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LES INFLAMMATIONS. - LA NÉPHRITE PALUDÉKNNE

Giomérules. — Les moins altérés sont agrandis et remplissent exactement la capsule de Bovvmann; leurs noyaux, rendus très apparents par l'action du carmin et de l'acide acétique, apparaissent tellement nombreux, qu'ils laissent à peine entrevoir le contour des anses capillaires. Sur des préparations conservées dans le liquide de Mûller, on peut s'assurer que l'injection y est très irrégulière, que certaines anses sont distendues par le sang, et d'autres exsangues. On y trouve parfois des cellules mélanifères.

La capsule de Bowmann, ordinairement épaissie et formée d'un feutrage de faisceaux conjonctifs infiltrés de petites cellules, a contracté des adhérences avec le glomérule. Ainsi est formé un peloton de tissu embryonnaire où toute démarcation entre la capsule et son contenu est devenue impossible. Lorsque l'adhérence n'est pas générale, l'espace resté libre est souvent occupé par un exsudât coagulable ou par des leucocytes et des globules rouges, et l'épi thélium de revêtement de la capsule paraît en voie de multiplication.

A un degré plus avancé, une substance fondamentale rosée s'insinue entre les petites cellules qui diminuent graduellement de nombre, jusqu'à ce que le peloton tout entier soit transformé en un nodule fibreux ou une substance homogène qui s'atrophie de plus en plus.

Nous nous sommes demandé quels sont, dans le glomérule, les éléments qui prolifèrent. Klebs (6) pensait que c'étaient les corpuscules du tissu conjonctif très délicat interposé entre les anses capillaires, et MM. Cornil et Brault ont depuis, dans leur ouvrage, confirmé cette opinion. N'ayant obtenu aucune image satisfaisante à ce point de vue par la dissociation, nous avions émis la pensée, dans notre travail de 1882, que c'était la paroi elle-même et non le slroma interstitiel qui revenait à l'état embryonnaire, comme l'avaient déjà admis Yirchow, Foerster, Langhans et Friedlânder (7). Nous inclinerions d'au- ■ tant plus aujourd'hui vers l'autre alternative, que nous avons été amenés depuis à mettre en doute la prolifération admise jadis par nous des parois des capillaires hépatiques. Mais peut-être convient-il de ne pas exclure du processus l'cpithelium de revêtement du glomérule, dont Haussmann a démontre tout récemment la participation très active aux phlegmasics de ce dernier (8).

NÉPHRITE DIFFUSli OU CLOMÉKULAIKE. 749

F oyers périglomérul aires. — L'inflammalion rayonne ordinairement autour du glomérule, dans une zone comprenant une ou plusieurs rangées de sections de tubes contournés. Dans les cas très aigus, ces tubes sont légèrement diminués de calibre; leurs cellules épithéliales se sont multipliées et transformées en petites cellules cubiques, colorées en rose par le picro-carmin. Si la lésion est plus avancée, les tubes se rétrécissent de plus en plus et finalement se réduisent à des colonnettes cellulaires sans lumière apparente, pendant que le tissu conjonctif péricapsulaire et intertubulaire s'épaissit et se charge de cellules rondes, probablement migratrices, colorées en rouge plus sombre que les noyaux épithéliaux.

Dans un de nos faits, cette migration de cellules lymphatiques atteignait une intensité exceptionnelle et donnait lieu à la formation de granulations blanchâtres, visibles à l'œil nu, et saillantes sur la surface de section de la glande. Sur les coupes, ces petits foyers, comprenant deux ou trois glomérules, montraient un champ serré de petites cellules rondes, au sein duquel les sections de tubes contournés apparaissaient les unes comprimées et rélrécies, les autres bourrées elles-mêmes de cellules rondes.

Lésions diffuses. — En dehors de ces foyers de phlegmasie périglomérulaire, il n'y a à signaler dans le parenchyme que' des lésions peu importantes.

Les tubes contournés et les tubes larges de Henle ont leur calibre normal. L'épilhélium, imprégné de pigment hématique, présente çà et là les divers aspects caractéristiques de la sécrétion muqueuse, c'est-à-dire le renflement vésiculeux et le contour dentelé de son bord libre. La lumière des tubes est occupée par des globes ou des moules cylindriques hyalins et par de la matière pigmentaire brunâtre dissociée ou incorporée dans les moules hyalins ; çà et là quelques tubes contournés ou droits sont obstrués par des thrombus de globules rouo-es ou des leucocytes; les moules colloïdes font ordinairement delaut.

Une hypérémie intense distend le réseau capillaire dans toute étendue de la région labyrinthique, et particulièrement au voisinage des foyers périglomérulaires. Les gros troncs veineux oelazonehmitante sont gorgés de sang et renferment une nrol portion insolite de globules blancs. Enfin, dans les pyramides

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