‹ Traité des maladies des femmesChapitre 92 sur 114 · DU FLUX DE LA FEMME · texte numérisé non relu

DU FLUX DE LA FEMME

ment de morsure au moment où la sécrétion a lieu ; on dit que l’un provient de tout le corps, l’autre de la matrice, 1 autre de quelque autre partie du corps; Démétrius énumère ces différences et indique leurs symptômes ; l’exposé serait à la fois long et inutile, car, bien que la source de l’écoulement se trouve dans le corps tout entier, c’est l’utérus qu’il faut traiter pour obtenir la guérison. On dit que l’écoulement blanc est plus difficile à guérir que l’écoulement sanguin, parce qu’il provient de vaisseaux plus ténus. Dans le diagnostic que nous posons, nous cherchons à déterminer par des signes : le lieu d’où il provient, les parties habituellement mouillées par lui, sa coloration qui est variable, la pâleur et l’émaciation qu’il produit, l’absence d’appetit qui en résulte et, d’après sa marche, la difficulté de la respiration ainsi que le gonflement des pieds. L’affection diffère essentiellement par la présence ou l’absence de douleur, avec ou sans ulcération, qu’elle s’accompagne d’inflammation, si l’écoulement est sordide ou pur.

Si la malade veut faire usage de potions, qu’elle ne prenne pas de purgatifs... ou de médicaments âcres ou légers et... comme des lotions de sciures préparées par macération avec oboles II, et terre de samia dans deux hémines d’eau ; selon les circonstances, avec du vin astringent, de la gelée de lièvre, d’agneau ou de graines de raisins infusés avec du myrte, du malicorne, de l’écorce de pin ou autre substance analogue réduite à la dose de deux drachmes,

grenade ou de pin, mettant deux drachmes de tout ce mélange dans une potion ; mais il vaut mieux faire une décoction de palmules, de pommes de cydonie, dans laquelle on mettra de la poudre ; chaque fois que le flux deviendra douloureux, il faudra faire des injections vaginales avec une décoction d’orge et faire usage de tous les relâchants chauds et donner une bonne nourriture ; de cette façon on guérit aussi la plaie interne. Si l’écoulement est sordide, nous employons le traitement indiqué dans la dysenterie ou dans celui des plaies utérines, on en obtiendra le meilleur résultat. Si la maladie est devenue chronique, nous emploierons le traitement cyclique pour que la malade sorte de son état misérable, reprenne ses forces sous l’influence d’une médication altérante et voie tarir la sécrétion dangereuse.

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ou une décoction de branches de palmier de Thèbes ou de pommes de cydonie. Si l’écoulement est douloureux, il faut faire des injections avec une décoction d’épeautre, de blé ou d’orge, au moyen de la canule destinée aux injections utérines. On peut aussi faire usage de cataplasmes chauds et suivre un régime composé d’aliments chauds et légers. Mais s’il existe des ulcères, il faudra suivre le même traitement que dans les fluxions violentes et douloureuses sans ulcères. Si les ulcères sont sordides, et si la matière qui en provient ressemble à de la lie de vin ou aux déjections de la dysenterie, il faudra employer des purgatifs et faire usage des moyens cicatrisants, dont nous parlerons quand nous traiterons des ulcères utérins. Si l’écoulement est devenu chronique, avec des exacerbations et des rémissions, il faudra employer les lénitifs et, par intervalles, des toniques et métasyncritiques (reconstituants), tels que des promenades en litière ou à pied, des exercices de la voix, le traitement par les onctions, les bains, un peu de vin, des cautérisations (ignées), des insolations, des ventouses, des onguents irritants (épilatoires) qu’on emploie dans le traitement reconstituant, des frictions avec la main nue ou avec un linge rude, des sinapismes, des vomitifs avec les petites racines, des mets toniques et le traitement par alternances de natations et d’affusions dans les eaux thermales, des changements d’air, des bains de siège et des pessaires stimulants. La saignée se fera au bras, si l’écoulement est sanguinolent, ou au nez, ou au front comme nous l’avons dit plus haut. Nous rejetons ces saignées comme nous l’avons dit, à moins qu’une violente douleur ne la rende urgente ; car le traitement exige des astringents et non des relâchants. Si le flux est épais, il faudra, pendant longtemps, éviter les promenades, les frictions énergiques à l’hypogastre et aux lombes, les aliments toniques, échauffants, flatulents et diurétiques ; ne pas relâcher le ventre, ne prendre des bains que rarement et à de longs intervalles, et prendre garde aux suspensions de la respiration que ce genre d’affections provoque.

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