Caraclèrcs généraux du processus
On voil que le caraclèrc général de ce processus consisle dans la tendance du parenchyme rénal sécréteur à se Irans- Ibrmer en tissu conjoncLif embryonnaire ou fibreux. Le processus, tantôt rapide, tantôt chronique, d'emblée général ou circonscrit au début et se généralisant lentement, comporte une série de variétés graduées, depuis la l'orme franchement inllammatoire, caractérisée par' une active prolifération cellulaire, jusqu'à ces formes btitardes et séniles, dans lesquelles le foyer de sclérose résulte d'une lente hypergenèse du tissu fibreux, avec atrophie graduelle des éléments glandulaires.
Un des traits les plus importants de cette néphrite est la tendance que l'on peut constater dans ses formes même en apparence les plus diffuses à se fixer dans des foyers souvent très petits et très rapprochés les uns des autres et correspondant ordinairement à un glomérule ou h un groupe de glomérules.
Ces petits appareils vasculaires sont atteints successivement et de la façon la plus irrégulière par la phlegmasie, car constamment la même coupe et parfois le même lobule montre, à côté des glomérules normaux, d'autres qui sont hyperplasiés, et d'autres qui sont entièrement fibreux.
Autour du glomérule malade se dessine un petit foyer de sclérose tubulaire. Ces foyers s'élargissent progressivement, gagnent les rayons médullaires, se relient les uns aux autres par des traînées, jusqu'à ce que la sclérose soit plus ou moins généralisée à toute la substance corticale et véritablement diffuse. Dans les formes circonscrites, les points de départ et le mode d'extension de la sclérose sont les mêmes, dans les limites du territoire envahi. Ces territoires correspondent parfois à plusieurs lobules, à un lobe de la glande; d'autresfois ils s'étendent en nappe à la surface de l'organe.
Il est facile de mettre en rapport ces données histologicjucs avec les caractères macroscopiques du rein.
La multiplicité et l'exiguïté des foyers rendent compte de l'uniformedistribulion dcl'hypérémie dans les périodes aiguës de la néphrite. Le rein est uniformément rouge et les liémorrhagies se produisent dans toute l'étendue de l'appareil nnuifère, fréquemment dans les capsules de Bowmann.
NÉPHRITE DIFFUSE OU fJ.OMr.RULAIRE. 757
L'augmentation de volume de la glande, dépendant d'un seul
nicteur, la dilatation du réseau capillaire est généralement moins prononcée que dans la néphrite à granulations de Bright, où les tubes urinifères sont dilatés, ainsi que les vaisseaux
Le volume diminue graduellement au cours du processus à mesure que la transformation scléreuse s'étend à un plus opand nombre de tubes urinifères. Le degré ultime de l'atrophie est d ailleurs variable, suivant que les colonnettes épithéliales demeurent béantes dans un tissu conjonctif hypérémié ou suivant qu'elles se rétrécissent et finissent par disparaître dans un tissu conjonctif de plus en plus condensé. Aucune partie n'est proéminente à la surface de la glande, ni sur les sections • l'induration lisse ou faiblement chagrinée est un caractère persictant dans tout le cours du processus.
Nous ne saurions affirmer si le diagnostic différentiel de cette forme de néphrite pourra être fait pendant la vie; nos observations n'y apportent qu'une médiocre contribution. Pour les cas a.gus tout au moins, où les glomérules sont exclusivement interesses, il semble que les modifications de l'urine doivent porter principalement sur sa quantité, et que sa composition en principes fixes ne doive pas être sensiblement altérée, puisque les epithéliums restent sains. Mais lorsque la lésion est avancée, les epithéliums font défaut aussi bien que les glomé-
La néphrite diffuse, telle que nous l'avons observée dans la malaria, figure dans les traités classiques les plus récents Nous en retrouvons aisément les traits dans la deuxième variété de maladie de Bright chronique admise par Wagner (9), variété qu II oppose au gros rein blanc et au rein granuleux, et qu'il conidere comme la plus commune de toutes. Effectivement, elle se développe dans des conditions étiologiques multiples : Klebs a décrite dans la scarlatine, Cohnheim dans la diphthérite^ a pneumonie, l'érysipèle et l'empoisonnement parlepétrol^ ^lU). Lest elle qui est ordinairement associée aureinamvloïde Nous-mêmes, nous l'avons observée, en dehors de la mahria* comme suite du refroidissement et dans l'alcoolisme invétéré' dan l/rf conditions déterminantes, moin^
i detXde'^^^'^"^ '''' clans les propriétés réaction:
758 MÎS INFLAMMATIONS. - LA Nfil'UHITIi PALUDÈENNK.
§ 2. — NÉl'IllUTE A r, UANULATIONS. 1. — Forme aiguë.
Caractères cliniques.— Elle survient à toutes les époques de l'intoxication, mais de préférence chez les individus sujets depuis plusieurs mois à des retours incessants de fièvre. Apparaissant souvent à l'occasion des premiers froids, elle débute par une anasarque et une ascite à développement rapide. Les urines sont peu copieuses (1-2 1.), hautes en couleur, richement albumineuses, et laissent déposer un sédiment abondant composé de cylindres hyalins et colloïdes, de leucocytes et de globules rouges. Cette situation est souvent aggravée par des retours fréquents de la fièvre et par une bronchite tenace et accompagnée de bronchorrhée abondante. L'évolution est en général moins rapide que dans la néphrite glomérulaire aiguë. La mort arrive d'ordinaire par les progrès de l'anasarque et par l'œdème pulmonaire. Les symptômes urémiques sont exceptionnels.
Nous ne sommes pas en mesure d'affirmer si le diagnostic différentiel entre les deux formes delà néphrite aiguë est possible pendant la vie. L'examen du sédiment pourra fournir quelques indices. Dans la néphrite glomérulaire, le sédiment renferme peu de globules rouges, mais principalement des moules hyalins et granuleux.
Dans la néphrite granuleuse, dont le phénomène capital, comme nous le verrons, est la sécrétion d'une substance colloïde, les moules colloïdes constitueront la majeure partie du sédiment urinaire, et les globules rouges seront en général
plus abondants.
Quant aux symptômes résultant des troubles des autres fonctions, ils ne nous ont paru présenter aucune corrélation avec l'une ou l'autre forme anatomique. L'observation suivante qui est un exemple très net du type hydropique de la maladie, ne diffère pas dans ses traits fondamentaux de l'observation 1.
Observation IL Impaludisme chronique; fièvres rebelles ; néphrite brightique à invasion brusque et à marche rapide. Bronchite, anaw que, ascite, œdème pulmonaire ; mort par asphyxie. Gros rems pa avec granulations de Bright au début. - W-, adolescent de qu. ans est admis à l'hôpital de Balna, le 12 novembre 1870. Il est en Algt.i