‹ Traité des maladies des femmesChapitre 55 sur 114 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

MANIÈRE DE COUCHER i/eNFANT

Il faut ensuite coucher l’enfant, non sur un corps solide et dur, comme font les Thraces et les Macédoniens, qui lient l’enfant sur une petite planche en y comprenant la tête et l’occiput, pour produire une extension de tout le corps. Il résulte de ce procédé des ulcérations et des contusions à cause de la dureté du couchage, et aussi une déformation de la tête qui, bien que cette forme paraisse belle, ne peut s’obtenir sans danger et que sans le vouloir la forme normale puisse lui être rendue à l’époque des bains et sous l’influence d’un coucher mou. Il faut donc le placer dans un lit médiocrement mou, car en cas contraire, il peut survenir une incurvation considérable de l’épine dorsale et de la colonne cervicale. Il faut donc coucher l’enfant sur un coussin rembouré de plumes, sinon de paille molle, sur lequel il puisse reposer doucement. On fera au milieu une dépression en forme de canal pour qu’il puisse se retourner commodément. La tête sera un peu élevée pour que les déjections se dirigent vers la partie déclive. La couverture sera ce qu’exigera la saison de l’année, plus ou moins chaude; afin que l’air puisse un peu pénétrer pour le rafraîchir et changer son atmosphère; à cet effet, il en est qui mettent dans la couchette des lauriers ou des myrtes pour par-

Oh faut-il placer l’enfant ? — Dans un lieu suffisamment chaud où il n’y ait aucune odeur, et peu de jour, la couchette sera creusée, pas trop molle afin que le cou et la colonne vertébrale reposent bien et que la tête soit bien soutenue.

Quand faudra-il donner de la nourriture a l’enfant? — Quand il se sera bien reposé de sa commotion, après huit ou dix heures.

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fumer l’air; d’autres ont rejeté ces aromates à cause même de l’odeur, qu’ils considèrent comme irritante. Dans la chambre à coucher l’air devra être pur et médiocrement chauffe, ne renfermer aucune exhalation irritante ; les mouches sont aussi un excitant de l’esprit. L’emmaillotement étant terminé, on couchera l’enfant. On le laissera reposer, et pendant deux jours on ne lui donnera aucune nourriture; il n’est nullement agité, il est encore tout saturé des aliments maternels qui devront d abord se distribuer dans tout son corps ; pour commencer à lui donner quelque aliment, il faudra qu’il manifeste de l’appétit, dont nous indiquerons les signes plus loin. Après ce temps, il faudra choisir les aliments qu’on pourra lui donner ; évitez le beurre, il est lourd sur l’estomac et ne convient pas, ni l’aurone (àêpoxovov, abrotonus), la citronelle avec du beurre qui est rendu acre et trouble l’estomac, ni mêlé à la bouillie ; le cresson de fontaine, qui est âcre, produit de l’inflammation et rend la digestion absolument impossible ; mais donner du miel modérément cuit, car s’il est cru, il causera des flatuosités, et est âcre, il l’est plus quand il est trop cuit. Quand il est peu cuit, il purge l’estomac et les intestins. Il faut en enduire légèrement le doigt et le donner à teter et enduire légèrement la bouche, puis donner à boire un peu d’eau miellée ; la matière visqueuse est liquéfiée et l’appétit se manifeste ; la voie de la déglutition est perméable. Ces substances (épaisses) étant enlevées, de légers purgatifs peuvent être administrés, et la nutrition du corps peut se faire. Le lendemain de la purgation, il faudra donner à l’enfant du lait de la mère si celle-ci est prête à l’allaitement, car le lait maternel est ordinairement mauvais jusqu’au quatrième jour, il est épais, peu nutritif et caséeux, par conséquent de digestion difficile et peu facile à faire couler chez celles qui ont été malades et dont la santé a été

Quelle sera la première nourriture? — Une substance que l’estomac pourra supporter, purger l’enfant, et le nourrir en même temps ; ce sera un peu de miel qui aura été cuit modérément; car le miel cru est astringent et produit des gaz ; si le miel était trop cuit, il resserrerait l’enfant.

troublée ; celles qui ont été affaiblies par un accouchement (dilficüe) comme nous verrons plus loin, qui sont débiles, pâles par suite de grandes pertes de sang et qui ont de la fièvre, peuvent difficilement nourrir, il serait absurde de le leur prescrire avant que le corps ait recouvré sa force sous l’influence d’un repos convenable. C est par ce motif que Démosthène est blâmable en conseillant aux mères de nourrir de suite, avant que la nature ait disposé l’organe à cette fonction et que l’enfant en ait besoin ; sont blâmables aussi ceux qui suivent ces conseils et qui ont dit que ce livre est digne d 'Apollon lui-même, cherchant par des sophismes à combattre les enseignements même de l’expérience. Si la mère est prête à donner un lait abondant, elle ne devra donner que du miel pendant les trois premiers jours et y mêler aussi un peu de lait de chèvre ; puis elle lui donnera son lait, après avoir fait d’abord sucer son sein par un enfant ; il est dangereux de faire couler le lait en faisant (sur le sein) de légères pressions, car la matière épaisse pourrait difficilement être amenée par la succion du nouveau-né, et pourrait s’accumuler dans la bouche à cause de la mollesse des gencives. Suivant les circonstances, il faudra choisir la nourrice qui parait être la meilleure, car la mère ne peut pas toujours nourrir, quoiqu’elle le désire, et cependant le lait maternel est la meilleure nourriture de l’enfant, et les mères préfèrent aussi leur nourrisson. Après la naissance comme avant, l’enfant reçoit par la nature la nourriture de sa mère. S’il survient un empêchement, il faut, parmi les nourrices, choisir la meilleure, de peur que la mère ne vieillisse avant l’âge, épuisée par une succion quotidienne. Il en est ici comme du champ après la moisson ; s’il est épuisé, plus tard il devient stérile ; une femme

Comment donner le miel à l’enfant ? — On enduira le doigt et le bout du sein avec de l’eau miellée tiède qu’on instillera, on pourra lui donner de même le lait.

Après l’accouchement, faudra-t -il donner à l’enfant le lait de la mère ou d’une nourrice ? — Le lait de la mère n’est pas si avantageux que le lait d’une étrangère, car le lait de la mère est altéré par les fatigues de l’accouchement, il purge mal, il est gras et peu facile à digérer.

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