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mangé plus qu’à l'ordinaire. Il faut examiner encore si ces affections ne tiennent pas à quelque embarras des premières voies qui complique la grossesse.
Les névroses ophthalmiques des femmes enceintes sont plus ou moins dangereuses selon la cause qui les produit , et l’époque de la grossesse où elles arrivent : celles qui s’annoncent immédiatement après la conception sont rarement permanentes ; elles disparoissent vers lé quatrième ouïe cinquième mois. On a vu néanmoins des femmes très-foibles et très- nerveuses que les mouvemens de l’enfant faisoient tomber dans un évanouissement momentané. Le trouble de la vue précède ordinairement la lipothymie ou la syncope chez de tels individus ; au lieu qu’il peut être l’avant-coureur de l’apoplexie et du coup de sang qui foudroyent les sujets pléthoriques.
Le traitement doit donc varier suivant le tempérament de la femme et l’époque de la grossesse. Dans les premiers mois , on tâche de fixer la mobilité du genre nerveux en fortifiant l’organisme en général. Les toniques et les amers unis aux antispasmodiques sont les moyens les plus propres à remplir cette indication. Ainsi on peut donner quelques prises de quinquina et de valériane en poudre , quelques onces de vin d’Espagne , où l’on a fait macérer des écorces d’orange et de citron avec de la cannelle ; Chambon employoit avec succès
DES MALADIES DES FEMMES. 449 l'infusion des sommités de pêcher, dont il laisoit prendre une tasse le malin , et autant le soir. Mais les forlifians seroienl contre-indiqués, si la femme ■ éloit naturellement pléthorique ou sanguine, et si la j grossesse étoit avancée. La diète et le régime dé— : hayant , des lavemens et des bains de pieds, l’appli-
i! cation des sangsues , et même la saignée générale : plus ou moins répétée , couviendroient beaucoup mieux alors pour prévenir les accidens , dont, les névroses ophthalmiques ne sont ordinairement que les signes précurseurs.
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Des Névroses acoustiques.
Ici memes causes que pour les affections précédentes : on voit des femmes très-délicates et trèsnerveuses sujettes aux névroses de l’ouïe dès le commencement de la grossesse, taudis que d’auti es , naturellement sanguines , n en sont nicoiii— i modees qu’à une époque plus avaucée , à moins quelles ne soient devenues enceintes au moment d’avoir leurs règles, ou qu’elles n’aient pris des | bains trop chauds , etc.
Tantôt le son frappe l’oreille plus foiblement qu’à ' l'ordinaire , malgré la bonne disposition de l’air et des corps sonores ; ce qui constitue la djsécie : tantôt il y a de la discordance entre les deux oreilles ; lune entend à merveille, et l’autre d’une manière j plus ou moins imparfaite , d’où résulte la paracousie.
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Mais l’affection de l’ouïe qui s’observe le plus fréquemment chez les femmes grosses est le tintoin ou tintement d’oreilles , dans lequel elles croient entendre le son d’une clochette, le biuit d une i oue qui tourne , le murmure d’une onde courante, l’explosion plus ou moins fréquente et redoublée d’une arme à feu , etc.
Il ne suffit pas toujours de faire attention au tempérament de la femme pour établir le diagnostic et le pronostic des névroses acoustiques pendant la grossesse. Il faut s’assurer encore si ces affections ne dépendent pas de quelque vice des organes de l’ouïe , ou de quelque embarras dans les premières voies.
Quant au traitement , il est le même que poulies névroses de la vue. Fixer lamobilite nerveuse, et prévenir ou combattre la pléthore, telle est la double indication à remplir. Si les premières voies ne sont pas libres , on les débarrasse au moyen des évacuans. Les lésions organiques de l’ouïe sont le plus souvent si difficiles à connoitre , qu on n a que peu ou point d’espoir d’y apporter remede.
§. III
De la Céphalalgie ou jnal de tête.
Que l’irritation de la matrice , au commence" ment de la grossesse , se propage par sympathie jusqu’à l’origine des nerfs ; ou bien que ce viscère ,
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à une époque plus avancée, gêne la circulation dans l’abdomen, et force le sang de refluer vers le cerveau, ne couçoil-on pas alors que la femme peut être affectée de céphalalgie ? La seule différence qu’il y ait entre ces deux variétés de la même afîection , est que la première , entièrement spasmodique ou nerveuse , attaque les femmes naturellement délicates , hystériques ou sensibles ; au lieu que l’autre s’observe plutôt chez les femmes robustes, pléthoriques ou sanguines. L’une peut être excitée par toutes sortes d’impressions capables d’influer sur le moral , telles que le chagrin , une nouvelle fâcheuse , l’impatience , la contradiction ; 1 autre reconnoit particulièrement pour cause tout ce qui peut augmenter la masse ou la progression des fluides, comme une nourriture trop succulente , l'abus des liqueurs spiritueuses , les bains chauds , l’exercice immodéré , etc.
La céphalalgie présente encore des différences par rapport à son étendue et à son siège. Est-elle seulement nerveuse , elle n’occupe que la moitié du crâne, ou sa partie antérieure d’une tempe à 1 autre ; c est ce qu on appelle hémicranie ou migraine, espèce de douleur gravalive , brûlante, qui répond aux siuus frontaux , et dout les accès , ordinairement courts , reviennent à des intervalles plus ou moins éloignés ; d’autres fois elle se borne à quelqu’un des points de la tête , plus spécialement a l’occiput ou au sommet , qu’elle semble per-’
cer ou enfoncer ; ce qui lui a fait donner par les auteurs le nom de clou hystérique.
Quand la céphalalgie dépend d’un état pléthorique, elle débute par une douleur susorbitaire , qui s’étend bientôt après dans toute la tête; les femmes sont dans un état continuel d’assoupissement ; leurs paupières appesanties ne se relèvent qu’avec peine; les yeux étincellent hors des orbites, qui ne peuvent les contenir ; le visage est anime , le pouls fort , développé et quelquefois dicrote , la peau chaude et colorée.
Il suit de là que le médecin , pour peu qn il soit habitué à observer , -distinguera facilement ces deux espèces de céphalalgie 1 une d avec 1 autre, en faisant attention au tempérament de la femme , et a 1 époque de la grossesse. Il est vrai que cette incommodité peut tenir à un embarras des premières voies , comme les modernes l’ont remarqué d’après Hippocrate ; mais alors l’état des organes digestifs , la cardialgie et l’anxiete precordiale, 1 amet tume de la bouche , la saleté de la langue , l’anorexie , etc. , servent beaucoup à éclairer le diagnostic, et à écarter le danger d’une méprise.
On observe, pour l’ordinaire, que la céphalalgie spasmodique ou nerveuse diminue à mesure que la grossesse avance , soit que l’organisme général acquière alors plus d’énergie, soit que la matrice s’habitue à l’impression du foetus quelle développé ; mais il n’eu est pas de même de la don-
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leur de tête qui tient à lapléthore; elle augmente continuellement dès qu’elle a commencé , et. peut même produire les plus fâcheux accidens , tels que des coups de sang , des hémorrhagies et l'avortement , si l’on n’y remédie à propos ou de bonne heure.
Dans le traitement de cette affection cérébrale, il faudra donc varier les médicamens suivant la cause qui la produit, ou selon le tempérament de la femme. La migraine qui survient après la conception , exige l’emploi des anti-spasmodiques. L’odeur de l’éther, du camphre , de l’assa-fetida , ou de quelque substance animale brûlée, a quelquefois soulagé promptement ; un verre d’eau froide a produit le7 même effet. En pareil cas , le sommeil et le repos , le silence et l’obscurité sont toujours avantageux ousalutaires. Dans le clou hystérique , on peut ajouter à tous ces moyens le laudanum ou vin d’opium, que Sydenham préconise ; mais il seroil imprudent de le faire précéder de la saiguée , d’après l’avis du praticien anglais , à moins que l’individu ne fut en même temps pléthorique et sanguin. Les bains , les fomentations émollientes sur l’hypogastre , les infusions amères , comme celles de camomille , de sauge , aromatisées avec l’eau de fleurs d’oranger , peuvent être encore mises au rang des anti-spasmodiques ou anti-hystériques les plus utiles.
Lorsque la céphalalgie lient à la pléthore générale , ou seulement à la pléthore du cerveau dé-
terminée par le volume de la matrice , il n’y a que la saignée plus ou moins répétée qui puisse mettre la femme à l’abri des accideus clout elle est menacée. Ce remède , toujours prompt et efficace , pourroil néanmoins devenir inutile , si elle savoit se livrer d’avance à un exercice modéré, adopter un régime sobre , user de quelque boisson délayante , éviter la gêne dans ses vêtemens , entretenir la liberté des évacuations naturelles , et vivre en tout conformément aux principes de l’hygiène.