MALADIES PROPRES A LA FEMME
les parties du corps. Themison et Thcssalus nient la spécialité des maladies des femmes. Cette dernière opinion est aussi la nôtre, et nous disons que les autres se trompent dans leur démonstration. Notre corps n’est pas un composé triple, la matière n est pas distincte, les causes prédisposantes sont l’abondance du sang, sa concentration le faisant transvaser ou se resserrer. Il 11’y a pas sept espèces de maladies, comme nous l’avons démontré ailleurs par beaucoup d’arguments. Il peut se faire que dans la composition de leurs éléments, il y ait dans les organes féminins une petite différence, mais cette différence peut exister aussi dans beaucoup de parties diverses, comme l’affirme Erasistrate, en parlant de la composition spéciale des éléments, qui, bien que différant les uns des autres, peuvent être affectés diversement, une partie souffrant d’astriction, l’autre de fluxion. Les arguments contre Hérophile et contre Asclépiade ont une égale valeur : ce dernier se trompe sur les éléments et sur l’étiologie en disant qu’il ne comprend pas la cause de toutes les maladies, puisque la faim canine, l’hydropisie et la fièvre par épuisement peuvent procéder d’une autre cause. Une maladie spéciale à la femme peut exister par elle-même et non par une cause générale, comme une difficulté dans l’accouchement. En affirmant simplement, ces auteurs ont dit vrai, mais leurs démonstrations sontfausses. Nous disons qu’il y a des maladies qui naturellement sont propres à la femme, comme d’accoucher et d’allaiter, qui, quand elles atteignent ces fonctions, ne sont pas contre nature au genre dont elles atteignent seulement l’espèce, mais ce qui appartient au genre est ce qui est commun à l’homme et à la femme, l’astriction et la fluxion, qu’elles soient aiguës ou chroniques, qu’elles arrivent à des temps divers, qu’elles soient étendues ou non, entraînant des différences dans la déperdition des forces, l’intensité des plaies et des ulcères. Ces maladies spéciales ont leurs différences propres, et des symptômes divers. Elles réclament aussi une thérapeutique particulière dont nous exposerons les règles.
maladies des femmes.