‹ Traité des maladies des ovaires, suivi d'une étude sur quelques progrès récents de la chirurgie abdominale et pelvienne. Enlèvement des annexes de l'utérus. Cholécystotomie. Hépatotomie, etcChapitre 8 sur 30 · MAL. DES OVAIRES · texte numérisé non relu

MAL. DES OVAIRES

d'union, forment un vagin avec deux ouvertures utérines; ou, par une nouvelle réunion, forment un vagin unique et un utérus unique dans lequel s'ouvrent les deux trompes de Fallope, ces

FiG. 9. —Utérus septus, peu de jours après l'accouchement (J. Cruveilhier). Utérus double, vagin unique.

trompes étant les survivantes, chez les mammifères plus élevés, des deux conduits de MuUer, et conservant leur ouverture dans ce qui était la cavité pleuropéritonéale avant sa division par le

FiG. 10. — Utérus bifide. (Playfair).

diaphragme. Chez quelques mammifères didelphes, les deux tubes restent séparés sur toute leur étendue, formant deux vagins, deux utérus et deux trompes de Fallope, et on trouve parfois occa-

DE L'OVAIRE ET DE LA TUOxMPE

sionnellcment chez les femmes, comme réversions, des exemples de ces différentes variétés qu'on observe chez les animaux dont nous venons de parler.

FiG. 11. — Utérus snbseptus(J.Cruv('iIliier):fl,foudde l'iitérus présentant antérieurement son aspect normal ; h h\ cavité utérine divisée en deux par une cloison médiane ; o o', ovaires; t C, trompe ; r r', ligagaments ronds.

Chez les mammifères femelles, les canaux de Wolff disparaissent presque entièrement dans la plupart des espèces, et ils ne sont représentés d'une façon permanente et constante que par un organe, en apparence privé de fonctions, l'organe de Millier (fig. 6 et 12). Lorsqu'ils survivent et persistent, ils sont connus sous le nom de canaux de Gaërtner\ chez quelques mammifères, comme chez la vache et le cochon, ils conservent un grand volume, mais n'ont aucune utilité connue. Ils sont, au point où ils commencent en haut, en étroite relation avec l'organe de Rosenmiiller, (fig. 4) et ils se portent en bas, soit dans la substance de l'utérus, soit près de lui, entre les lames des ligaments larges. Ils s'ouvrent dans le sinus uro-génital de chaque côté du méat urinaire. Dans des cas exceptionnels, on les trouve chez les femmes, et, même pendant la vie, on peut voir nettement leur orifice au point indiqué.

Lorsque, chez un embryon humain, la réunion des deux trompes s'est faite sur une assez grande étendue pour former le canal utéro-vaginal, la partie de la trompe qui reste est fortement pliée en arrière et en dehors, et occupe par conséquent sa position normale presque horizontale . Elle quitte l'utérus au niveau de la corne (orifice interne) ; dans cette partie de son trajet à travers le tissu utérin, son calibre est très étroit. De ce point, elle s'étend

en dehors jusqu'à une distance qui varie, cliez l'adulte, de 7 à 12 centimètres, et son diamètre s'accroît légèrement à partir du point oil elle quitte l'utérus, et diminue de nouveau au niveau

Fio. 12 (d'apros Kobflt). — Corp. de \\'olff et ovairo de Teiubryou de la sixi(''tue semaine : a, rt, tuhiiles du corp^ de Wollf; e, canal excréteur /', bull)e terminal (organe de llosenmûller); h, canal de MuUcr; f, bulbe terminal fvoirfig. fi); 7î, sinus uro-fiénital dans lequel viennent s'ouvrir les deux canaux. La ligne ponctuée indique la position courbée du canal de Miiller lorsqu'il est devenu la trompe de Fallope.

de l'orifice abdominal, ou elle s'ouvre dans l'infundibulum. Elle comprend trois couches, dont l'une est formée par le repli que fait sur elle le péritoine, comme nous l'avons déjà décrit. La plus grande partie de sa paroi est donc en contact direct avec la surface externe du péritoine. Une petite portion de la paroi est en rapport avec le tissu cellulaire, qui occupe l'espace situé entre les deux lames du ligament large et la face inférieure du tube (méso-salpinx) (fig. 3). La tunique moyenne est musculaire, elle consiste en une mince couche de fibres longitudinales, en dehors, et en une couche beaucoup plus épaisse de fibres circulaires, en dedans. Les fibres longitudinales, d'après mes propres observations, disparaissent entièrement vers la ménopause, ou aussitôt après. La surface interne ou muqueuse repose sur une série de replis longitudinaux délicats qui résultent de Faction des fibres musculaires, c'est une disposition exactement semblable à celle qui existe dans l'œsophage et l'urèthre.

DE L'OVAIRE ET DE LA TliOMPE 21

La surface muqueuse de la trompe est tapissée par un épitliclium à cils vibratiles, dont les mouvements sont dirigés vers l'utérus, et dont la fonction est certainement d'empùclier le passage des spermatozoïdes dans la trompe. S'il n'en était pas ainsi, la g-rossesse tubaire serait beaucoup plus fréquente qu'elle no l'est. Le mouvement des cils aide aussi, cela n'est pas douteux, le passage de l'œuf à travers la trompe et empêche son adhésion à la paroi dans le cas où le spermatozoïde arriverait à prendre possession de l'œuf. Au niveau de l'orifice abdominal, la trom4)e s'étale en forme de trompette; l'expansion est consliLuée par des franges en lanières de deux dimensions, grandes et petites. Cet infundi-

Ki(i. i:j. —Trompe de Fallope ouverte : a, b, portion utérine de la trompe ; c, d, replis de la membrane muqueuse ; e, ligament tubo-ovarien et franges ; f\ ovaire ; 7, ligament rond.

bulum (connu aussi sous le nom de morsus âiaboli [a, fig. 2) est assez large pour embrasser environ un tiers de l'ovaire, et semble avoir une curieuse tendance à s'élargir à mesure que s'agrandit l'ovaire dans les conditions pathologiques. Les grandes franges sont assez irrégulièrement disposées les unes par rapport aux autres, et lorsqu'un follicule de Graaf est sur le point de se rompre, on dit que l'infundibulum s'applique sur la partie de l'ovaire où siège le follicule mùr et se lixe à la surface au moyen d'une légère adhérence cellulaire. S'il en est ainsi, il doit y avoir une influence sélective particulière el complètement inconnue

qui régit cette adhésion, mais c'est là certainement un mécanisme qui n'est pas d'une exactitude générale et constante ; car j'ai fréquemment vu, pondant des sections abdominales, des follicules qui étaient sur le point de se rompre, sur lesquels l'infundibulum n'était pas fixé. Dans un cas de ce genre, Tœuf doit tomber librement dans la cavité péritonéale, et y périr le plus souvent. Il y a des raisons de penser, cependant, que, dans des cas exceptionnels, ils subissent un développement kystique.

L'infundibulum est recouvert d'un epithelium de transition à colonnes, et au niveau du bord des franges il se continue avec l'épithélium squameux du péritoine, constituant le seul exemple de l'union d'une séreuse avec une muqueuse — en fait, le seul exemple d'une ouverture dans une cavité séreuse.

Dans les circonstances ordinaires, lorsque la trompe est en bon état, sa cavité est remplie par une petite quantité de mucus visqueux, et pendant la menstruation ce mucus est remplacé par du sang de couleur sombre habituellement et liquide. Une inflammation peut fermer l'un et l'autre orifices, et convertir la trompe en un kyste, rempli de sérum (hydrosalpinx) ou de sang (hematosalpinx) ou de pus (pyosalpinx) , toutes conditions dont j'ai vu un certain nombre de cas.

Normalement la trompe lâche est située en avant de Tovaire, et plutôt au-dessous de son niveau, se repliant autour de lui jusqu'à ce que son infundibulum se tourne vers la ligne médiane et en arrière, vers la surface postérieure de la glande. Cette courbure de la trompe peut être en réalité au-dessous de l'ovaire, mais par rapport aux différentes parties du ligament large, elle est naturellement au-dessus de lui. Du bord inférieur de l'orifice de la trompe part le ligament tubo-ovarien, formé par l'une des grandes franges [d^ fig. 2) ; il semble servir de guide pour la trompe dans ses mouvements vers l'ovaire. De la lèvre postérieure de l'entonnoir pend le bulbe terminal du conduit deMulIer, bien qu'il n'existe pas toujours.

Le parovarium est le vestige de l'organe tubulaire du rein primordial, ou corps de Wolff. Il est situé entre les deux lames du ligament large, entre le bord supérieur et externe de l'ovaire et la trompe de Fallope. Il a la forme d'une pyramide (fig. 6), dont le

sommet s'applique à l'ovaire, mais n'y est pas fixé. Les tubes varient beaucoup en nombre — de trois ou quatre à trente. Leurs extrémités sont toujours fermées en cœcum ; ceux qui occupent le côté externe sont toujours les mieux marqués, et le plus externe forme le bulbe terminal ou organe de Rosenmiiller. Si on dissèque soigneusement un bon spécimen de l'organe, on établira facilement que les tubes reposent lâchement dans le tissu cellulaire du ligament large et ne sont pas fixés à l'une ou l'autre de ses lames ou à l'ovaire. Gela explique un des traits caractéristiques de ces kystes de WolfT qu'il faut opérer. De l'angle supérieur et interne du parovarium part le canal atrophié de Wolff, — lorsqu'il est visible, ce qui n'est pas souvent le cas. Ce canal est si complètement atrophié que je ne pense pas que les tubules communiquent les uns avec les autres, comme ils le feraient s'il ne Pétait pas.

Des trois couches du blastoderme, qui forment par des plis variés et très curieux, et par des tranformations de développement, la plupart des organes du corps, deux seulement — le mésoblasle et l'hypoblaste — prennent part à la formation des organes que nous considérons.

Le premier changement consiste en un arrangement des cellules qui s'irradiant d'un centre forment une lumière, qui se porte de sa surface dorsale à travers le mésoblaste, immédiatement sous l'épiblaste, et en dehors des protoverLèbres, entre elles et la cavité pleuro-péritonéale. Cette cavité est alors tapissée par un epithelium qui plus tard le caractérise, et est alors connu sous le nom d'épithélium germinalif.

Chez le poussin, vers le deuxième jour, la trace du tissu cellulaire peut être suivie en bas sous l'aspect d'une crête distincte (Balfour), et il forme le canal primitif de Wolff. Chez les animaux, les changements sont probablement les mêmes; mais pour des raisons qui sautent aux yeux ils n'ont pas été suivis d'une façon continue et on ne sait quand ils se produisent.

Le premier changement est l'apparition d'une masse cellulaire au dehors, dans la cavité pleuro-péritonéale, dans laquelle le corps de Wolff se forme, comme les reins permanents, par de petits tubes contournés, qui commencent dans les corps de Malpighi au niveau des glomérules vasculaires et s'ouvrent dans le canal. Sur

cette masse cellulaire, repose l'épitliélium germinatif de la cavité pleuro-péritonéale, qui va furmcr l'ovaire sur le côté interne du corps de Woliï, c'est-à-dire le côté qui regarde vers la splanchnopleure. L'épithélium germinatif garde son caractère à colonnes et s'épaissit en plusieurs couches de cellules; le mésoblaste audessus de lui s'épaississant aussi, une eminence distincte se trouve constituée sous forme de plaque ou raie fusiforme blanche, qui s'étend au début sur toute l'étendue du corps de Wolff, mais qui

FiG 14 (d'après Balfour). — i¥, mésentère ; L, somatopleure ; a', portion de l'épilhélium germinatif qui évolue pour former le canal de Millier (z); a, portion épaissie de l'épithélium germinatif dans laquelle les ovules primitifs (C et 0) sont situés; e, mésoblaste modifié, qui formera le stroma de l'ovaire; u-, k, corps de "Woltf ; y, canal de "Wolff.

se restreint plus tard à sa partie supérieure ; on trouve parmi les cellules de la couche germinative les ovules primitifs, qui se développent par differentiation des cellules épithéliales. Ce changement s'effectue chez le poussin vers la dix-neuvième heure de l'incubation, et à ce moment il est possible d'établir quel est le sexe. Chez l'embryon humain il n'est pas possible de faire la différence avant la cinquième ou la septième semaine , les auteurs différant quant au moment exact.

DE LOVAIUK ET DE LA TROMPE 2o

La structure de l'ovaire primitif consiste en une couche superficielle d'épithélium g-erminalif (y, e, fig". 15) et en un tissu placé au-dessous d'elle qui forme la grande masse de la glande.

Lï'pilhéliunigerniinatif forme une lame épaisse d'environ 0,003 à 0,00i mill., présentant deux on trois couches de cellules ayant des novaux granuleux. La couche la plus externe est constituée

KiG. lo (dciprès Balfour). — G, e, epithelium germiaatif ; t, tralx'Ciiles ; h, hile avec

un canal.

par des cellules plus allongées que les autres, et ayant un noyau plutôt ovoïde qu'arrondi. Les cellules de cette couche, quoique variant de volume, ont une plus grande provision de protoplasma.

Le tissu du corps de la glande consiste principalement en cellules épithéliales disposées en colonnes, qui se colorent plus fortement avec l'acide osmique que celles de la couche germinative ; elles possèdent des noyaux arrondis et une quantité beaucoup moindre de protoplasma. Entre ces colonnes court un stroma vasculaire, formé de cellules fusiformes et nucléées {t, fig. 13) Ce tissu reste invisible pendant tout le cours du développement de l'ovaire, jusqu'à une époque relativement tardive de la vie, et

pendant les premières périodes on peut aisément supposer qu'il prend une part importante au développement de l'œuf, ou qu'il est une partie de l'épithélium germinatif dont il n'est qu'accidentellement séparé par une ligne de démarcation bien marquée. Dans ce tissu ctà labase de l'ovaire, on voit un certain nombre de canaux qui ont donné naissance à cette idée avancée par Pflûger, que

FiG. 16 (d'après Balfour). — '■ P,o, ovules primitifs; t, a, tunique albugiuée ; c, e, epithelium central.

FiG. 17. — Tubes de Pflijger d'un fœtus humain de sept mois.

FiG. 18. — Tube de Ptliiger de l'ovaire dune femme de vingt-deux ans, renfermant déjeunes follicules primitifs (Balbiani).

l'ovaire se développait comme une glande en tube. Cette idée a été presque universellement abandonnée, et dans nos propres recherches, je n'ai rien vu qui puisse autoriser à la prendre en sérieuse considération. Ces petits tubes proviennent certainement

des corps de Malpiglii, des organes de WolfT, et en sont de simples survivants.

L'épilliélium germinatif s'accroît rapidement en épaisseur par division de ses cellules, et le stroma vasculaire aug-mente beaucoup on quantité, au point que lo tissu epithelial présente des sortes de rayons formés par les trabecules vasculaircs, qui sont disposés

FiG. 19 (d'après Balfour). — G, e, epithelium germinatif en 3 couches; h, hile avec ses canaux c, c.

de façon à diviser imparfaitement l'épithélium en deux couches, séparées par un espace occupé par du tissu connectif et des vaisseaux sanguins. La partie externe est relativement mince et est formée par une double rangée superficielle de cellules à colonnes, et une ou deux rangées de cellules plus arrondies, parmi lesquelles on peut reconnaître les ovules primitifs (j), o, fig. 16) à leur

volume, leur noyau granuleux, leur reticulum caractéristique et leur abondant protoplasma. La couche interne est beaucoup plus épaisse et formée de grandes masses de cellules arrondies, et les deux couches sont unies par de nombreux trabecules, le stroma, qui dans la suite, donnera naissance à la capsule de tissu connectif ou tunique albugiiiée de l'ovaire adulte.

Ultérieurement, dans le cours du développement, l'épithélium germinatif devient encore plus épais, il peut atteindre 38 millim., et se divise en trois couches distinctes [g, e, fig. 19,). Elles consistent en une couche externe ayant une épaisseur moyenne de 3 millim. ; une couche moyenne de petits nids, d'environ 1 millim. d'épaisseur ; et une couche interne de ^ " ands nids, qui a une épais-

FiG. 20. — Coupe verticale de l'ovaire d'un fœtus humain (d'après Foulis) : ^, gr, epithelium germe avec des ovules en voie de développement; 5, 5, stroma ovarien; •<;, i\ capillaires sanguins. Aaccntrede la figure, ou voit révolution de l'épilhélium germe et à la partie inférieure gauche, un ovule primordial entouré des corpuscules du tissu connectif.

seur moyenne de 23 millim. Dans ces trois couches, l'épithélium a subi d'importantes modifications. La plus grande partie du contenu granuleux du noyau des cellules est devenue claire, l'autre partie restant comme une masse teintée par des matières colorantes très sombres, et prenant un peu plus tard un aspect étoile ; ces deux formes montrent les périodes granuleuses et étoilées du noyau. Plus tard la masse nucléaire forme un reticulum très beau, comme on le voit dans les spores des algues.

Ainsi que je l'ai déjà dit, quelques-unes des cellules augmentent

DE l/OVAIRE ET DE LX TROMPE

do volume, elles sont reg-ardces comme des ovules primitifs et elles s'accroissent en nombre. D'autres cellules diminuent de volume, et prennent une forme ovale; leur noyau garde ses caractères primitifs (;t ne passe pas par les changements décrits plus haut. Ces cellules forment ultérieurement l'épilhélium du follicule de Graaf. On peut les voir se ranger autour de l'ovule primitif qui vient d'être formé. Au niveau du hile de l'ovaire les petits tubes [c, c, fig. 19) ont à ce moment presque disparu.

FiG. 21 (d'après Balfonr) . — Nid de la couche moyenne, montrant la formation de répithùrunu folliculaire : o, ovule primitif ; /', i% cellules formant l'épithéliuni folliculaire ; (/, o, cellules qui disparaissent.

FiG. 22 (d'après Balfour).

Nid epithelial typique.

L'ovaire augmentant de volume, la couche la plus externe des éléments épithéliaux est séparée de plus en plus des cellules fusiformes par le stroma, les nids de la couche moyenne deviennent plus petits, et finalement, la constitution et la formation des follicules de Graaf se complètent, et dans le nid d'épilhélium typique, on peut voir des follicules bien formés avec des ovules permanents, complètement enfermés dans une cavité remplie par du liquide et tapissée par un epithelium; des ovules plus petits non encore enfermés [d, o, fig. 21); des cellules plus petites (ô, c.) dont le noyau est modifié, et dont la destination est douteuse; enfin de petites cellules (/, e,) évidemment destinées à former l'épithélium folliculaire. L'inspection d'un seul de ces nids, dit M. Balfour, et en cela je suis absolument de son avis, est suffisant pour montrer que l'épithélium folliculaire dérive de l'épithélium germinatif et non du stroma ou du tissu tubulifère.

Ell ce qui touche aux petites cellules ù noyaux modifiés, M. Balfour émet trois hypothèses, et pense qu'elles peuvent avoir trois destinations : elles peuvent devenir les cellules de l'épithélium folliculaire ; elles se développent dans l'ovule ; ou elles

FiG. 23. — Développement ultérieur des éléments qu'on voit sur la figure 21,

FiG. 24. — Coupe de l'ovaire d'un eniljryou humain au troisième mois (d'après Kolliker) légèrement amplifié : «, mésovarium; a\ stroma vasculaire duhile; /-». suLstance glandulaire. X 50.

sont absorbées comme une sorte d'aliment par l'ovule qui se développe.

Les follicules isolés sont formés par des excroissances du stroma de tissu connectif, éliminées des follicules bien conformés d'un

nid. On no les trouve qu'au niveau du bord le plus interne de l'épilhélium «^crniinalif. Cela s'accorde avec ce qui a déjà été si souvent noté sur l'ovaire des mammifères, à savoir que les ovules les plus avancés doivent être rencontrés en allant de dehors en dedans.

Dans le développement ultérieur de l'ovaire, le pseudo-épithélium est formé par une simple couche de cellules à colonnes contenant une quantité relativement minime de protoplasma. Dans son épaisseur on trouve un nombre considérable d'ovules en train de se développer. Une couche de tissu connectif, l'albuginée, existe au-dessous du psoudo-épithélium, qui contient quelques petits nids avec de très jeunes ovules permanents. Dans la couche des nids de volume moyen située au dedans do l'albuginée, les ovules ont tous pris la forme délinitive, et sont pourvus d'un nucléole et de petits corps granuleux. La plupart d'entre eux ne sont pas pourvus d'un revêtement folliculaire,, mais autour d'eux se trouvent de nombreuses petites cellules, provenant nettement de l'épithélium germinatif, qui sont destinées à former le follicule (fig. 23). Dans la couche la plus interne de l'épithélium germinatif, les contours des grands nids primitifs sont encore visibles, mais beaucoup de ers follicules ont été éliminés par excroissance du stroma.

Les conclusions générales des recherches de M. Balfour sont que toute la portion de l'ovaire qui contient des ovules est réellement l'épithélium germinatif épaissi, et qu'elle diiïèro de la plaque épaissie primitive ou de la couche d'épithélium germinatif, principalement par ce fait qu'elle est réduite en une sorte de réseau par suite de l'accroissement du stroma vasculaire.

On voit donc que la formation des véritables follicules de Graaf se produit de très bonne heure dans l'histoire de la vie de l'ovaire, longtemps avant la naissance de l'enfant, fait qui a été démontré par Yalisnori en 1833 mais auquel on n'a guère fait attentionjusqu'àce quo les écrivains Carus(1837) et Ritchie (1842) aient attiré l'attention sur ce sujet très intéressant. Depuis lors il a été plus complètement étudié par beaucoup d'observateurs et finalement par F. -M. Balfour, qui, à mon avis, l'a définitivement mis en lumière. Le grand intérêt que cela présente pour les chirurgiens c'est que la distension hydropique de ces follicules

23 A.XATOMIE ET PHYSIOLOGIE

produit quelquefois chez de très jeunes enfants des tumeurs de l'ovaire; et M. Cullingworlh, de Manchester, a publié une observation très intéressante d'un cas dans lequel une tumeur ovarienne indubitable existait chez un enfant nouveau-né, et Yirchow cite des cas semblables. Par suite de l'amabilité de M. Cullingworth, j'ai pu examiner sa pièce et je me suis convaincu de la parfaite exactitude delà description.

M. De Sinéty a fait une observation très intéressante; il a été frappé de la fréquence des ovaires en apparence kystiques chez les enfants au moment de la naissance, et particulièrement quelques

Fie 2o. — Coupe de l'ovaire d'un embryon hiimaiuù six mois : a, couche épithéliale externe; /j, couche épithéliale interne; c, stroma vasculaire du hile ; d, mésovarium. X yO.

jours après; et il a trouvé que, dans la grande majorité des ovaires des enfants arrivés près du terme, ou qui sont morts peu de jours après la naissance à terme, des follicules de Graaf sont visibles à l'œil nu, si on fait des coupes des ovaires.

Il dit aussi que ces grands follicules arrivés à une certaine période de développement commencent à disparaître, et que la marche de leur retrogression et les différentes phases des cicatrices qu'ils laissent derrière eux peuvent être suivies. Il attire l'attention sur le fait, bien connu, qu'il est fréquent de voir une légère augmentation de volume des seins chez les enfants nouveaunés non seulement du sexe féminin mais encore du sexe mascu-

DE L'OVAIIŒ KT DE LA THOMPE 33

lin, et la sécrétion d'un liquide laiteux. Cela disparaît généraleinent en quelques jours et la glande reste en repos jusqu'à la puberté chez les filles et pendant toute la vie chez les garçons. 11 pense que l'activité ovarienne est associée à l'effort mamnnairo prématuré et il cite Merkel (Leber die Enlwicklung im inneren der Samenkanaelchen, Archiv. fin' Anatomieimd Phys. 1872) à propos du fait qu'on peut observer chez le nouveau-né mâle une prolifération considérable de l'épithélium du testicule, en même temps que l'apparition dans cet org-ane de cellules rondes semblables à celles dont dérivent plus tard; les spermatozoïdes, et que ces cellules disparaissent rapidement après la naissance, et ne sont plus trouvées de nouveau avant la puberté. Do même, de Sinéty n'a pas trouvé de follicules ovariens développés pendant les années de l'enfance.

Les observations d'Haussmann, faites sur 84 examens, confirment complètement les conclusions de de Sinéty. Il a trouvé des follicules prématurément développés chez 10 pour 100 des ovaires examinés et il émet cette idée importante qu'une condition semblable, en épuisant le stock des ovules ou en détruisant prématurément l'activité des ovaires , pourrait être une cause à laquelle jusqu'à présent on n'avait pas songé, d'aménorrhée et <le stérilité.

Ces observations jettent un jour très intéressant sur la théorie parthogénétique du développement des kystes dermoïdes qui a été Vmiise par Ritchie et que j'ai plus complètement exposée au chapitre convenable.

L'activité ovarienne semble cesser vers le troisième moi.s, car, après celte époque, quoiqu'on puisse découvrir des follicules de Graaf mûrs par l'examen microscopique, ils sont rarement assez volumineux pour qu'on puisse les voir à l'œil nu; les bandes de tissu connectif, ainsi que les cellules fusiformes s'accroissent en étendue, et la tunique albuginée devient plus nette, en sorte qu'au septième mois l'ovaire présente toutes les apparences qu'il a avant la puberté, et jusqu'à ce moment il y a fort peu de choses à ajouter à l'histoire de la glande. Le seul point qu'il reste encore à établir, et pour l'établissement duquel je n'ai encore trouvé aucune preuve, est de savoir si oui ou non les follicules prématurés de Graaf se rompent quelquefois et

MALAD. DES OVAIRKS 3

34 ANATOMIE Eï PHYSIOLOGIE

rejettent leur noyau dans la cavité périlonéale. Il est assez probable qu'ils le font, pour des raisons que j'ai données lorsque j'ai parlé des ovules ég^arés.

Que la plupart des follicules de Graaf ainsi produits, qu'un très grand nombre de ceux qui se développent chez l'adulte y compris beaucoup de ceux qui atteignent presque la maturité, meurent sans se rompre et sans rejeter leur noyau ovulaire, cela a été prouvé par les observations de tous ceux qui ont écrit sur l'ovaire, et j'ai déjà indiqué d'après les travaux de Balfour, quelles pouvaient être leurs différentes destinées dernières.

Dans un mémoire très remarquable du D"" Creighton, de Cambridge, publié dans le 30" volume du Journal d' anatomie et de physiologie, l'auteur semble s'appliquera répondre à la question : que deviennent les follicules dans lesquels les ovules sont morts? Les conclusions qu'il donne sont telles que je ne peux pas encore me résoudre à les accepter, car, parmi les centaines de coupes d'ovaires de différents animaux, je ne puis trouver dans une seule les éléments qu'il décrit, et les aspects qu'il figure me semblent tels qu'ils peuvent provenir de particularités dans la préparation des coupes et dans leur direction.

Je puis admettre, par exemple, les aspects A, B, C et D, fig. 15, comme étant des coupes ou des tranches du sommet d'un follicule de Graaf, et le dessin G peut de même être une tranche d'un corps jaune, comme peut l'être aussi la figure F; mais je dois dire qu'il m'est absolument impossible de suivre le raisonnement qui nous amènerait à regarder ces formes comme étant les homologues, en quelque sorte, de la substance corticale u corps suprarenal figuré en H. Ce mémoire mérite d'être lu car il est rempli de renseignements dune indubitable valeur, et il se peut que quelques-unes des conclusions du D"" Creighton pui ssent recevoir une approbation plus entière que celle que je leur donne; c'est pourquoi, afin d'attirer l'attention sur elles, [vais-je les résumer ici, autant qu'elles traitent de la destinée des follicules de Graaf morts.

La substance de l'ovule, comprenant le vitellus, la vésicule germinative et la tache germinative, disparaît, et on trouve la membrane périphérique ou vitelline plus ou moins vide et revenue sur elle-même, sous forme d'une forte vésicule, à paroi épaisse,

DE I/OVAIRE ET DE LA TUOMl'E

.■.-,?.0,0",tV». V-ooC

DiUerent:^ état., par lesquels passent les follicules de Graaf .l.ms leur vieilless

(le slrucluro homog^èue, de couleur jaunâtre, de forme ovoïde et un peu plissée.

Celte épaisse membrane résiste aux influences qui amènent la disparition du vitellus et de la vésicule germinative, et il est difficile de découvrir ce qu'elle devient dans la suite. Quoi qu'il en soit, dans les dernières périodes de la vieillesse du follicule de Graaf, on ne peut plus le distinguer, et sa place n'est plus marquée que par la ceinture d'épithélium folliculaire qui persiste. Le sort de la zone entourante d'épithélium est en contraste marqué avec celui de l'ovule qu'elle entoure ; à mesure que le dernier se ratatine et s'affaisse, la zone épithéliale prend des caractères absolument définitifs et fixes , au moyen desquels il est toujours facile de la reconnaître au milieu du stroma ovarien. La figure 26 montre les différentes périodes par lesquelles passe le follicule dans sa vieillesse. Le follicule A est un exemple des changements les plus fondamentaux. L'ovule manque au centre, et la zone d'épithélium folliculaire persiste sur un côté ; le point le plus important à observer est la forme des cellules épithéliales.

L'épithélium folliculaire ne présente pas, pendant les premières périodes de la vie, les caractères habituels d'un epithelium : les cellules sont arrondies et presque nucléaires ou ne possèdent pas de substance cellulaire. Par les méthodes ordinaires de préparation, et sous un grossissement moyen, elles se montrent sous forme de noyaux nus, absolument comme le font dans les mêmes circonstances les cellules lymphoïdes d'une glande lymphatique. Lorsque le follicule est rompu, l'épithélium devient plus cylindrique; c'est au niveau des deux pôles du noyau et non uniformément tout autour de lui que se collecte le protoplasma. Cet allongement de l'épithélium, qui n'est jamais très prononcé dans le follicule destiné à expulser son ovule dans le temps ordinaire, devient tout à fait sensible lorsque l'ovule périt dans la cavité. On voit alors que les cellules sont considérablement allongées (comme dans la lig. 26, A.) et sont devenues cylindriques, en B et en C. On peut voir en même temps l'allongement de l'épithélium et le ratatinement correspondant de l'ovule ; en A, au centre de chaque follicule, se trouve la zone la plus épaisse et la moins organisée de l'ovule, qui semble comprimée et envahie par les cellules radiales allongées de

DK i;OVAII{R Kl- 1)K I.A THOMPK 37

l'épilhélium folliculairo. F]n memo temps, los extrémités des cellules cylindriques qui s'embranchent sur la zone semblent avoir acquis un lien commun d'union, une sorte de basement membrane. En D se trouve représentée une ceinture d'épithélium folliculaire altéré à la partie supérieure et sans aucune trace d'ovule à son intérieur. Le follicule E est un exemple de l'aspect peut-être le plus commun d'une ceinture d'épithélium survivant après l'avorlement et la disparition de l'ovule; la ceinture circulaire (sur une coupe) est devenue tout d'abord presque droite et la zone ratatinée de l'ovule se trouve située en avant d'elle sous la surface et presque dégagée d'elle. Les différentes formes de la ceinture de l'épithélium folliculaire dépendent en partie du plan de la coupe ; mais il n'est pas douteux que la ceinture d'abord circulaire (comme cela se voit sur une coupe) se relâche et prend la forme d'un cylindre légèrement courbe, dont la concavité peu marquée correspond à l'espace central primitif qu'occupe l'ovule. La figure F montre la ceinture d'épithélium doublée entourant une colonne de tissu connectif qui sort de sa concavité. Ces différentes conditions de l'épithélium folliculaire semblent appartenir aux follicules qui ne se sont pas beaucoup développés; l'ovule a exactement rempli l'espace central et le liquide folliculaire ne s'est pas produit. Il y a cependant des follicules avortés de beaucoup plus grande dimension, comme celui qui est représenté en G ; dans ce cas, la ceinture extensible de l'épithélium fait des plis et il faut en outre noter que l'allongement des cellules épi- Ihéliales est à peine perceptible et qu'il n'y a pas de basement membrane uniforme, soit à la face externe, soit à la face interne de la ceinture.

Les éléments corticaux particuliers des corps suprarénaux et leur position par rapport au reste de Torgane peuvent être aisément démontrés sur une coupe quelconque bien préparée du tissu suprarenal du cheval. La figure 26, II, est une vue à un faible grossissement d'une coupe de ce genre faite perpendiculairement à la surface. Le stratum le plus externe est une zone de tissu connectif d'une épaisseur considérable. Immédiatement audessous d'elle vient la zone d'éléments particuliers dont nous avons parlé plus haut.

Ce sont ces corps corticaux particuliers suprarénaux que^ le

B' Creiglilon regarde comme les homologues des restes des follicules de Graaf de l'ovaire, dont les ovules ne se sont pas rompus et ont péri. Il en conclut que « la ressemblance morphologique entre les éléments de l'ovaire et ceux des corps suprarénaux est non seulement étroite mais encore complète ». Je dois dire, avec toute la déférence due à l'œuvre d'un observateur si distingué que, d'après moi, cela n'est pas encore suffisamment démontré.

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