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DE LA MALARIA EN ALGÉRIE

noyer ces dernières s'opposent au développement des miasmes., Dans les régions exemples de marais, telles que la plupart des plaines de l'Algérie, la campagne romaine, les étés chauds et secs, en momifiant la surface du sol, sont relativement salubres, les fièvres n'éclatent qu'aux premières pluies. Dans les pays à marais, une chaleur assez forte pour Iransformer rapidement la vase d'une surface marécageuse en une poussière sèche, exerce naturellement une influence favorable.

Les averses courtes et peu abondantes ou simplement les brouillards et la rosée qui, en Algérie, viennent humecter le sol pendant l'automne, sont éminemment propres à activer l'élaboration des miasmes fébrigènes. Aussi, cette partie de l'année est-elle la plus féconde en fièvres, notamment en fièvres graves. Les pluies prolongées au contraire, qui inondent les surfaces pahislres, sont un obstacle à leur nocuilé; ce sont elles qui d'ordinaire mettent fin à l'épidémie annuelle.

Toutefois, la trop grande abondance de ces pluies d'hiver et de printemps et les inondations qui en sont la conséquence, multiplient les marais temporaires et par suite les surfaces de dégagement miasmatique dans la saison épidémique suivante. Eq un mot, la même vicissitude atmosphérique peut activer la genèse de la malaria dans un foyer et l'éteindre dans un autre.

d. Action des vents, siroco. — Quelle que soit leur direction, les vents qui ont passé sur des plaines insalubres sont nuisibles pour les villes situées sur leur trajet. C'est ainsi que le siroco apporte à Philippeville et à Bône les miasmes qui se dégagent des terrains marécageux situés au sud de ces deux localités. Par cela même les foyers fébrigènes accessibles aux courants atmosphériques sont redevables d'une diminution de leur nocuité aux vents régnants; on sait que toutes choses étant égales, les vallées basses et fermées sont infiniment plus dangereuses que les plaines et les coteaux découverts. Mais indépendamment de ce transport des miasmes à dislance, fait sur lequel nous reviendrons, les vents et notamment le siroco ont une action nuisible propre. Tous les observateurs décrivent en termes saisissants l'impression produite par ce dernier sur nos organes et l'action néfaste exercée par lui. Il abat les forces, énerve le moral et diminue la résistance aux causes morbigènes, notamment au poison palustre ; son règne est ton-

jours marque par la fréquence des i-echutes et le grand nombre d'accès pernicieux.

e. Refroidissements. — Les brusques vicissitudes de la température etnotammentle refroidissement de l'atmosphère, sont assez fréquemment la cause occasionnelle des fièvres pour avoir été accusées par quelques médecins de la produire directement. Elles jettent le trouble dans les fonctions, et, en débilitant l'organisme, le rendent plus impressionnable aux miasmes fébrigènes. Elles sont surtout préjudiciables aux anciens fébricitants chez lesquels elles sont la cause ordinaire des récidives, peut-être en ralentissant l'activité des émonctoires chargés de l'élimination du poison. Enfin, en venant à agir sur des sujets qui ont quitté les foyers fébrigènes, elles sont capables par la perturbation qu'elles produisent sur l'économie, de réveiller le germe qui dormait silencieux, réprimé par les forces intactes de l'organisme. On sait avec quelle facilité le refroidissement provoque des récidives chez les anciens fiévreux après leur retour en France, et quelles minutieuses précautions exige à ce point de vue leur rapatriement.

E. Influences individuelles. — Après avoir étudié les circonstances extérieures qui favorisent le développement et l'action du poison malarien, il nous reste à envisager l'homme lui-même et à rechercher s'il existe chez lui des conditions d'âge, de tempérament, d'hygiène et d'acclimatement susceptibles de modifier sa résistance à ce poison. Les nombreux documents recueillis sur ces différents points en Algérie ne fournissent guère que des solutions négatives.

a. Influence de la constitution, du sexe, de l'âge. — La malaria s'attaque au fort comme au faible. Aucun tempérament, aucune constitution ne trouve grâce devant elle, elle n'épargne ni le sexe, ni l'âge. D'après les tableaux établis par Finot (/oc. cit.), les fièvres séviraient en Algérie chez l'Européen avec une fréquence progressive jusqu'à l'âge de trente ans, après quoi elles décroîtraient d'une manière sensible. Cet observateur en conclut que plus le colon qui arrive en Algérie est avancé en âge, moins il est apte à subir l'influence de l'intoxication paludéenne. Ces conclusions n'ont rien d'absolu, parce que la valeur numérique des différents groupes d'un âge déterminé est inconnue; et nous inclinons à penser que s'il y a moins de fiévreux au

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