CHAPITRE II
Des lésions ou derangemens des Menstrues .
Il n y a peut-être aucune fonction de l’économie qui soit plus susceptible d’altération que l’écoulement des règles. Celte vérité a été si bien observée et si bien sentie de tous les temps, que le plus ancien comme le plus judicieux des médecins n’a pas hésité de regarder les dérangemens de celle excréimn périodique comme la source de presque toutes
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les maladies qui afïligent le sexe. Fievres de tous les ordres eide tous les genres , phlegmasies de tous les tissus organiques, hémorragies actives ou passives, névroses variées et innombrables, dégénérescences du système lymphatique et de la plupart des viscères; telles peuvent être les suites de l’augmentation , de la suppression ou de la déviation des règles. Quelle immense carrière n’aurions-nous donc pas à parcourir, si nous voulions entrer dans un si grand détail ! Nous n’entreprendrions rien moins qu’un traité complet de médecine. Mais conformément au plan que nous avons déjà adopté , notre tâche est de nous borner ici à considérer la triple source de tant de maux , c’est-à-dire , la ménorragie ou l’écoulement immodéré des règles, l’amenorrhee ou la suppression et la déviation ou aberration de cette hémorragie périodique.
ARTICLE PREMIER
Ve la Ménorragie ou Écoulement immodéré des
Règles .
Cette maladie peut être produite par des causes bien différentes et même entièrement opposées. On
l’observe dans l’adolescence comme à tout autre * „e ; chez la femme d’une constitution robuste et sanguine , comme chez celle qui est naturellement lymphatique, foible et cachectique : chez celle dont l'irritabilité et la sensibilité se laissent ébranler pâlies plus légères impressions, comme chez celle qui
DES MALADIES DES FEMMES. qy
est toujours calme el apathique ; enfin , chez la femme dont le tempérament ou la vie utérine prédomine , comme chez celle en qui celte vie est entièrement ou presque nulle.
Tout ce qui augmente ou affoiblit la vie générale de l’individu , et tout ce qui excite ou émousse la vie propre du système utérin , peut être placé parmi les causes déterminantes ou occasionnelles de la uéporrhagie. Tels sont l’air sec et froid, comme l’air humide et chaud ; les vapeurs qui s’élèvent des chaufferettes dont la plupartdes femmes abusent en certains pays , comme l’application des lotions astringentes sur les organes de la génération; une nourriture succulente, comme le défaut d’alimens; l’abus des liqueurs spiritueuses , comme celui des boissons aqueuses; les emménagogues , les toniques et les échauffans, comme les déhilitans ou les relâcha118 5 l’exercice immodéré, comme l’oisiveté; les suites des accouchemens les plus faciles , comme celles des plus laborieux, quand ils ont été trop réitérés; la lactation circonscrite dans de justes bornes, comme celle qui est trop prolongée ; l’excès comme Je défaut de sommeil; la continence forcée ou volontaire, comme l’exéès des plaisirs vénériens; la joie , la colère , l’amour, l’ambition , comme le chagrin, 1 ennui, la jalousie, la crainte, la frayeur; en un mot, tout ce qui donne heu à un surcroît de saute ou de pléthore , ainsi que les maladies les plus longues, ou les évacuations les plus abondantes.