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QUEL EST LE REGIME A PRESCRIRE A LA NOURRICE

L’examen de la nourrice n’est pas une chose indifférente, afin de s’assurer que l’enfant ne soit pas rendu malade par un lait altéré ou insuffisant, et que le nouveau-né reçoive ce qui lui est nécessaire, que sa gorge ne puisse être rendue malade par la succion et qu’il reçoive ce que demande son appétit. Il convient donc d’éviter (à la nourrice) un trop grand repos du corps, sous l’influence duquel son lait peut devenir trop épais et de difficile digestion. Il lui faut donc de l’exercice, assurément pas ceux des athlètes 1 qui sont laborieux et qui consument les matériaux de

Quel devra être le genre de vie de la nourrice ? — Pour continuer à jouir d’une bonne santé, elle devra suivre les coutumes habituelles, elle devra prendre des bains et faire les onctions comme tout le monde pour entretenir sa santé, elle devra prendre une nourriture suffisante, éviter l’ivresse et les indigestions, en un mot, tous les excès. Elle devra exercer particuliérement les parties supérieures du corps et les mains, parce que cela est favorable à la sécrétion du lait; elle devra éviter d’avoir des rapports avec son époux, car le coït pourrait avoir pour effet de réveiller la menstruation qui aurait comme résultat de tarir le lait. Dans les commencements, sa nourriture sera simple, elle ne boira que de l’eau afin que son lait ne devienne pas trop épais et difficile à avaler pour l’enfant dont le gosier est étroit ; à mesure que l’enfant se fortifiera, elle prendra aussi une nourriture plus solide, elle ne devra pas commencer à prendre des aliments confits et ne boire du vin que quand l’enfant aura la force nécessaire pour supporter sans préjudice ce régime.

i. Juvénal décrit ces exercices dans la VIe Sat., v. 247. Ce conseil est donc fondé.

leur organisme qui doivent être maintenus en bon état, car la quantité du lait ne tarderait pas à subir une diminution ; mais il lui faut un exercice modéré et léger. C’est pourquoi, après son réveil, elle ne devra sortir de son lit qu’après avoir constaté que la digestion de ses aliments était achevée, son hypocondre léger et le ventre lâche, les éructations insipides, pas acides ; après le temps donné aux évacuations, elle sortira pour se promener, puis monter à cheval. Elle aura soin d’exercer son corps de façon que tous les membres soient mis en mouvement, mais surtout les membres supérieurs, afin que la majeure partie des aliments soit amenée aux membres supérieurs. Parmi ces exercices nous citerons celui de la boule creuse, le jet de haltères légers. Les pauvres devront s’exercer à la rame ou à puiser de l’eau au puits avec un seau ou une lanière, pétrir la pâte pour le pain, faire les lits, exercices qui exigent que le corps se maintienne un peu courbé. Aux parties supérieures du corps, où sont attachées les mamelles, arrivent le plus d’éléments nourrissants par lesquels la sécrétion du lait est augmentée. Il convient que les mamelles ne soient jamais serrées, afin que la sécrétion du lait ne soit pas gênée, surtout pendant les exercices, où tout le corps est en mouvement. Après les exercices il faudra leur faire des onctions, seulement sur les seins; les bains rendent le lait aqueux, qu’ils soient froids ou chauds. Parmi les aliments, il faudra éviter ceux dont les sucs sont mauvais, qui nourrissent peu et qui sont de digestion difficile, préférer ceux qui ont bon goût, qui nourrissent

Comment se fait-il que l’enfant supporte mal le régime du vin de la nourrice, alors que sa mère se portait bien en en buvant pendant sa grossesse ? — La raison en est que pendant que l’enfant était dans l’utérus, la mère lui transmettait un lait préparé pour lui pris dans sa propre substance et où ne se trouvait pas ce qui eut pu être (pour lui) de digestion difficile. C’est ainsi qu’un rejeton attaché à l’arbre dont il tire sa nourriture soutient très bien un orage, tandis que, quand il a été transplanté, ne se soutenant que par lui-même, il est molesté par un vent médiocre qu’il ne peut supporter.

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