ou Fonctionner avec une pommade avec de la litharge; la nourrice placera sur ses genoux l’enfant couvert de laine ou d’un autre tissu, afin qu’il ne se refroidisse pas pendant

Comment faut-il emmailloter l’enfant ? — L’enfant sera placé sur les genoux de la sage-femme et, avec des bandes en laine propre et suffisamment longues, chaque membre sera successivement enveloppé en commençant par les extrémités en ayant soin de ne pas les serrer trop. Les mains et les bras seront appliqués sur les côtés de la poitrine, les pieds, les jambes et les cuisses seront ensuite enveloppés, les deux extrémités inférieures jointes ensemble en ayant la précaution de garnir avec de la laine les pieds et les genoux pour que les saillies osseuses ne soient pas comprimées, le tout contenu avec une bande plus lâche et enveloppé d’une couverture.

l’enveloppement des diverses parties du corps ; on fera usage de bandes propres en laine, douces et pas trop usées, les unes ayant une largeur de trois doigts, d’autres de quatre doigts ; elles seront en laine à cause de leur souplesse et parce que des bandes en toile serrent trop quand elles sont mouillées par la sueur ; les bandes molles ne blessent pas les parties, si délicates qu’elles soient, et les protègent bien ; elles seront peu épaisses, sans mauvaise odeur; quand elles sont imbibées de nitre, elles ne causent pas d’irritations superficielles. Les bandes neuves sont lourdes, les bandes usées sont un peu froides, ont des inégalités et se déchirent facilement ; elles ne doivent avoir ni inégalités ni ourlets, pour ne pas excorier la peau ; elles ne doivent pas avoir des inégalités pour ne pas comprimer certaines parties plus que d’autres; elles doivent être suffisamment larges; trop étroites, elles peuvent produire des coupures; trop larges, elles compriment mal et font des plis ; avec une largeur de trois ou quatre doigts, elles s’adaptent partout; il en faut pour les membres et d’autres pour la poitrine. Le chef de la bande sera saisi et appliqué sur l’extrémité des doigts, puis sur la main, le carpe, l’avant-bras et le bras par des circulaires successifs ; on exerce une pression légère sur le carpe puis sur le reste des membres jusqu’aux aisselles sur lesquelles on n’exerce aucune pression ; l’autre membre supérieur sera enveloppé de la même manière; pour envelopper la poitrine, on se servira de bandes plus larges, et on fera avec elles quelques tours circulaires ; chez les petites filles on fera près des mamelles des tours un peu plus serrés, plus lâches dans la région lombaire, car cette forme de déligation est plus conforme à la nature des femmes. Ceci fait, il faudra envelopper séparément chaque membre inférieur ; si on les enveloppait ensemble on s’exposerait à produire des ulcérations ; la pression des deux membres l’un contre l’autre, bien que les surfaces soient planes et molles, entraînerait facilement de la chaleur, à la suite de laquelle il peut arriver de l’inflammation et de l’ulcération. Il faut envelopper les orteils, les pieds, lâchement les mollets, serrer davantage aux genoux, aux jarrets, aux tarses et aux malléoles;

DH l’eMMAILLOTHMENT.

les extrémités des pieds seront plus lâchement enveloppées, plus serrées au milieu des membres. Cela fait, les bras seront appliqués sur les côtés de la poitrine, les deux pieds l’un avec l’autre; de larges bandes envelopperont doucement l’enfant de la poitrine aux pieds. Les mains, appliquées sur les côtés du corps, s’habitueront à la situation étendue. Les déligations journalières des membres rendent les nerfs plus forts, de sorte qu’aucune ankylosé ne peut survenir. L’enveloppement des mains a pour effet d’empêcher leurs mouvements irréguliers, car souvent les enfants portent les mains sur le visage et peuvent léser les yeux. Entre les malléoles et les genoux il sera bon de placer un peu de laine, ainsi qu’entre les bras (et la poitrine) pour éviter toute pression des parties saillantes. La tête sera couverte par un circulaire en laine ou simplement avec une compresse de laine bien propre. Après avoir fait la déligation que nous venons de décrire, il faudra couvrir l’enfant avec un tissu de laine, simple ou double, de façon que l’enfant soit enveloppé totalement, la tête exceptée, avec une bande d’une largeur de cinq doigts. Après cela, on pourra mettre sous l’enfant deux pièces de tissu de laine superposées, l’une plus grande qui enveloppera tout le corps, l’autre plus petite qui n’enveloppera que les lombes pour recevoir les déjections ; car bien que cela soit désagréable, il faut recouvrir le thorax et l’épigastre avec de la laine pure ; quant aux autres parties, il faut les soigner comme nous l’avons dit.

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