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U LES INFLAMMATIONS. — LES HÉPATITES CHRONIQUES PALDD

minale, el enfin Tascite. L'ascile est constante, mais très variable dans l'époque de son appai'ition el dans son intensité. Chez quelques sujets, elle s'est déclarée seulement quelques semaines avant la mort et n'a pas été assez abondante pour exiger la ponction. Chez d'autres, elle s'est reproduite incessamment après une série de ponctions et a été la cause de la mort. Enfin nous avons eu sous les yeux plusieurs exemples de cette rétrocession de l'ascite après de nombreuses paracentèses dont il a été question à la Société médicale des hôpitaux dans ces dernières années. Nous avons rapporté ailleurs (p. 650) l'histoire d'un étudiant qui, après avoir subi onze fois la paracentèse, vit son ascite décroître et disparaître, en même temps que se déclarait une albuminurie par dégénérescence amyloïde des reins. En avril 1878, entrait à l'hôpital de Philippeville, pour une fièvre rémittente, un bûcheron âgé de quarante-quatre ans, qui raconta qu'après avoir éprouvé une série d'atteintes fébriles de 1869 à 1872, il fut pris d'une ascite pour laquelle il subit dans le cours de cette année onze ponctions à l'hôpital. Après la onzième, l'ascite se reproduisit puis disparut spontanément et graduellement dans le cours d'une année. Depuis lors, il avait joui d'une bonne santé, sauf quelques récidives de fièvre pendant l'été. Au moment où nous l'observâmes, il n'y avait point d'ascite ; le foie était un peu plus volumineux qu'à l'état normal et débordait l'hypochondre de deux travers de doigt ; la rate était très volumineuse. La fièvre rémittente qui avait amené cet homme à l'hôpital céda rapidement à la médication quinique, et il sortit guéri. Nous citerons encore un troisième fait. Un journalier, âgé de trente ans, contracta au mois d'août 1877, peu après son arrivée eu Algérie, une fièvre pernicieuse pour laquelle il fut traité à l'hôpital de Philippeville, et qui fut suivie d'anasarque. Au mois de novembre, l'anasarque étant dissipée, l'ascite persista et exigea deux fois la ponction le 16 et le 28 novembre. Après cette deuxième ponction, elle ne se reproduisit plus; mais plusieurs rechutes de fièvre retinrent le malade à l'hôpital jusqu'au 20 mars 1878. Il sortit guéri. Il revint le 29 jum poui' une thrombose du membre inférieur gauche, qui s'était déclarée quelques semaines après sa sortie. Pendant ce deuxième séjour, il eut encore plusieurs accès de fièvre violents, et le 16 juillet on constata la reproduction de l'ascite.

LES CIRRHOSES. 715

sortit quelque temps après, non guéri, et ne fut plus revu.

L'ictère fait le plus souvent défaut. Une seule fois, dans un cas de cirrhose très avancée (obs. de Ponet), un ictère intense était apparu six .semaines avant la mort. Dans trois cas (obs. de Josserand, Bordet, Pauchet), la nuance subictérique des téguments est notée. Dans les autres observations, il est fait mention seulement du teint terreux propre à la cachexie paludéenne.

Caractères, de Vurine. — L'urine est presque toujours rare et chargée d'urates, haute en couleur, quelquefois faiblement bilieuse. — L'urée, qui dépasse sensiblement la norme dans la période d'hypocrinie, diminue progressivement au cours des processus phlegmasiques. Dans plusieurs observations qui ont été l'objet d'analyses suivies, nous avons vu son taux quotidien s^abaisser peu à peu de 20 à 10 grammes (Kelsch, Les affections du foie en Algérie et les variations de Vurée, in Progrès médical, 1880).

Le cours de la maladie est ordinairement apyrétique. Deux fois seulement, dans les dernières semaines de la vie, s'est allumée une fièvre hectique. Chez d'autres malades, les observations signalent parfois des accès de fièvre intermittente irréguliers, paraissant indépendants des progrès de l'hépatite.

Les modes de terminaison, dans les cas qui ont pu être observés quelque temps, sont les suivants :

Hémorrhagie de l'artère épigastrique à la

suite d'une ponction i fois.

Péritonite consécutive à la ponction , 3

Péritonite spontanée 2

Coma ^

Délire calme j

Faiblesse progressive et marasme 2

Erysipèle phlegmoneux des membres inférieurs I

Stomatite gangreneuse 1

Cachexie amyloïde -j

Bronchite capillaire 2 —

§ 2. — Anatomie pathologique.

Les cirrhoses dont nous avons à rendre compte ne rentrent pas dans les catégories classiques. Ce sont des hépatites mixtes, à la fois interstitielles et parenchymateuses. Les deux

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