‹ Traité des maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 110 sur 213 · X. Coiist., janv · texte numérisé non relu

X. Coiist., janv

L'atrophie des reins est très manifeste dans six cas, car on peut admettre que les variations normales du poids des rems, chez l'homme adulte, sont comprises entre 240 et 300 grammes. Les deux cas exceptionnels, où le poids des rems était au-dessus de la norme, s'expliquent par des complications : dans un cas, la surcharge ferrugineuse des reins (Di Angelis) ; dans l'autre, la néphrite (Girardo).

Les poids du foie et du cœur sont toujours sensiblement au-dessous de la norme. Le système musculaire était chez tous les sujets considérablement atrophié.

Nous ne nous proposons pas de décrire les lésions histologiques se rap])ortant à l'atrophie de chaque organe en partilicuher, parce que nous n'aurions rien à ajouter à ce qui est consigné sur ce sujet dans les ouvrages classiques d'analomie pathologique. Nous nous bornerons à examiner les lésions du oie, qui se rattachent d'une manière plus particulière à 1 histoire anatomo-pathologique de la malaria et soulèvent des problèmes difficiles. Ces lésions sont de deux ordres •

r Atrophie ischémique. ~ Les lésions du foie, dans cette forme d atrophie, sont assez constantes pour que nous ayons pu supprimer l'analyse de chaque cas en particulier et nous

m INTOXICATION PAl.llD. CHRONIQUE. - CACHEXIE I'ALUDEENNE.

borner à une description générale ; elles ne différent d'un cas à l'autre que par le degré.

Les poids que nous avons constatés sont compris entre 685 grammes et 1360 grammes. Le foie a de petites dimensions, et est comme ramassé sur lui-même ; la capsule est par places légèrement adhérente, les bords sont tantôt mousses, tantôt amincis. La consistance de la glande est coriace, sans avoir la dureté de la cirrhose. La surface des coupes est lisse, uniforme, sans délimitation acineuse appréciable, d'une coloration marron, gris de fer ou noire suivant que prédomine le pigment ocre ou le pigment mélanémique. Le tissu est sec et exsangue; nous n'avons pas remarqué la dilatation des branches de la veine porte, signalée par Frerichs ; dans certains cas, quelques veines interlobulaires sont oblitérées par des thrombus anciens. La vésicule renferme une petite quantité de bile peu colorée ; les conduits biliaires ne sont pas dilatés.

L'examen des éléments à l'état frais montre : 4° Des cellules hépatiques de petites dimensions, opaques, réfringentes comme une matière grasse demi-solide, dont le noyau, petit, se laisse avec peine colorer par le carmin; un grand nombre de ces cellules renferment des granulations pigmentaires de couleur ocre en nombre variable, groupées

autour du noyau ;

2" Des cellules rameuses, ovoïdes, en raquette, à protoplasma pâle, à noyaux quelquefois multiples, renfermant ou non du pigment mélanémique.

Les coupes faites après durcissement sont opaques, et exigent une grande finesse pour l'examen des détails. Les acini ont des' dimensions plus petites qu'à l'état normal, et sont comme resserrés tout en conservant le régulier arrangement de leurs parties ; lestrabécules sont grêles, les réseaux capillaires étroits. La préparation traitée par une solution faible de potasse s'élargit presque du double, et s'éclaircit en montrant mieux certains détails, notamment la distribution des granulations pigmentaires qui sont déposées dans l'axe des trabécules, principalement au centre et à la périphérie de l'acinus. Les granulations sont petites, anguleuses, n ont aucune tendance à se conglomérer en gros blocs ou en gouttes, et ne noircissent pas par le sulfure ammonique.

DRSnRIPTION ANATOMO-PATHOLOr.lQUK. 64"

Les réseaux capillaires sonl partout encombrés de cellules volumineuses, à un ou plusieurs noyaux, remplissant complètement la lumière ou adossées à l'une des parois, de manière à ne laisser qu'un étroit passage perméable à la circulation. De pareilles cellules se rencontrent aussi dans les orifices des veines portes , mélangées aux globules sanguins, ce qui démontre leur provenance splénique. Dans les cas où il y a mélanémie, elles renferment du pigment noir. — Sur quelques points, on voit une longue portion de capillaire et même tout un réseau oblitéré par un bouchon de matière protoplasmique pâle, sans noyau, résultant de la conglomération de cellules spléniques ou de leucocytes nécrosés.

On ne voit pas de tissu de cirrhose circonscrivant les acini ou pénétrant dans leur intérieur. Mais dans les endroits où les cellules hépatiques sont le plus atrophiées, la paroi propre des trabécules est souvent épaissie et scléreuse. Ordinairement aussi le squelette fibreux de la glande est épaissi ; les carrefours de Glisson sont élargis; les orifices vasculaires et biliaires sont entourés d'un anneau fibreux plus dense qu'à l'état normal; la tunique musculeuse des artérioles est épaissie. Nous n'avons pas remarqué la dilatation des vaisseaux portes signalée par Frerichs. L'action du sulfure ammonique fait apparaître çà et là dans les carrefours interacineux des petits amas ou des traînées ramifiées de pigment ferrugineux. — Les conduits biliaires sont ordinairement vides; la sécrétion de la bile, contrairement à ce qui a lieu chez la plupart des paludéens, est manifestement diminuée.

2" Atrophie hypérémique. — Dans ce groupe de faits, les lésions du foie sont complexes et variées dans chaque cas : dilatation hypérémique des réseaux capillaires sur quelques points, ailleurs nodules d'hépatite parenchymateuse, ou îlots de cirrhose péri- ou intra-acineux, surcharge ferrugineuse, stase biliaire ou infiltration adipeuse des cellules hépatiques sur d'autres points. Il ne s'agit donc pas d'un processus uniforme et constant dans ses caractères. Le processus atrophique, démontré parla diminution de poids et de volume de la glande, a surpris celle-ci dans les premières phases de l'évolution d'une de ces hépatites que nous étudierons dans un chapitre spécial et en a arrêté le progrès.

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