‹ Traité des maladies des femmesChapitre 20 sur 38 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

De la Constipation.

Cette incommodité, opposée à la précédente, n’est pas extrêmement rare pendant la grossesse. On l’observe néanmoins plus fréquemment chez les femmes naturellement bilieuses ou mélancoliques , que chez les autres. Elle dépend le plus souvent de la compression qu’exerce la matrice , devenue plus volumineuse , sur le rectum et le colon , où sont renfermées les matières fécales les plus compactes et les plus dures. Celte cause peut exister, et produire son effet dans tous les temps de la grossesse ; pendant les premiers mois ; lorsque la

matrice est encore dans la cavité du petit bassin ,, surtout si elle est dans l’état de rétroversion ; dans les mois suivans , lorsqu’elle débordé le détroit supérieur et atteint l’extrémité du colon, dont la sinuosité retarde la progression des matières fécales, et en favorise l’accumulation même chez les femmes qui ne sont pas grosses ; enfin dans les derniers mois, lorsque la matrice force les viscères abdominaux à lui céder la plus grande partie de l’espace qu’ils occupent.

La constipation dure plus ou moins de temps. On rapporte que des femmes grosses ont passé plus de huit jours sans aller à la garde-robe. L HisLoire de l’Académie des Sciences en cite une qui n’y alloit que tous les vingt jours , et plusieurs autres

chez lesquelles les matières s’étoient tellement durcies par leur séjour dans 1 intestin , qu il falloit re-

courir aux doigts et à des instrumens pour les en extraire. Nous avons eu occasion de voir cliez Giraud, conjointement avec MM. Pelletan et Dubois,

une dame qui éloit constipée depuis plus de trois mois.

Les femmes dont les déjections alvines viennent à se supprimer pendant la grossesse eu sont plus ou moins incommodées. Tantôt ce sont des agitations, une chaleur acre et des maux de tête insupportables qui les empêchent de goûter les douceurs du sommeil ; tantôt les efforts involontaires auxquels elles se livrent pour surmonter 1 obstacle qui s oppose a

l’issue des matières, sollicitent les contractions utérines et l’avortement ou l’accouchement prématuré.

Qu’on ne néglige donc rien pour prévenir ou pour dissiper la constipation pendant la grossesse. | Que la femme naturellement échauffée ou trop i resserrée ait soin de tenir son ventre libre dès qu’elle se croit enceinte. C’est ici que conviennent le régime relâchant, la chair de jeunes animaux, j les plantes émollientes, tels que l’oseille, la laitue,

: la mauve , l’épinard , les fruits d’été , la cerise , la groseille, la fraise, la poire fondante, le raisin, les boissons rafraîchissantes, le petit-lait, l’eau de veau ou de poulet , les émulsions , les crèmes d’orge ou de riz, la pulpe et le jus de pruneaux.

Si la femme tarde trop long -temps d’aller à la garde-robe, et qu’elle en soit dérangée, on insiste sur le régime précédent , et l’on a recours en même temps aux purgatifs doux , tels que la manne , la casse , dont on seconde l’effet par des lavemens avec la décoction de guimauve , de graine de lin ou de pariétaire , par des suppositoires avec le savon , etc.

Des auteurs conseillent le froid aux pieds pour rappeler l’humidité de l’intestin, et pour vaincre la constipation. Mais ce moyen n’auroit-il pas l’inconvénient de produire la diarrhée , la colique et peutetie la dyssenterie, maladies pires que la première ?

De la rétention et de V incontinence d urine.

Faut-il cire surpris cjue 1 excrétion de 1 urine soit sujette à se déranger pendant la grossesse, quand on se représente bien les connexions ou les rapports de la matrice avec la vessie ? Nous avons déjà fait observer que le premier de ces organes pouvoit éprouver divers déplacemens, tels que la descente, la rétroversion ou l’anteversion et 1 obliquité a un degré plus ou moins considérable. Or, c est la pie— cisément ce qui cause le dérangement dans la fonction de l’autre. En effet, que la matrice dans le commencement de la grossesse occupe 1 excavation du bassin, et qu’elle s’y développe jusqu’à un certain point , ou quelle s’y renverse de manière que le col ou le fond en soit appliqué contre le canal de l’urètre , on conçoit que l’expulsion de l’urine peut devenir plus ou moins difficile , même impossible. Voilà ce qui constitue la strangurie , la dysurie et l’ischurie des femmes enceintes , suivant que l’urine coule goutte a goutte et avec difbculte , ou ne coule pas du tout. Les mêmes phénomènes peuvent avoir lieu vers la fin de la grossesse, lorsque la matrice, très-in clinée en devant ou renversée sur le pubis comme une besace , entraîne le corps de la vessie au-dessous de son col , et l’empêche de se débarrasser de l’urine qui s’y accumule. Mais si la matrice ne faisant que presser la vessie contre les parois

DES MALADIES DES FEMMES. 5<Jf)

abdominales en rétrécit seulement la cavité, l’urine sera forcée alors d’en sortir à mesure qu’elle y affluera des uretères. C’est ce qui constitue l'incontinence de ce liquide excrémentitiel. A toutes ces causes on peut ajouter le gonflement des hémorrhoïdes, et l’irritation ou inflammation catarrhale de la vessie qui ont lieu chez certaines femmes vers les derniers mois de la grossesse.

Il peut arriver néanmoins que la rétention d’urine soit indépendante de l’accroissement du fœtus ou du volume de la matrice ; elle peut tenir à la présence d’un calcul , même à une lésion organique des reins , comme chez une femme de trente ans dont parle Vanswieten. Au troisième mois de la grossesse , elle fut saisie tout-à-coup d’une douleur très-incommode en urinant sans qu’on pût eu soupoonnei la cause. Quelques heures après, la partie supérieure de la vulve, aux environs du méat urinaire, devint très - douloureuse , et parut gonflée. Une saignée et l’usage des adoucissaus, soit extérieurs , soit intérieurs , procurèrent du soulagement ; mais la douleur du méat urinaire se propageoit dans 1 abdomen. La malade ne pouvoit se tenir que debout ; en même temps le rein gauche devint le

I siégé d’une douleur très-vive ; l’urine couloit avec plus ou moins de difficulté ; la douleur rénale subsistoit , et devenoit alternativement plus douce et plus aiguë ; six semaines après , la femme rendit par 1 urètre un pus blanc et homogène, qui soulagea : ;

promptement la douleur du rein ; 1 urine resta longtemps purulente. À la fin du cinquième mois, expulsion d’un fœtus mort et diminution de 1 écoulement du pus par l’urètre ; mais comme la malade , un peu indocile , refusoit de prendre les remèdes qu’on lui conseilloit pour guérir l’ulcère rénal, elle tomba peu à peu dans le marasme , devint sujette à une toux purulente , et finit par périr de phthisie pulmonaire.

Quelle que soit la cause qui dérange l’excréLion de l’urine, la femme court plus ou moins de risque , selon que ce liquide coule avec plus ou moins de difficulté, et qu’il se supprime plus ou moins promptement. Dans le dernier cas , il est à craindre que la vessie 11e s’enflamme , ne se déchire ou ne perde une partie de sa contractilité , et ne reste paralysée.

Le meilleur moyen de prévenir ces accidens est d’évacuer l’urine , et d’en empêcher l’accumulation ultérieure. Or , pour remplir cette double indica-

tion , il ne s’agit point ici , comme dans toute autre circonstance , de sonder la femme ; cette opération seroit impraticable , tant qu’on ne feroit pas cesser la compression du col ou du corps de la vessie. Il est donc nécessaire, avant toutes choses, de corriger la mauvaise situation ou la direction vicieuse de la matrice d’où provient tout le mal. Ainsi, lorsque ce viscère descend dans le bassin , on tâche de le faire remonter au-dessus du détroit supérieur, après avoir donné une position convenable à la femme. Dans le

cas cîe rétroversion ou d'antéversion, on se conduit comme nous l’avons dit en parlant de ces sortes de déplacemens. Enfin , lorsque l’obliquité antérieure de la matrice cause la rétention d’urine , on y remédie en ramenant ce viscère à sa direction naturelle, et en l’y maintenant à l’aide d’une large ceiuture qui entoure l’abdomen. Dans la plupart des cas, la femme elle-même, avec un peu d’instruction et d’adresse, peu t, faire cesser la compression du sphincter ou du col de la vessie , en soulevant la matrice d’un ou deux doigts introduits dans le vagin, et en l’écartant du pubis. Dès que cet obstacle est levé , l’urine coule pour l’ordinaire d’elle-même , et sans le secours de la sonde.

Mais il peut arriver que ces tentatives préliminaires soient inefficaces , et que la vessie , déjà distendue outre mesure , soit menacée d’une inflammation ou d’une rupture prochaine ; dans ce cas-là, si la saignée, les bains et les fomentations émollientes ne produisoient point une détente favorable , et ne facilitoient. pas l’introduction de la sonde, il faudroit nécessairement recourir à la ponction de la vessie. Il en ser01t de même si une pierre bouchoit entièrement le col de ce viscère , et y produisoit outre cela des douleurs insupportables. Il n’y auroit alors que la lithotomie qui pourvoit remédier à la rétention d’urine, à moins qu’on ne pût refouler la matrice.

La difficulté d’uriner qui tient à un gonflement hémorrhoïdai exige l’application des sangsues à l’anus

ou au périnée, l’usage des bains et le repos. Celle qui dépend d'une affection hystérique fixée sur les reins cède plutôt aux anti-spasmodiques qu’à tout autre moyen.

Quant à l'incontinence d’urine , elle est produite par l’atonie du col de la vessie qui a été , pour ainsi dire , conlus dans les premiers mois de la grossesse , ou par la compression que la matrice exerce sur le fond de cet organe à une époque plus avancée et voisine de l'accouchement. Dans le premier cas, on peut employer utilement des injections toniques et astringentes avec les eaux thermales , sulfureuses

ou ferrugineuses de Barèges , de Balaruc , de Cauterets , etc. , avec la dissolution de sulfate acidulé d’alumine. Dans le second cas , il n’y a que l’accouchement qui puisse mettre fin à cette incommodité qui est plus désagréable que dangereuse. En attendant on peut essayer de relever et de soutenir la matrice au moyen d’un bandage convenable ; ce qui en diminue la pesanteur, permet à la femme de garder plus long-temps l’urine , et l’empêche d’en être mouillée à chaque instant.

$. xi.

j Des Hernies.

Pendant la grossesse la matrice ne peut se distendre et s’élever dans l’abdomen sans en presser et refouler les viscères pour les forcer de lui céder l’espace. D’ailleurs la femme , devenue plus lyinpha-

tique après la conception, a la fibre plus molle et plus lâche j il y a donc ici deux causes qui se réunissent pour favoriser les hernies. D’une part, les parties contenues dans l’abdomen font effort pour s’élancer hors de leur enceinte ; de l’autre , la barrière qui les relient naturellement leur oppose moins de résistance. De là des déplacemens d’intestins et d’épiploon ; de là l’issue de ces organes par les ouvertures inguinales , par-dessous les ligamens iléo-pubiens , par l’ombilic , etc. ; de là des éventrations plus ou moins considérables. Quelquefois la vessie elle-même, forcée de s’échapper, fait saillie aux environs du pubis , ou s’insinue dans le tissu cellulaire qui entoure le vagin, et descend jusqu’au périnée dont elle écarte les fibres.

Une chose bien digne de remarque, c’est que la grossesse qui dispose aux hernies ou les produit, fait quelquefois rentrer ces sortes de tumeurs , lorsqu’elles existent antérieurement à la conception. Cela se conçoit sans peine d’après l’espèce de bouleversement que la matrice occasionne dans la cavité de 1 abdomen. Mais on observe aussi que ces hernies ressortent pour l’ordinaire immédiatement après 1 accouchement , tandis qu’au contraire celles qui tiennent au développement de la matrice disparoissent par le retour de ce viscère à son état naturel.

En général, les hernies qui compliquent la grossesse ne présentent rien de bien fâcheux si elles rentrent avec facilité. Mais il n’en est pas de même

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quand elles sont anciennes, adhérentes, irréductibles ou exposées à l’étranglement. Elles exigent alors les plus grandes précautions , et quelquefois les plus prompts secours.

Réduire ces tumeurs au moyen du taxis , et les contenir au moyen d’un bandage convenable , telle est l’indication qui se présente le plus naturellement. S’il est impossible de la remplir, soit à cause de l’ancienneté de la tumeur, soit à cause des adhérences qu’elle a contractées avec les parties circonvoisines , et qui lui ont fait perdre, pour ainsi dire, son droit de domicile dans l’abdomen , il faut renoncer à la réduire , et se contenter de la soutenir avec un bandage. Mais , pendant le travail de l’accouchement , on ôte cet instrument de crainte qu’il ne cause l’étranglement inflammatoire de la hernie par une trop forte compression ; alors on maintient seulement la tumeur avec la main pour empêcher qu’une nouvelle portion d’intestin ou d’épiploon ne s’engage dans le sac herniaire.

SECTION II

Des Maladies qui affectent les orga/ies de la circulation pendant la grossesse.

Qui pourroit contester la sympathie de la matrice avec le cœur., les artères et les veines? Elle est prouvée par les phénomènes relatifs à l’écoulement périodique des menstrues , et par l’influence de la grossesse sur la progression des fluides. Mais cette

influence provient -elle des communications nerveuses que Willis , Vieussens et d’autres anatomistes ont prétendu exister entre la matrice et le cœur ? Faut-il admettre, avec Barthez, des rapports ou connexions vasculaires entre ces deux organes ? ou bien les affections du système circulatoire ne sontelles dues qu’à une substance gazeuse ou aériforme qui coule avec le sang dans les vaisseaux, et s’élève jusqu’au cœur, comme le prétendoient Praxagore, Erasistrate et Arétée ?

Il est possible que ces opinions ne soient pas tout-à-fait dénuées de fondement. Mais à quoi bon les discuter ici , attendu qu’elles ne sont d’aucune utilité pour l’objet qui doit nous occuper ? Les changemens qui surviennent dans la matrice et l’abdomen pendant la grossesse , changemens palpables et hors de doute , suffisent certainement pour expliquer quelques dérangemens dans la circulation, sans avoir besoin de recourir à des hypothèses qui ne sont tout au plus que probables. En effet , la menstruation, qui se supprime pour l’ordinaire après la conception , peut être considérée comme la cause de la pléthore, à laquelle la plupart des femmes sont sujettes vers le milieu de la grossesse. D’un autre côté , la pression mécanique exercée par la matrice , à mesure qu’elle se développe , contre les viscères et les parois de l’abdomen , suffit pour y ralentir la circulation , et pour changer la distribution ordinaire du sang. Enfin , dans le dernier temps de la

grossesse , l’estomac et même le diaphragme ne peuvent être refoulés sans que le péricarde et le cœur soient plus ou moins déplaces ; ce qui doit nécessairement influer sur les mouvemens de ce dernier , et sur la circulation dont il est le centre. Ces explications , jointes à celles qui sont fondées sur l’irritation du système utérin pendant la grossesse , ne sont-elles pas plus soutenables que l’idée d’une matière gazeuse qui se dégageroit du sang menstruel retenu dans la matrice, et qui remonteroit par les veines jusqu’au cœur ?

$• Ier-

De la Pléthore sanguine.

On donne communément le nom de pléthore à une surabondance.de sang qui engorge le système vasculaire. Elle ne s’observe gttere au commencement de la grossesse , à moins que la femme n ait conçu au moment où elle etoit sur le point d avoir ses règles. Dans tous les autres cas, elle se manifeste pour l’ordinaire vers le quatrième mois , c’està-dire , à l’époque où cette excrétion habituelle auroit dû avoir lieu plusieurs fois si la matrice avoit été libre. Le sang ne prédomine alors que parce que Cet organe et le fœtus n'ont pu en absorber encore le superflu qui s’écôuloit auparavant à chaque période menstruelle.

Il suit de là que les femmes naturellement robustes et sanguines, dont les règles couloient très-

abondamment, sont plus disposées à Ja pléthore que les autres pendant la grossesse. Celte disposition est encore augmentée par la bonne chère, par le repos du lit, et en général par la vie sédentaire. Nous n’avançons rien ici que l’expérience ne confirme. Mais à une époque avancée de la grossesse on doit avoir égard non-seulement à ces causes prédisposantes ou individuelles , mais encore à l’inégale distribution du sang produite par la compression que la matrice exerce sur l’aorte et ses principales divisions.

Les signes qui caractérisent la prédominance du sang chez les femmes grosses sont faciles à reconnoître. La surface de leur corps est plus rouge, plus chaude et dans un état de turgescence ; les angles des yeux , l’intérieur des paupières , la conjonctive , les lèvres , la bouche et les narines sont comme injectés , et imitent la couleur du feu -, les veines paroissent très-saillantes , le pouls est plein et fort; au moindre mouvement la chaleur augmente, et le corps semble se gonfler. C’est ce qu’on observe encore après le repas , surtout si l’on a mange plus qu’à l’ordinaire , et si l’on a pris des liqueurs échauffantes ; alors les membres s’engourdissent, et se meuvent avec plus de difficulté; les mains ont de la peine à se fermer ; enfin la pesanteur de la tête , le larmoiement des yeux , la nonchalance et 1 assoupissement, complètent le tableau et le dia>gnostic de la pléthore pendant la grossesse.

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Dans cet état les femmes, à proprement parler, ne sont point malades ; mais elles sont si exposées à le devenir, qu’on ne sauroit trop leur recommander de prendre des précautions. L’embarras continuel de la tête , des vertiges , des éblouissemens , des lintemens d’oreilles , des hémorrhagies nasales , des crachemens de sang , des vergetures sur la peau , des varices , des douleurs dans plusieurs , parties du corps , telles sont les incommodités qu’elles éprouvent. Encore n’est- ce là que le prélude de maladies plus formidables, telles que les convulsions , le coup de sang ou l’apoplexie , les perles utérines et l'avortement.

Les moyens de prévenir de tels accidens sont presque tous du ressort de l’hygiène. Que la femme naturellement sanguine, aussitôt qu’elle a conçu, adopte un régime convenable à son état. Ou’elle ne prolonge ni les plaisirs de la table, ni le repos du lit. Qu’elle sache renoncer aux mets trop succuleus , aux boissons trop échauffantes, et généralement à tout ce qui peut augmenter la masse ou la vitesse du sang. Les alimens tirés des végétaux lui conviennent en général mieux que les autres, surtout les fruits rouges, qui, naturellement aqueux et acidulés, ont la propriété de rafraîchir le sang, et d’en modérer l’effervescence. L’exercice et le travail sont encore des moyens propres à prévenir la pléthore , et à la dissiper quand elle se manifeste ; mais il faut en éviter l’excès, ou s’arrêter avant que la fatigue arrive.

Les évacuations en général , et principalement les excrétions qui servent à éliminer les restes impurs de la digestion, doivent être toujours libres. Enfin, si , malgré toutes ces précautions , ou faute de les avoir prises , la femme se plaint de quelqu’une des incommodités qui annoncent la surabondance du sang , il faut avoir recours à la saignée. Mais ce seroit tomber dans un grand inconvénient et dans un autre extrême , que de trop répéter ce genre d’évacuation artificielle. En relâchant ou affoiblissaut tous les systèmes de l’organisme , elle favoriseroit la pléthore , et finiroit par amener l’hydropisie , ou tout autre état cachectique et nuisible à la femme.

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