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E LA PNEUMONIE DANS LA PÉRIODE DES 11 YPÉHÉMIES, ETC

dans le mouvement fluxionnaire qui s'accomplit dans toute pneumonie vers ces deux organes. Le réseau capillaire, relâché en raison de sa dilatation habituelle, oppose à l'afflux sanguin une résistance bien amoindrie et devient ainsi le sièoe d'un engorgement qui dépasse celui des accès de fièvre les plus violents. Toutefois, il est permis de supposer que dans certains cas la malaria, réveillée par le processus pneumomque, ajoute son action congestive à celle de ce dernier et peut ainsi revendiquer une part plus ou moins large dans la production de ce symptôme.

Quoi qu'il en soit, le gonflement douloureux du foie et de la rate persiste pendant toute la durée de la pneumonie - dans les cas qui se terminent rapidement par la mort, il aucrmente depuis le début jusqu'à la fin. D'ordinaire il subit des alterna tives variables, en rapport avec les rémissions fébriles ou avec emploi de moyens thérapeutiques locaux. La disparition de la douleur et la réduction graduelle et définitive du volume des deux organes annoncent ou suivent immédiatement la delervescence critique.

Symptômes respiratoires. - Variables dans leur degré ils se traduisent dans quelques cas par une dyspnée intense une respiration fréquente, superficielle et laborieuse, accompagnée d un sentiment d'angoisse des plus pénibles; le plus souvent toutefois la dyspnée est modérée, et ne se manifeste que par les efforts ou les changements de position du malade. Morehead a deja insisté sur l'exiguïté de ce symptôme dans les pneumonies palustres de Bombay, et il en voit la raison dans a réduction, chez les anémiques, de la masse du san- aui trouve dans le champ rétréci du poumon une surface suffisante a l hématose. Que l'explication soit exacte ou non, l'observaion du médecin anglais est confirmée par plusieurs de nos Uuts personnels.

%mp^ôm.s aVat/«ioim.- L'accélération du pouls est consente; les pulsations atteignent un chiffre élevé (130-140^ h conservent d'ordinaire leur fréquence dans les rémissions ou les intermissions du mouvement fébrile. Le pouls n'a ni la force ni ampleur notées dans la pneumonie simple; il est faible! mou, depressible, souvent inégal et même dichrote. Maloré

coJ!TeTv ^^-^ ^'énergie du choc pré-

coidial est diminuée, les bruits sont sourds, et parfois rem-

gyg LES INFLAMMATIONS. - LA l'NEUMONlfc:.

placés par des souffles (s. d'insuffisance). Les lésions nutritives signalées plus haut dans le muscle cardiaque suffisent à rendre compte de ces anomalies.

Symptômes digestifs. — Dans la plupart de nos faits, nous trouvons mentionnés les vomissements et la diarrhée; les premiers surviennent d'ordinaire au début, la seconde plus communément dans le décours de l'affection.

La fréquence exceptionnelle de ces deux symptômes doit être attribuée à l'exaltation fonctionnelle excessive du foie, ainsi qu'en témoignent la nature bilieuse des matières éliminées et surtout l'ictère. Ce dernier est en effet signalé dans la plupart de nos observations, en concomitance ou non avecla présence delà matière colorante biliaire dans les urines.

Sécrétions. — Seules les fonctions de la peau et des reins méritent une mention spéciale. ^ La peau reste parfois sèche et aride pendant toute la durée de l'aftection; dans d'autres cas, elle devient moite par moments, et souvent, après les paroxysmes fébriles, elle se couvre d'une transpiration légère qui n'a aucun caractère critique. La défervescence est généralement marquée par des sueurs profuses, froides et visqueuses quand il y a tendance au coi-

^""^Les'urines sont en général peu abondantes, d'une teinte oraneée plus ou moins foncée, avec ou sans reflet verdatre; presque toujours elles se troublent par la chaleur et l acide nitrique, et ce dernier réactif y fait apparaître ordinairement les teintes variées et caractéristiques de la bile ou de Ihemaphéine Parle repos, elles abandonnent d'ordinaire un dépôt plus ou moins épais, formé de cylindres hyalins et granuleux, de granulations libres, de leucocytes et de cellules epithelialcs

dégénérées. . , „„,e

Au moment de la défervescence, l'albumine et les éléments histologiques disparaissent assez rapidement, pour ceder la place à un sédiment critique qui se compose en grande partie d'acide urique et d'urate de soude. ^ .

Nos observations sont muettes relativement à l'hémoglobine , mais les urines n'ayant pas été soumises à l'analyse spcctroscopique, ce silence implique simplement que la matière co orante du sang ne s'y est jamais montrée en proportion notame. Il nous paraît vraisemblable que l'hémoglobinurie a du se pio-

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duire dans certains cas, du moins quelques-uns de nos examens histologiques des reins nous ont-ils montré dans les tubuli des gouttelettes jaune ocre et des stromata de globules routes .

C. Anatomîc pathologique. — Cette étude de la pneumonie dans la malaria chronique serait incomplète si nous n'y joignions les principales données fournies par l'anatomie pathologique.

Cerveau. — Il a présenté les lésions variées de la malaria; mais sept fois nous avons noté la suppuration des méninges, limitée au cerveau ou étendue en même temps à la moelle.

Poumons. — Nous nous bornerons à quelques remarques sur le siège de la pneumonie, sur l'aspect, les caractères particuliers de l'hépatisation.

Sur nos quatre-vingt-dix observations, cinquante-quatre fois l'intlammation siégeait à droite et trente fois à gauche, ce qui donne à peu près le rapport de ^ entre les pneumonies droites et gauches, chiffre sensiblement égal à celui de Grisolle pour la pneumonie en général. Six fois les deux poumons étaient atteints, soit une fois sur quinze, proportion encore très voisine de celle donnée par cet observateur.

Nous avons noté une fois de plus la prédominance de l'atteinte des lobes inférieurs sur celle des sommets; vingt-huit fois, en ne tenant compte que des faits vérifiés par l'autopsie, l'affection était étendue à presque tout un poumon, seize fois à droite et douze fois à gauche.

Tantôt l'hépatisation est ferme, compacte, la coupe grenue, rouge, rosée, blonde ou grisâtre; d'autres fois le parenchyme enflammé est mou, friable, rouge sombre ou gris sale; il se réduit facilement à la pression du doigt en une sorte de pulpe splénique, laissant sourdre du sang noir fluide mêlé de sérosité, ou un liquide purulent couleur lie de vin. Des noyaux hémorrhagiques ou purulents plus ou moins étendus et ramollis à leur partie centrale, sont fréquem^ment observés au sein du tissu hépatisé.

Au pourtour du foyer ou dans le lobe voisin, quelquefois dans l'autre poumon, on note, suivant les cas, une hypérémie plus ou moins intense, des noyaux apoplectiques ou de pneumonie calarrhale, des portions splénisées ou carnifiées, enfin

de l'engoiiemcnl, hémorrhagiqiie avec ramollissement du parenchyme.

Chez les sujets très anémies, atteints de suffusion séreuse dans les membres ou l'abdomen, l'engouement sanguin est souvent suppléé par une infiltration œdémateuse compacte ; il en résulte pour le parenchyme une apparence gélatineuse qui se fond par des transitions graduées avec l'hépatisation voisine.

Le caractère spécial de ces pneumonies réside en définitive dans les fluxions hémorrhagique et séreuse, et surtout dans la tendance à la purulence. Dans presque tous nos faits, le passage à la suppuration était plus ou moins marqué, et dans bon nombre d'eux, cette dernière avait envahi une partie ou la totalité du parenchyme malade. Dans un cas, celui-ci était criblé d'abcès pisiformes; dans deux autres, il existait au milieu d'un foyer d'hépatisation grise un abcès solitaire du volume d'une pomme d'api contenant du pus fétide.

La destruction du parenchyme par foyers peut aussi se produire par une sorte de désintégration granulo-graisseuse déterminée à la fois par le ramollissement hémorrhagique et purulent.

Dans un cas, nous avons constaté dans les lobes hépatisés trois tumeurs superficielles, soulevant la plèvre, du volume d'un œuf de pigeon à une petite orange, et donnant la sensation mixte d'une ampoule gazeuse et d'une collection liquide ; en incisant la paroi mince et floUante qui limitait à l'extérieur la tumeur, on a vu se dégager de grosses bulles de gaz et une certaine quantité d'un liquide séro-sanguinolent. La paroi extérieure de la poche était constituée par la plèvre, doublée d'une mince couche de tissu pulmonaire ; par l'excision de cette membrane, on a mis à nu une surface lisse, veloutée, rouge sombre, ayant la consistance d'une forte carnification, et présentant des dépressions plus ou moins profondes- Cette surface correspondait à un parenchyme friable, s'écrasant en une boue d'apparence splénique (ramollissement purulent) et renfermant des bulles d'air. Au microscope, on a reconnu une inliltration purulente et hémorrhagique avec désagrégation granulo-graisseuse.

Morehead mentionne quelques faits que nous croyons pouvoir rapprocher du précédent.

Chez cinq de ses pneumoniques (il s'agit d'indigènes), on trouva au milieu des portions qui avaient subi l'hépatisation grise, plusieurs excavations du volume d'un pois à celui d'une orange, produites deux fois par la gangrène moléculaire (nécrose ?), et trois fois par la gangrène en masse

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