‹ Traité des maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 160 sur 213 · NÉPHRITE A GRANULATIONS. 7G · texte numérisé non relu

NÉPHRITE A GRANULATIONS. 7G

cordon presque linéaire de petites cellules rouges, enserré dans une paroi propre très épaisse; d'autres fois les colonnettes cellulaires, un peu plus larges, ont conservé un canal central ordinairement occupé par un moule colloïde graisseux. Des glomérules, les uns sont devenus complètement fibreux, les autres se transforment en une masse colloïde qui s'infiltre de granules graisseux et subit une lente résorption en môme temps que la capsule de Bowmann s'épaississant se resserre de plus en plus sur son contenu.

Granulations de Bright. — Les tubes sont toujours énormément dilatés, comme dans la forme aiguë, mais leur épithélium a changé complètement d'aspect: au lieu d'être composé de ces grosses cellules pâles, aux contours si nets, il forme dans la plupart des tubes une couche peu épaisse, abord libre dentelé et déchiqueté, dans laquelle les contours des cellules sont peu distinctes; la couche protoplasmique, très opaque, montre à un fort grossissement une substance réfringente' colorée en rouge orangé par le carmin et émulsionnée de granules graisseux; les noyaux peu apparents sont faiblement colorés par le carmin.

^ Dans d'autres tubes, la couche est moins épaisse encore et d'un mveau plus uniforme; enfin, sur certains points, le revôtemenl est formé par une simple couche de cellules plates, pavlmenieuses, à protoplasma transparent et rosé. Ces diverses modifications peuvent se trouver juxtaposées dans les divers segments d'un même tube.

L'épithélium ainsi altéré fournit une matière mucoïde rare demi-sohde, qui se détache en gouttelettes plus petites que les globes colloïdes du bord déchiqueté de l'épithélium ; ces -outtelettes viennent se réunir dans la lumière des tubes et constituer, par leur agglutination, une variété de moules en quelque sorte propres à cette néphrite, les moules colloïdes graisseux. ^«^uuiucs

Cette substance qui, d'après ses propriétés micro-chimique^^ semble être de même nature que la couche épithéliale est sins doute moins un produit de leur sécrétion qu'un déchet de leur protoplasma dégénéré.

Il est assez facile, sur une vue d'ensemble des préparations de suivre le sort des granulations dans l^^trophie p~ .a du rein. Les unes sont peu à peu traversées de la^^eViphède

768 LES INFLAMMATIONS. — LA NÉlMllUTlî PALUDÉliNNIi.

au centre par des cloisons fibreuses qui les subdivisent en plusieurs segments. Au cours de cet envahissement, un réveil de vitalité se manifeste dans la couche épithéliale opaque, graisseuse et dégénérée : les noyaux prennent une teinte carminée vive, se multiplient et forment bientôt à la paroi du !ube un revêtement complet de cellules embryonnaires ; les déchets protopkismiques tombent dans la cavité du tube et s'y conglomèrent en un moule cylindrique. En môme temps, le tissu conjonctifintertubulaire s'épaissit et entoure de cloisons rosées les tubes qui s'atrophient. D'autres granulations, les moins nombreuses, subissent la dégénération et la fonte colloïde et graisseuse, et se transforment en kystes.

m. — Caractères généraux de la néphrite à granulations.

Une sclérose progressive, s'étendant uniformément des glomérulesau parenchyme, résume tout le processus delà néphi-ile diffuse ; la tuméfaction de l'épithélium et la sécrétion hyaline n'y ont qu'un rôle effacé. Les lésions épithéliales acquièrent une tout autre importance dans la néphrite à granulations et lui impriment son caractère distinctif.

Dès le début de la néphrite aiguë, en même temps que la olande augmente de volume, apparaissent dans la substance corticale hypérémiée des taches blanches peu ou point saillantes, formées de tubes dont l'épithélium tuméfié sécrète abondamment une matière colloïde, et dont la paroi dilatée comprime les capillaires du stroma. Les territoires intermédiaires à ces îlots tuméfiés où la sécrétion hyaline est moins active et où l'hypérémie est favorisée par l'ischémie des granulations voisines, tendent à se rétrécir et à subir la transformation embryonnaire par une active prolifération des noyaux épithéliaux, des glomérules et du tissu interstitiel. De pareils désordres peuvent amener la mort en quelques semaines.

Lorsque le processus affecte une marche plus lente, les deux ordres de lésion parcourent chacune, dans un sens opposé, les différentes phases de son évolution et se différencient de plus en plus profondément. ^

Pendant que la sclérose poursuit son lent progrès alropinque les granulations, refoulant et condensant le parenchyme environnant, s'isolent de plus en plus ; elles résistent seules a

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rextension de la sclérose, ne se laissent envaliii- qu'un à un et persislent jusque dans les degrés extrêmes de l'atrophie de la glande, déterminant l'aspect macroscopique du petit rein granuleux et histologiquemcnt la configuration annulaire de la sclérose.

C'est pour exprimer l'influence directrice de la granulation sur 1 ensemble du processus que nous avons désigné celui-ci du nom de néphrite à granulations de Brio-ht

Noire conception delà néphrite granuleuse diffère de celle qui a prévalu dans les traités classiques, notamment dans l'important ouvi-age de MM. Cornil et Brault (11). La courte cri tique qu'en ont donnée ces deux observateurs nous a détermines à soumettre tous nos faits à une nouvelle étude • le résultat de cette revision a été de nous confirmer dans l'opinion que nous avons exprimée en 1882.

Considérer la granulation comme une portion de parenchyme épargnée par la phlegmasie, c'est méconnaître les altérations SI saisissantes dont elle est le siège, l'énorme dilatation des tubes, la tumef-iction considérable de l'épithéiium, l'abondante sécrétion de substance mucoïde, enfin la compression si manifeste exercée par le foyer sur les parties voisines : on ne peut se refuser à voir dans ces désordres le résultat d'une irri-

mnlrinl f "''/Î^^'J'^'^^'^' ^^"^ ^^^^^'i toires glandulaires multiples et indépendants.

Pour donner au processus sa véritable signification, il faut opposer a ses stades avancés dans lesquels la sclérose efface es autres desordres, les phases initiales où l'hypertrophie et 1 hyperactiv.te fonctionnelle du parenchyme sont véritablement pr dominantes. C'est à ces lésions d'ailleurs que la glande est

1 edevable de ses principaux caractères macroscopiques, notam-

sa consistance

pâteuse, caracleres qui sont d'une interprétation difficile avec chymrs'lin""' ''''''''^ investissant des îlots de paren-

Au reste, ne décrivant ici que des phlegmasies palustres no^ns garde d'appliquer les données qu'elles nous foi"! Ig néra Pathologique de la néphrite brightique en

fur, ' r '''P'''^^''''^'"^' ''''''^ P^"^-êt''e téméra re de ijuger nos faits au nom des observations recueillies Zlu . nue ans les foyers de malaria. Cette réserve n u semb

770 LliS INl'LAMMAilUiNfi. — LA NÉPHRITE PALUDÉENNE.

d'autanl plus juste que l'hépatite palustre, elle aussi, présente des caractères spéciaux qui la différencient à bien des égards des lypes décrits à Paris.

En résumé, les néphrites que nous venons de décrire sont caractérisées, comme d'ailleurs la néphrite brightique ordinaire, par leur tendance à se localiser en foyers. Les éléments anatomiques compris dans les territoires phlegmasiés réagissent diversement, suivant leurs aptitudes ou le caractère général du processus, mais ils réagissent tous.

Si les processus inllammatoires ne se localisent pas exclusivement dans le tissu conjonctif ou glandulaire, ils ne semblent pas davantage assujettis dans leur distribution aux divisions de l'anatomietopographique. Le plan du lobule rénal ne détermine point la configuration des lésions dans les néphrites palustres.

Les divers processus que nous avons étudiés nous ont toujours montré deux ordres de phénomènes pathologiques isolés ou associés, dont l'un, trouble sécrétoire, n'est que l'exagération d'une propriété immanente au protoplasma glandulaire, dont l'autre, trouble d'évolution, n'est que le retour à un stade du développement embryonnaire.

La prédominance de l'un ou de l'autre de ces processus a servi de base à notre systématisation des néphrites : chacun d'eux a des localisations électives en rapport avec les propriétés spécifiques des éléments constitutifs de la glande.

C'est ainsi que les processus exclusivement sclérosiques débutent en général dans les glomérules que leur structure prédispose peut-être à se transformer en tissu embryonnaire ; ces foyers s'étendent peu à peu aux dépens de Tépithélium et du tissu conjonctif du voisinage, se relient les uns aux autres par des traînées nombreuses, jusqu'à ce que la sclérose soit généralisée à toute la substance corticale et véritablement

diffuse. , . ^

Dans les processus mixtes, à la fois secretoires et sclciosiques, la topographie des lésions est plus complexe, mais également indépendante de la circonscription du lobule rénal. Le^ granulations de Bright, foyers d'activité sécrétoire, occupcm dans la substance corticale des territoires arbitrairement coinposés de tubes contournés et de tubes droits dont 1 epitlicUum

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