‹ Traité des maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 164 sur 213 · II. — Dans la population militaire en temps de paix · texte numérisé non relu

II. — Dans la population militaire en temps de paix

A. De la malaria dans les garnisons.- Si, comme on l'a dit souvent, le soldat constitue un réactif éminemment sensible pour la cause typhoïgène, on peut affimer qu'il n'est pas moins impressionnable à celle de la malaria. La distribution géographique de celle-ci sur notre territoire pourrait être déduite, dans ses grandes lignes, de nos statistiques militaires. Ce sont, en effet, les corps d'armée occupant le littoral et le centre qui fournissent la plus forte morbidité par fièvre intermittente. Mais les études de topographie.médicale faites depuis' plus d'un siècle par nos collègues (28) ont une valeur bien autrement précise ; elles fournissent les renseignements les plus utiles sur l'étendue de l'endémie palustre en France et sur les modifications qu'elle a subies à travers les années

Il n'est guère de ville où les fièvres n'aient été signalées au moins à titre accidentel. Mais ce sont les garnisons du littoral Ouest, Dunkerque, Calais, Rochefort, Brouage, la Rochelle Bordeaux, puis quelques-unes des bords méditerranéens Per' pignan, Montpellier, Cette, enfin dans l'intérieur du territoire certaines villes riveraines de nos grandes rivières, Angers la Flèche Châteauroux, Mâcon, Strasbourg, etc., qui ont été sans cesse dénoncées, dans les relations des médecins de l'armée comme exerçant la plus fâcheuse influence sur les troupes ' Maintes fois l'endémie a sévi avec intensité sur les garnisons Aux mo,s d'août et de septembre 1826, un petit'^ bataillon a intanterie de 500 hommes en garnison à Montbrison eul m sujets atteints (29). 11 y a une trentaine d'années' les fièvres intermittentes formaient parfois les quatre cinquièmes des maladies traitées à l'hôpital militaire de Slrasboui- et dans certaines années on a dû y admettre le quart ou'un cmquieme de l'effectif pour ce motif (30). En 1831 le 18» de ligne fut désigné pour occuper le marais de la Vendée et 1 arrondissement des Sables. Du mois de juillet 1831 au moi.

0 «e 1832, la presque totalité du régiment fut aU^ de hevre d accès. La malaria seule détermina dans cet inter-

KTIOLOGIE DE LA MALAHIA.

valle 39/1I admissions à l'iiôpital et environ 250 décès (31).

Dans son inléressante étude sur la salubrité des garnisons de la Charente-Inférieure, le professeur Godélier établit que pendant août et septembre 1838 les garnisons de Rochefort, la Rochelle et Brouage ont fourni :

Rochefort... 7173 sur 100 d'effectif, d'entrées aux hôpitaux, pour fièvres. La Rochelle. 14 06 id. id. id.

Brouage.... 82 76 id. id. iJ- (32)

Enfin, plus près de nous, à la Rochelle, en 1865, les deux casernes A et B, contenant un effectif de 605 hommes, ont eu du 1" juillet au 8 septembre 212 cas de fièvre d'accès (33).

De pareils faits rappellent les périodes les plus néfastes de l'endémie algérienne.

Caractère saisonnier. — La détermination des conditions pathogéniques de la malaria dans ce nouveau milieu nous amène tout d'abord à lui reconnaître le caractère hautement saisonnier. L'épidémie, qui évolue avec ses périodes habituelles d'augment, d'étal stationnaire et de déclin, commence ordinairement en juillet ou en août, acquiert son sommet en septembre, et diminue ensuite jusqu'en novembre ou décembre. Dans certaines garnisons on signale, indépendamment de l'endémo-épidémie de l'été ou de l'automne, des fièvres vernales en assez grand nombre pour constituer une petite épidémie, et vraisemblablement provoquées par les premières chaleurs de l'année (Saint-Dié, Strasbourg).

Conditions tellxiriques. — Mais pour tous nos collègues, le facteur pathogénique par excellence, c'est l'insalubrité du sol dans le voisinage de la garnison et souvent des casernes mêmes. Ici on dénonce des plaines basses, marécageuses (Dunkerque, Perpignan, gaiTJsons de la Charente), là des rivières dont les bords fangeux se découvrent par les chaleurs prolongées ou dans les marées basses (34), ailleurs des fosses aux eaux stagnantes, des cours d'eau vaseux mis à sec par le soleil ou dragués en temps inopportun (35), plus loin encore le mélange d'eau douce et d'eau de mer dans les fossés ou les .uisscaux qui entourent les fortifications (canal de la Cunelie à Dunkerque, fossé des fortifications à la Rochelle).

En l'absence de ces conditions d'insalubrité qui sont fla-

grantes, on invoque l'humidité du terrain occupé par la caserne et ses annexes, la nature du sol et du sous-sol pénétré d'eaux souterraines (36), le mauvais état d'égouts ou de ruisseaux qui coulent à ciel ouvert dans le voisinage de la caserne (37), et quelquefois aussi les marais artificiellement créés pour l'édification de chaussées du chemin de fer (38).

C'est un fait à peu près constant que pendant la période endémo-épidémique les fièvres sont beaucoup plus nombreuses dans la population militaire que parmi les bourgeois. Cette différence tient à trois conditions bien connues depuis les recherches de notre maître, M. le professeur Colin :

1" A ce que les nouveaux venus, les étrangers, sont plus impressionnables à la cause fébrigène que les résidents. Ce trait n'est point propre à la malaria; il appartient à plusieurs maladies endémiques, comme en témoigne la grande susceptibilité des militaires pour la fièvre typhoïde, pour le goitre endémique, etc.;

2" A ce que les champs de manœuvre sont ordinairement situés en dehors de la ville, à proximité des foyers fébrigènes, et à ce que les militaires s'y rendent le matin de bonne heure' au moment où les miasmes condensés sont doués d'une grande énergie. C'est à cette circonstance que M. Gassaud a rapporté l'épidémie de fièvres paludéennes graves qui a régné sur la garnison de Bordeaux à la fm du printemps et pendant l'été de 1839;

^ 3° Enfin à ce que les habitations militaires sont en général situées excentriquement, dans le voisinage plus ou moins immédiat des foyers d'infection mentionnés plus haut. Il est facile d'apprécier la valeur de cette circonstance dans les villes qui possèdent plusieurs casernes placées à des dislances variables de la périphérie. Du -15 mai au i 7 juin '1860, écrit le médecin en chef de l'hôpital militaire de Strasbourg, le 47" de ligne logé à la Finkmatt, une des casernes les plus excentriques, a fourni 179 atteintes de fièvre intermittente, tandis que dans le même intervalle les autres corps réunis de la garnison n'en ont donné que 92 (39). A la Rochelle ie'o casernes A et B, habitations extrêmes de la ville au nord-ouest et situées près du point où s'opère la jonction des eaux douces du marais Lafond avec les eaux salées du fossé de la ville sont décimées par la fièvre dans certaines années ; pendant ce

temps la caserne II (Sainte-Glaire), située à 200 mètres de distance du fossé, n'est que légèremcnl éprouvée, et la caserne G (Gordeliers), éloignée de plus de 500 mètres de ce dernier, ne reçoit jamais la moindre atteinte (-40). Il nous serail facile de multiplier de pareilles citations.

Indépendamment de ses recrudescences saisonnières , la malaria subit dans les garnisons des aggravations périodiques qui se traduisent par des épidémies sévères, communes à la troupe et à la population civile. C'est ainsi que, d'après des documents conservés aux archives du comité de santé, le chiffre moyen des entrants à l'hôpital de Dunkerque, où les fièvres palustres sonl endémiques, ayant été de 184 par an sur 1000 hommes de l'effectif pendant les années 1841 à 1845, s'éleva à 392 en 1846 et à 697 en 1847, par suite d'une formidable recrudescence des fièvres intermittentes. Puis, après s'être renfermée pendant de longues années dans ses limites habituelles, la malaria prit de nouveau un développement extraordinaire dans l'été de 1858. Du mois de mars au mois de septembre, dit M. Villette, à qui nous empruntons ces détails, il y eut 1061 entrées à l'hôpital pour fièvres intermittentes sur un effectif de 1300 hommes; depuis 1847, ajoute cet observateur, il n'y avait pas eu d'exemple d'un pareil développement de fièvres.

Ges expansions épidémiques à long intervalle trouvent souvent leur raison d'être dans des conditions cosmiques ou telluriques exceptionnelles. G'est ainsi que la double épidémie de 1846 et de 1847 est rapportée par son historien, sous toutes réserves toutefois, aux travaux effectués pour l'établissement du bassin à flot, et au barrage établi sur le canal de Mardyk dont les eaux devinrent stagnantes. L'épidémie de 1858 est attribuée par M. Villette à une longue sécheresse et à des travaux opérés pendant toute la saison chaude dans le port et dans la ligne des fortifications.

Toutefois, ces recrudescences périodiques dans l'endémie ne sont pas toujours liées au développement exceptionnel de facteurs étiologiques appréciables. Elles peuvent se produire sans qu'il soit survenu quelque changement dans la condition physique du sol. Dans le deuxième semestre de 1825, une cruelle épidémie de malaria éclata à Perpignan et dans les environs. liCS (lèvres ne Remontrèrent pas seulement, comme d'ha-

bitiide, dans les lieux bas et humides qui bordent les plages, mais elles apparurent aussi sur différents points du département, et même dans les montagnes où elles étaient complètement inconnues auparavant. Du juillet 1825 au 1" février 1826, l'épidémie envoya k l'hôpital militaire de Perpignan 1279 soldats atteints de fièvre périodique, provenant tous de la garnison. L'historien de cette épidémie, M. Masnou (M), l'impute à la sécheresse prolongée, à un état électro-magnétique spécial de l'atmosphère. °

Mais, à la même époque, des épisodes semblables étaient signalés sur d'autres points du territoire. En août et septembre 1825, 300 mihtaires du 14^ de ligne, en garnison à Montbrison, furent atteints de fièvres palustres qui sévissaient alors d'une manière exceptionnelle sur la population de cette ville, et, en 1826, pendant les mêmes mois, un bataillon du 17' d'infanterie de ligne, fort de 500 hommes, fournit 164 cas de fièvres d'accès.

Dans notre pensée, ces épisodes se rattachent aux influences générales qui ont rendu les années 1825 et 1826 si fécondes en épidémies de fièvre palustre dans toute l'Europe, qui ont donné une énergie exceptionnelle aux foyers endémiques et fait surgir des épidémies là où la malaria était inconnue jusqu'alors.

Morbidité et mortalité. — La morbidité n'atteint qu'exceptionnellement les chiffres excessifs que nous trouvons dans h relation des épidémies de la Vendée, de la Charente-Inférieure, de Dunkerque; mais elle est en général assez forte, ainsi qu'en témoignent les documents produits plus haut; elle dépasse toujours celle de la population civile. Les épidémies sont sévères, moins par le chiffre des décès que par le grand nombre de malades, par la fréquence des récidives, par la durée du traitement, enfin par les états chroniques succédant a l'intoxication aiguë.

La mortalité est en effet ordinairement faible, même lorsque la morbidité est très grande : elle fut nulle dans la forte épidemie de Dunkerque de 1858. Sur 825 cas de fièvre intermittente traités à l'hôpital militaire de Strasbourg dans le courant de 1839, il n'y eut que 2 décès (Pascal).

11 y a toutefois des épidémies dans lesquelles le nombre des morts a été considérable. C'est ainsi que dans celle du Marais

de la Vendée on compta 233 morts sur admissions à l'hôpital. En outre, on dut donner 54 congés de réforme, 156 congés d'un an et 182 congés de convalescence.

L'épidémie de Perpignan donna lieu à 38 décès sur 1279 malades, mais il est probable que des cas de fièvre typhoïde étaient englobés dans la malaria.

Du 1"' mai 1833 au l'''" mai 1834, la garnison de Rochefort, maintenue à 900 hommes par le remplacement successif des malades, a compté 109 morts par fièvres palustres, et, en octobre 1834, 158 militaires des deux corps qui avaient fourni cette garnison, durent être réformés pour engorgement des viscères de l'abdomen (Godélier, loc. cit., p. 42).

Mais ces chiffres sont certainement exceptionnels. Dans la période décennale de 1874 à 1883, le nombre annuel des morts par affection palustre dans l'armée servant à l'intérieur a oscillé entre 12 et 60, soit une moyenne annuelle de 31,2 de décès.

Types et formes de la maladie. — En France, comme dans les latitudes plus basses, on observe tous les types fébriles, ainsi que les différentes formes et degrés variables de l'intoxication. Les accès pernicieux toutefois et les cachexies n'ont guère été signalés que dans les épidémies graves de nos foyers palustres les plus intenses, tels que Rochefort, Brouage, le Marais de la Vendée. Quant au type de la lièvre, ce sont les périodiques qui l'emportent de beaucoup par leur fréquence. Les 1061 cas de fièvre intermittente admis à l'hôpital de Dunkerque dans l'été et l'automne de 1858 se décomposent ainsi :

Fièvre quotidienne

• Al 7

— tierce '

— quarte

— irreguliere

— rémittente

Souvent on mentionne, dans les relations, la combinaison entre les fièvres palustres et les autres maladies régnantes, bronchite, diarrhée, ictère, tuberculose, fièvres éruptives et typhoïde. Cette dernière association a été notée prmcipalement dans le Midi, où les germes typhique et palustre, évoluant

souvent dans des conditions telhiriques et atmosphériques communes, engendrent des épidémies contemporaines. C'est ainsi que M. le professeur Combal a signalé l'association de ces deux états morbides chez les soldats du génie à Montpellier (42). C'est ainsi encore que M. Arnaud fait ressortir dans son rapport d'inspection, pour l'année 4884-1885, la physionomie insolite et la gravité habituelle des fièvres typhoïdes de la garnison de Perpignan, caractères qu'il attribue à l'union de la dothiénenterie à la malaria si endémique dans cette localité bâtie sur un sol essentiellement palustre (43).

Acclimatement. — Ce serait une illusion dangereuse que de croire que nos troupes s'acclimatent aux foyers palustres. Tous les médecins militaires se sont élevés contre cette erreur, que l'on a cherché à accréditer jadis pour quelques-unes de nos villes insalubres de l'Ouest (Godélier, loc. cit., p. 43). Tous ceux qui ont pu suivre pendant un laps de temps suffisant l'état sanitaire d'un corps stationné dans une région palustre, ont constaté que, d'année en année, les récidives se sont multipliées, et que le nombre des anémiques est devenu de plus en plus considérable. C'est ainsi que notre collègue, M. Geschwind, rendant compte au conseil de santé de l'état sanitaire du 6" bataillon de chasseurs à pied, en garnison depuis six ans à Romorantin, dans la Sologne, mentionne que les fièvres sont devenues plus nombreuses et plus difficiles à guérir au fur et à mesure que le séjour des militaires s'est prolongé dans le pays, malgré les mesures prises pour les combattre, et l'auteur recommande le changement de résidence comme le seul remède à opposer à cette situation (44). Tous nos collègues qui ont observé dans des conditions semblables ont produit pareil témoignage.

L'histoire de la malaria dans les garnisons complète les résultats des investigations étiologiques que nous avons faites tout d'abord à son sujet dans la population civile. Elle nous montre que bien qu'endémique dans les campagnes, cette maladie n'est point étrangère aux villes, de même que sa compagne l'urale, la dysenterie, à laquelle elle est unie d'ailleurs par plus d'un lien étiologique.

La double enquête à laquelle nous venons de nous livrer nous a fixés sur la répartition géographique des foyers palus-

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1res en France. Nous devons ajouter que les limites de ces foyers se sont resserrées notablement dans ces quarante dernières années. De vastes travaux de canalisation, exécutés dans les marais gâts de l'arrondissement de Rochefort, ont éteint les foyers de fièvre sur une grande partie de son étendue (4.5). Dans les Landes et la Gironde, la plantation de pins, en fixant les dunes, a supprimé, sur de nombreux points, les conditions d'insalubrité du sol (46). Enfin, la Sologne elle-même ne mérite plus autant que par le passé sa triste réputation, grâce à des travaux de dessèchement qui ont transformé et livré à la culture de vastes surfaces du sol recouvertes jadis d'étangs et de marécages.

Mais il s'en faut de beaucoup que la malaria soit absolument confinée dans ses foyers d'endéraicité reconnus. Les fièvres peuvent se développer éventuellement dans les régions les plus salubres ; nous l'avons déjà reconnu à propos des grands travaux d'utilité publique. Mais rien ne montre mieux la diffusion de la cause fébrigène que l'étude de la malaria dans les camps en temps de paix et au milieu des armées en campagne.

B. De la malaria dans les camps. — La malaria figure, comme la dysenterie, dans l'histoire pathologique de tous les camps, quelle que soit leur situation. Au premier camp de Boulogne, les fièvres d'accès furent avec la dysenterie et le scorbut les maladies les plus communes. A la deuxième occupation, qui a duré environ deux ans, de juillet 1854 à judlet 1856, elles donnèrent lieu à 750 admissions à l'hôpital sans décès, sur un effectif mensuel qui a oscillé entre 28 et 35000 hommes de juillet 1854 à septembre 1855, et entre 12 à 14000 hommes d'octobre 1855 à juillet 1856 (Périer).

Les renseignements que nous possédons sur le camp de Ghâlons sont moins précis. Nous savons cependant par les recherches de Périer et de Goffre que les fièvres ont fait partie de l'endémo-épidémie annuelle du camp; car dans les années 1860, 61 et 62 on signale des décès par accès pernicieux, et en 1864, 83 sujets atteints de fièvre rémittente ou intermillente furent admis à l'hôpital.

Le camp de Lannemezan en 1808, avec un eiïectit dc 8956 hommes, a compté du 9 juillet au 17 septembre 29t. ma-

lades, sur lesquels 64 fièvres inlermittentes ou rémittentes, '128 lièvres typhoïdes ou embarras gastriques fébriles et iOO dysenteries et diarrhées.

Enfin, les différents camps occupés autour de Paris après la guerre ont donné lieu à 625 entrées aux hôpitaux pour fièvre palustre du!'-- septembre 1871 au 31 août 1872 (47).

Nous ne méconnaissons point que souvent une partie de ces fièvres sont fournies par des troupes originaires de garnisons insalubres où elles avaient déjà été éprouvées par la malaria. 11 en fut ainsi notamment au camp de Châlons en 1858, au camp de Lanneinezan en 1868 ; mais à côté de ces récidives on voit toujours se produire des lièvres de première invasion, dans des corps de troupe indemnes de toute atteinte antérieure et provenant de pays salubres. Ces derniers faits témoignentde l'existence d'influences fébrigènes locales qui se manifestent dans tous les camps, et souvent avec une remarquable intensité.

C'est ainsi qu'en 1848, au camp de la Gironde, établi sur un sol salubre, sablonneux, laissant filtrer l'eau à mesure qu'elle tombait, il y eut du 8 août au 28 septembre 247 cas de fièvre intermittente dont un décès par accès pernicieux, sur un effectif de 8881 hommes. Ces fièvres entrèrent pour plus du quart dans le chiffre total des maladies. Elles se répartirent de la façon suivante dans les différents corps :

14* de ligne 22

40" de ligne 48

45^ de ligne l'y

65* de ligne 4g

72" de ligne 21

25" léger. i''!! ^ ! 38

1" lanciers 7

1" chasseurs 12

13° chasseurs 23

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