DE LA PNEUMATOSE UTÉRINE
La pneumatose utérine peut survenir après l’accouchement par suite d’un refroidissement qui ferme l’orifice utérin, un caillot s’y étant produit, comme dans toutes les autres parties du corps. L’accumulation gazeuse dans la cavité utérine peut se faire aussi dans un autre moment ainsi que dans la substance même de la matrice s’il y a un obstacle à la sortie du gaz. Il en résulte une tuméfaction du ventre et même de tout l’hypogastre, comme dans une hydropisie ou une tympanite, de là des douleurs pongitives jusqu’au diaphragme et dans l’estomac qui sont comprimés ; elles s’étendent même aux côtés qui ne sont pas moins distendus ; chez quelques malades, il survient des douleurs dans la région ombilicale, aux lombes et au bassin, et aussi dans la tête. Le gaz qui s’est accumulé dans la cavité utérine peut produire des borborygmes avec un bruit qui est entendu quand la malade se retourne dans son lit, quand les douleurs la prennent. Quand on percute le ventre, on entend un son tympanitique ; quelquefois l’expulsion des gaz se fait par la vulve ce que les pa-
De la tuméfaction de la matrice. — Elle est causée par le froid, un avortement ou un accouchement laborieux, ou un caillot de sang retenu. La matrice se gonfle ainsi que le ventre, la tuméfaction cède à la pression du doigt, mais se reproduit immédiatement et (percutée) elle rend un son tympanitique et la matrice se déplace d’un côté à 1 autre, quelquefois elle reste fixe ; quelquefois le gonflement persiste, quelquefois il disparait et se reproduit ; nous employons le traitement que nous avons indiqué dans le resserrement et l’inflammation de la matrice ; la sage-femme devra rechercher le caillot avec soin et l’amener
tientes ressentent elles-mêmes. Si le gaz s’est développé dans la substance même de la matrice, les douleurs sont plus vives et plus difficiles à guérir; quand l’utérus appuie tantôt plus à droite, tantôt plus à gauche, vers une aine ou vers l’autre, les psoas et les ischions sont douloureux chez beaucoup de malades; on remarque aussi des sympathies que l’utérus éveille ; en le pressant avec les doigts, on a le sentiment d’une résistance, mais la dépression disparaît vite, souvent il y a des douleurs pongitives et errantes, comme pulsatiles, que les applications chaudes tempèrent ; puis peu de temps après une exacerbation, il survient de la crépitation et des borborygmes qu’on peut percevoir, qui semblent circuler çà et là. La semence introduite pendant le coït se dissout. Le gonflement persiste toujours chez certaines malades ; chez d’autres, il ne se produit que par intervalles. Il faut amener un resserrement chez la malade pour obtenir sa guérison, employer des injections relâchantes, des cataplasmes, appliquer des ventouses sèches et scarifiées et d’autres moyens analogues. La malade prendra des aliments d’une digestion facile et agréables à manger, qui ne soient ni âcres ni flatulents, mais d’assimilation facile. On fera des irrigations avec de l’huile chaude et douce dans laquelle on aura fait cuire de la rue et de l’anet. Si l’âge n’y met pas obstacle, on fera une émission sanguine par la saignée ; on donnera des bains de siège dans une décoction de rue, de pouillot, de menthe, de maroubier, de thym, d’artémise, de guimauve ou de petites figues sèches. On purgera avec de la hiérade Rufus ou avec le remède d ’ Archigénès, préparé avec la coloquinte. Dans
sans froissement. Si l’affection devenait chronique, on devra employer les moyens que nous avons indiqués quand nous avons parlé de la suffocation utérine, puis nous faisons des applications de figues ou de semences de polyarchion, nous prescrivons des bains de siège avec de l’eau dans laquelle on aura fait bouillir le Slaphylinum daucus de Crète ou le puliga. Si la maladie continue, nous ajoutons de l’armoise, le maroubier, de l’hysope ou des baies de laurier. Si cela ne devait pas réussir, nous appliquerions des pessaires comme nous l’avons indiqué, avec les substances indiquées ci-dessus, en y ajoutant la rue, le nitre,