‹ Traité des maladies des femmesChapitre 59 sur 114 · IO · texte numérisé non relu

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il ne doit pas avoir d’odeur, ni mauvaise, ni caséeuse, ni acide, ces caractères sont ceux d’humeurs mauvaises. Sa consistance doit être légère, ne renfermer que des parties homogènes, ne point avoir de fibres ni de stries rouges et charnues qui se digèrent difficilement. C’est par la cuisson qu’on apprécie s’il est épais ou s’il se coagule peu ; un liquide ténu et aqueux nourrit peu et trouble le ventre. Celui qui est épais se coagule facilement et se dissout difficilement, et par cette raison principalement il détermine l’occlusion des pores de la vie; quand il est de consistance inégale, trop liquide ou trop épais, il cause un péril pour la vie. La consistance moyenne du lait se reconnaît de la manière suivante : on en laisse tomber une goutte sur l’ongle ou sur une feuille de laurier ou sur une autre surface analogue, elle s’étend lentement, reste en place quand on imprime un mouvement ; ce qui coule est sa partie aqueuse, ce qui comme le miel reste sans mouvement est la partie solide. Cette partie, qui s’est réunie, persiste ainsi pendant quelque temps quand même on y a ajouté double quantité d’eau et elle conserve jusqu’à la fin sa couleur blanche; ce qui s’était dissous de suite est la partie aqueuse ; elle est plus mauvaise, si elle se partage en filaments comme une lavure de chair qui est aussi difficile à digérer. Ce qui après un bon moment reste non altéré dans sa forme et jeté dans un vase d’eau gagne le fond, est dur et se digère difficilement. Nous pouvons aussi apprécier le lait par le goût: qu’il soit doux et agréable à la bouche; s’il est aigrelet, ou acide, amer, salé, et un peu âcre, si, instillé dans l’œil, il produit un sentiment d’âcreté, il est mauvais, il doit se conserver pendant quelque temps. Il est très bon s'il ne s’aigrit pas vite; quand il caille, il ne doit pas laisser beaucoup de sérum, même pas du tout. S’il possède ces qualités, c’est un bon aliment, mais quand il s’est caillé, s’il est très aigre et a donné beaucoup de sérum, c’est un mauvais aliment. Il est mauvais encore s’il écume, car la vapeur cause des flatuosités quand ce lait est introduit dans le corps, c’est aussi un signe que le lait est dense, cela est prouvé aussi par la persistance des bulles, car l’esprit du lait est empêché de se dissiper en peu de temps par la

densité du liquide. On a beaucoup discuté sur les preuves des qualités du lait. Un grand nombre de médecins disent que (pour juger le lait) la nourrice doit n’avoir commis aucune faute dans son régime, que sa digestion doit avoir été bonne, qu’elle ait dormi suffisamment et que les évacuations aient été faites avec régularité, qu’elle soit à jeun, qu’elle n’ait pris aucun médicament ni rien qui en tienne lieu ; car le lait est bon de sa nature, mais un mauvais régime peut facilement en altérer les qualités, ainsi une mauvaise digestion peut le rendre fétide, pas toujours, il est vrai ; d’autres proposent de juger les qualités du lait après une digestion mauvaise, et que le meilleur lait est celui qui n’est pas modifié par ces conditions, et que celui-là, au contraire, est le plus mauvais qui, avec un régime normal, perd ses qualités ; que celui qui par un bon régime les a de nouveau recouvrées tient le milieu, et qui, s’il continue à les conserver, peut être comparé au meilleur.

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