THAITEMENT DE L\ MALARIA AIGUË
l'isseni souvent peu à peu de leurs accès par le simple séjour à l'hôpital, sans traitement particulier. En général, les conditions dans lesquelles sont pratiqués les essais thérapeutiques sur les succédanés de la quinine, ne sont pas comparables à celles oiî l'alcaloïde marque toute sa puissance. Ce n'est qu'en rapprochant des faits dissemblables qu'on a pu être amené à assigner à certains agents une valeur thérapeutique égale à celle de la quinine.
Ces agents sont ou des alcaloïdes autres que la quinine, extraits du quinquina, ou des substances étrangères à l'écorce du Pérou.
1" Divers alcaloïdes du quinquina. — Il était tout naturel de chercher à utiliser tout d'abord les alcaloïdes autres que la quinine, tirés des diverses espèces de quinquina du' commerce.
a. Sulfate de cinchonine. — Son prix, de beaucoup inférieur cà celui de la quinine, son efficacité proclamée par Chorael dès la découverte des alcaloïdes du quinquina, déterminèrent, en 1858, le conseil de santé à en prescrire l'essai dans les principaux hôpitaux de l'Algérie, ainsi que dans ceux de Rome et de la Rochelle (26). Déjcà cette expérimentation avait été tentée sur une plus petite échelle à Varna et au Pirée, à l'instigation de Michel Lévy (27), et à Blidah par le professeur Laveran (28).
Cette vaste enquête, répétée sur des points divers, a démontré, d'une manière incontestable, la propriété fébrigène du sulfate de cinchonine. Mais sa puissance thérapeutique est bien inférieure à celle de la quinine (dans la proportion de .j pour iO); les fièvres simples peu intenses, susceptibles de céder à une dose de 50 centigrammes de sulfate de quinine, exigent, en général, une quantité triple de sulfate de cinchonine pour guérir. Quant aux fièvres plus graves, l'augmentation proportionnelle de la dose serait vraisemblabiement msuffisante et dangereuse; car il résulte des observations détaillées que les propriétés toxiques du sulfate de cinchonme sont au moins aussi prononcées, à dose égale, que celles du sulfate de quinine, et que les symptômes morbides, dus effets physiologiques, se manifestent au moins aussi fréquents et aussi intenses à la suile du premier de ces alcaloïdes qu'après le second.
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Dans SCS recherches iïiiles ;'i la même époque à l'hùpilal Beaujon, M. Moulard-MarLin est arrivé à des conchjsions à peu près semblables à celles des médecins de l'armée (29).
En résumé, le sulfate de cinclionine peut être utilement employé, soit seul dans les fièvres intermittentes légères, soit comme adjuvant du sulfate de quinine dans les fièvres d'intensité moyenne; il pourra, dans ce cas, être associé par parties égales à ce dernier ou compléter la cure commencée par lui. , Quant aux fièvres graves, elles réclament toujours l'usage exclusif de la quinine.
h. Tannâtes de quinine et de cinchonine. — Les tannâtes de quinine et de cinchonine, que leur faible amertume et leur prix peu élevé ont fait recommander jadis, ont donné des résultats peu satisfaisants dans les essais qui en ont été faits en Algérie (30). Très peu solubles, ils sont d'une absorption difficile et, par suite, d'une action incertaine ou au moins très lente à se produire. Renfermant, d'ailleurs, trois fois moins d'alcaloïdes que les sulfates, ils exigent l'administration de doses considérables, qui altèrent souvent les fonctions digestives et déterminent des vomissements, des coliques, des diarrhées. Ils ont été justement repoussés de la nomenclature du formulaire des hôpitaux militaires.
c. Autres alcaloïdes du quinquina. — Les autres alcaloïdes du quinquina, la cinchonidine, la quinidine, la quinoléine et la quinoïdine méritent tout au plus une courte mention.
La cinchonidine et la quinidine sont des isomères de la cinchonine et de la quinine. D'après les recherches de Gubler (31) et les observations de Weddell (32), de Le Juge de Segrais (33), de Bourru (34), la cinchonidine aurait une efficacité égale à celle de la quinine. Hunier (35), au contraire, affirme que sa valeur thérapeutique n'est pas supérieure à celle des succédanés faibles de la quinine et lui reproche, en outre, de produire des troubles physiologiques plus pénibles que cette dernière. Il la recommande cependant comme un tonique doux, utile après la cessation des accès ou pour prévenir les récidives. Les recherches que nous avons faites sur celte substance à Gonstantine, en 1878, ne nous permettent pas de porter sur elle un jugement plus favorable.
Quant à la quinidine, elle serait, d'après les observations de Dougall à Madras (36), plus efficace que la cinchonidine cl