CHAPITRE XL VIII
DE LA RÉTENTION DES MENSTRUES OU DE LA MENSTRÜATION PARCIMONIEUSE, ET DES DOULEURS QUI EN SONT LA SUITE
Parmi les maladies qui devront être soumises à un traitement diététique, nous citerons tout d’abord l’absence du flux menstruel, puisque la menstruation est la première fonction de l’utérus. L’absence de menstruation doit être soigneusement distinguée de V écoulement douloureux qui ne se fait que goutte à goutte ; la rétention complète dénote la cessation de la sécrétion menstruelle qui se fait dans l’utérus ; l’ écoulement douloureux qui se produit goutte à goutte dénote un empêchement à l’ écoulement du liquide sécrété. L’absence de menstruation n’est donc pas la même chose que la rétention du liquide sécrété. La rétention a toujours pour effet l’absence de flux menstruel, mais l’absence de flux menstruel n’est pas toujours l’effet d’une rétention, comme chez les femmes jeunes ou vieilles ou d’autres ; il est donc absurde de parler de rétention des menstrues chez celles où n’existe pas de liquide sécrété qui doive être excrété. N’être pas menstruée est un état commun à celles qui sont contre nature et à celles qui sont conformes à la nature, cela forme le genre ; Y espèce com-
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De la rétention des menstrues ; de celles qui sont menstruées goutte à goutte et avec douleur. — Il y a beaucoup de causes qui empêchent les femmes d’être menstruées. D’abord il y en a qui ne jouissent pas d’une bonne santé et qui naturellement ne sont pas menstruées ; d’autres en sont empêchées à causq de leur âge, la jeunesse et la vieillesse ; d’autres consomment dans des exercices de la voix le sang destiné à la menstruation, les cantatrices et les viragos; à la lin du mois il ne reste plus de sang pour la menstruation. D'autres sont affligées d’une
RÉTENTION DES MENSTRUES
prend celles chez lesquelles le flux menstruel est empêché par une cause ou une autre. Parmi celles qui ne sont pas menstruées, les unes ne le sont naturellement pas, et ne sont pas malades, la cause peut être : leur âge, la jeunesse, la vieillesse ou une grossesse; d’autres, des viragos, sont stériles, d’autres se sont livrées au chant ou à d’autres exercices, où rien de superflu de 1 économie ne peut être excrété parce qu’il est consommé par les exercices ou converti en chair; d’autres sont affligées de maladies de 1 utérus, ou du reste du corps, peut-être des deux; l’utérus peut être atteint d’atrésie, de maladie de callosités, de squirrhe ou d’inflammation; une ulcération (ancienne) peut avoir entraîné l’occlusion de l’orifice par voie cicatricielle ; l’occlusion peut aussi être produite par d’autres causes, un long veuvage; l’utérus peut être fléchi. D’autres états morbides peuvent aussi avoir eu leur influence : une nutrition défectueuse et un épuisement des forces, une cachexie, un fort embonpoint, un mauvais 'état habituel de santé, des fièvres et une maladie longue, des hémorroïdes, des hématémèses et des épistaxis, les matériaux s’échappant par ces voies. Il faut donc s’enquérir de l’âge pour savoir s’il y a quelque concordance. La grossesse sera diagnostiquée par les signes que nous avons exposés plus haut. Les viragos se diagnostiquent par la vue et par les interrogations sur le genre de vie, il faut noter aussi celles qui, quoique bien portantes, ne sont cependant pas menstruées. Il y a aussi des affections des parties génitales (qui empêchent la menstruation) : une tumeur étrangère qui se montre avant le temps de la menstruation, et qui n’empêche pas que la santé soit florissante, une lourdeur dans la région lombaire ou
maladie générale ou locale, sont grêles, d’autres sont trop grasses ; chez d’autres enfin l’orifice utérin est fermé ou est devenu calleux par suite de la cicatrisation d’une plaie.
Toutes ces causes sont manifestées par les signes suivants : celles qui naturellement ne sont pas menstruées, étant bien portantes sans lésion du corps ni de la matrice, ne l’ayant jamais été, celles qui en raison de leur âge ne sont pas menstruées étant trop jeunes ou ayant dépassé l’âge ordinaire, celles qui jouissent d’une bonne santé consta-
une tension vers le pubis, même douloureuse; une perversion de l’estomac, des tintements d’oreilles, des troubles de la vue, des lourdeurs de tête et des douleurs, des rougeurs de la face, de la tension des vaisseaux de la région occipitale, des douleurs dans la racine des yeux, quelquefois une constipation tenace par suite d une cause naturelle, comme après la conception, avec un sentiment semblable à celui qu’on éprouve quand la menstruation est empêchée. Il faudra apprécier tous ces phénomènes réunis et en chercher la signification, faisant bien attention que la rétention menstruelle n’a pas été causée par eux; bien que la cause réelle soit cachée, elle ne sera pas nuisible, puisque nous n’agissons pas spécialement contre la rétention menstruelle, mais pour combattre les souffrances que cause ou non la rétention des menstrues. Celles qui, sans être malades, ne sont pas menstruées, à cause de leur âge, ou naturellement, ne devront pas être l’objet d’un traitement médical, elles ne souffrent pas ; au reste, chercher à changer ce qui est dans leur nature est, à la fois, sinon impossible, du moins difficile, et quelquefois dangereux. Si, par contre, ce qui est selon la nature est opposé à ce qui est normal, il est nécessaire que ce qui est selon la nature soit modifié en sens contraire et devienne quelque chose qui soit contre nature. Nous ne devons soumettre à aucun traitement celles qui par suite d’exercices violents ou d’efforts de chant ne sont pas réglées, car elles ne sont pas malades. Si, toutefois, elles voulaient être réglées pour pouvoir concevoir, il faudrait leur prescrire un régime plus doux, leur conseiller de cesser ces exercices fatigants pour que leur corps prenne un caractère plus féminin. A celles
tée par un médecin. Si c’est la matrice qui cause l’obstacle, le médecin constatera quelle est la nature de l’obstacle qui existe maintenant et qui n’existait pas autrefois et qui est accompagné d’une bonne santé.
Il ne faut soumettre à aucun traitement celles qui ne sont pas menstruées en raison de leur âge; en en établissant un, on agirait contre la nature; il en est de même des cantatrices non menstruées. A celles qui, bien que pas malades, ne sont pas menstruées, on appliquera le traitement qui convient à leur état. Si une membrane ferme
RÉTENTION DES MENSTRUES
qui ne sont pas réglées à cause d’un état morbide, il faut appliquer un traitement qui le fasse disparaître ; si le flux menstruel est empêché par rétention, il faut inciser la membrane hymen ou enlever les caroncules qui gênent ou empêchent l’écoulement ; si l’occlusion est produite par des callosités (des excroissances) squirrheuses, un état inflammatoire, il faudra diminuer 1 inflammation, employer les émollients et des relâchants, en un mot, instituer un traitement métasyncri tique (c’est-à-dire qui renouvelle les propriétés du corps), et si l’orifice est fermé ou dévié le remettre en place. Il faut réconforter celles qui sont épuisées ou mal nourries pour leur refaire les chairs, changer l’état mauvais de leur corps, faire diminuer leur obésité, guérir celles qui sont dans un état fébrile ou affligées d’une maladie aiguë ou chronique, guérir les hémorroïdes, les vomissements de sang ou les épistaxis, comme nous l’avons indiqué dans les livres que nous avons écrits sur ces maladies, et comme nous le disons ici. Si la menstruation est absente par suite d’une maladie générale, il conviendra aussi de faire des frictions utérines, qui pourront fortifier cet organe1, comme nous le dirons plus loin ; mais, quand, autour de la matrice, il se produit une astriction, une stagnation2 (aTsyvcocnç), les menstrues sont retenues de temps en temps, ne reviennent que goutte à goutte avec douleur, — et si cela se produit, il survient des douleurs inguinales, lombaires et pubiennes, quelquefois de la tête, des yeux, du bassin et des cuisses, un gonflement des mamelles, de l’aversion pour la nourriture, une inflammation dans les parties génitales qui se produisent surtout au moment où la menstruation se faisait habituellement. — Nous parlerons
l’orifice de la matrice, elle sera incisée. Si un autre obstacle s’opposait à l’écoulement menstruel : une callosité, une irritation, une cicatrice, on chercherait à les rendre moins importantes. Si c’est la fatigue qui a amené un amaigrissement, ou une obésité qui a causé