G20 INTOXICATION PALUD. CHRONIQUE. — CACHEXIK PALUDÉENNE
Les rems pèsent ensemble 372 grammes; ils sont un peu plus volumineux qu'à l'élut normal, aplatis d'avant en arrière, un peu bosselés, parsemés à la surface de taches rouge brun ou acajou, et de quelques petits kystes. La consistance est ferme ; lu surface des coupes montre une substance corticale teinte d'une coloration jaune chamois, et çà et là des taches acajou ou rouge brun corrrespondant aux taches déjà mentionnées à la surface. Les pyramides tranchent fortement par leur coloration pâle, un peu grisâtre, sur le fond coloré de la substance corticale. Les kystes siègent soit à la surface de la glande, soit à l'union de la substance corticale et de la substance médullaire.
Poumons pâles, exsangues ; parsemés de larges taches uniformément gris ardoisé; les bronches renferment du muco-pus; pas de noyaux pneumoiiiques ni tuberculeux.
Cœur. Volume normal; poids, 302 grammes; larges plaques laiteuses à la surface. Valvules saines.
Encéphale. La pie-mère est infiltrée de sérosité, pâle, exsangue, montrant des arborisations pigmentaires grisâtres. La substance du cerveau est très pâle, de consistance ferme ; la couche corticale, d'une nuance gris jaunâtre.
Examen histologique. —Rate. — Elle présente les lésions complexes de sclérose, d'hypérémie et d'hypertrophie qui seront décrites paragraphe 3. 1^6 pigment ferrugineux est assez abondant dans les portions hypertrophiées, et seulement clairsemé dans les portions scléreuses oii il paraît avoir été porté en suivant les voies lymphatiques.
Moelle osseuse. — La moelle des os longs, notamment celle du fémur, est rouge et molle dans toute l'étendue de la diaphyse.
Foie. — L'examen des coupes montre une cirrhose très faible, caractérisée par un léger agrandissement des espaces portes. Le réseau trabéculaire présente partout un régulier arrangement, et l'on dislingue seulement à un rapide examen l'abondante infiltration des cellules par un pigment de couleur ocre. En réalité le tissu est profondément altéré.
Si l'on traite la coupe par le sulfure ammonique, elle prend immédiatement l'aspect d'un pointillé noir des plus serrés. La pigmentation est surtout abondante à la périphérie des acini, quelquefois aussi au voisinage de la veine centrale.
Indépendamment de la surcharge ferrugineuse, on voit aussi quelques vestiges de stase biliaire. Quelques cellules renferment des blocs jaune verdàtre, qui ne noircissent pas par le sulfure ammonique; et l'on rencontre quelquefois dans l'axe des trabécules une concrétion biliaire jaune verdàtre, homogène ou composée de couches concentriques, terminée par des extrémités mousses et quelquefois ramifiées.
Les cellules hépatiques imprégnées de pigment ferrugineux sont profondément altérées, comme on peut le reconnaître sur les coupes, et mieux encore par dissociation dans une goutte de picro -carznin à l'état frais. Elles sout en général de petite dimension et renferment un petit noyau mal coloré ; leur proloplasma, au lieu d'être finement granulé et coloré en jaune, est transparent et l'Osé ; le pigment ferrugineux occupe la partie
DESCRIPTION CLINIQUE ET OIÎSEU VATIONS. 621
centrale de la cellule et masque plus ou moins le noyau; il est formé de granules et de gouttelettes réfringents de couleur ocre, noircissant vivement par le sulfure ammonique. La plupart des cellules renferment en outre de fines granulations graisseuses. Très souvent, elles sont en voie d'atrophie, et réduites à un amas pigmenlaire entouré d'une mince bordure proloplasmique, sans noyau. Les trabécules qui renferment les cellules atrophiées sont diminuées de volume, et ont leur paroi propre épaissie, mesurant jusqu'à 3 (a d'épaisseur, et colorée en rose par le carmin. Quelques-unes sont presque complètement transformées en cordons fibreux et leur étroite lumière ne renferme plus que quelques granules pigmentaires ou quelques noyaux de cellules hépatiques atrophiées.
Le réseau capillaire est généralement agrandi, surtout dans les acini oîi les trabécules ont subi l'atrophie dont il vient d'être question. Il est partout obstrué de leucocytes et de cellules volumineuses et pâles, renfermant souvent plusieurs noyaux et des gouttelettes de pigment ferrugineux. Ces grandes cellules adhèrent quelquefois à la paroi du vaisseau capillaire, mais la plupart sont libres ; leur ressemblance avec les cellules spléniques nous fait penser qu'elles proviennent de la rate. De pareilles cellules se rencontrent aussi dans la lumière des gros vaisseaux portes.
Dans les espaces portes, un peu élargis, comme il a été dit, nous n'avons à signaler que l'existence de traînées de pigment ferrugineux dans les interstices des libres conjonctives, indiquant le transport du pigment par la voie lymphatique. Les cellules fixes du tissu conjonctif sont volumineuses etinlillrées du même pigment. On ne voit que rarement des amas de cellules rondes.
Les conduits biliaires ont en général une paroi fibreuse épaissie, et une lumière un peu agrandie, irrégulière, obstruée par de la bile concrète et des épithéliums desquaraés. Aucun des petits kystes biliaires mentionnés à l'autopsie ne s'est rencontré dans les coupes.
Reins. — Au niveau des taches acajou, mentionnées à l'examen macroscopique, l'épithélium des tubes contournés et des branches larges de l'anse de Henle présente la plus riche infiltration de pigment ferrugineux, sous forme de grosses gouttes réfringentes ; les cellules infiltrées de ce pigment proéminent dans la lumière et l'effacent presque complètement. Dans quelques tubes, les amas pigmentaires sont libres et obstruent la lumière, l'épithélium étant aplati et comme abrasé. Les cellules infiltrées de pigment renferment en outre des granulations graisseuses ; leur noyau est petit et se colore faiblement par le carmin. Les reins présentaient en outre des kystes, sur le mode de formation desquels nous donnons plus loin quelques détails (Pl. IV, fig. 2).
Estomac. — Nous avons signalé dans l'autopsie des tuméfactions partielles intéressant plusieurs replis de la muqueuse de l'estomac, et ayant l'aspect de bourrelets rouge vif, veloutés et de consistance ferme. Les coupes faites au niveau de ces bourrelets montrent que dans les couches superlicielles de la muqueuse, principalement au sommet des replis le stroma est hypérémié, infiltré de cellules rondes et épaissi au point d'obhterer l'orifice des glandes ; celles-ci sont déformées, et transformées en kystes muifueux. Au milieu des cellules rondes qui infiltrent I-