TRAITEMENT DE LA MALARIA CHRONIQUE
Toiilefois, dans quelques cas exceptionnels, on a vu triompher de ces accès rebelles des agents qui se montrent inefficaces contre les fièvres initiales, tels que l'arsenic et l'acide phénique (42).
Le spécifique est indiqué, non seulement dans les accès proprement dits, mais aussi dans les fièvres larvées et dans les états particuliers décrits plus haut, où le poison, s'épuisant dans son action destructive des globules rouges, ne donne lieu à aucune manifestation pyrétique (voy. l'observation de Gœllinger, p. 560), états qu'il appartient à l'analyse clinique de déterminer par l'examen du sang et des urines (mélanémie et hémoglobinurie).
La polycholie, les vomissements biHeux qui caractérisent ces cas seront utilement combattus par l'ipéca, malgré l'état de faiblesse du malade.
En dehors de ces conditions, la quinine n'a point d'indication réelle; c'est en pure perte qu'on la prodiguerait contre les engorgements spléniques, comme l'a déjà fait ressortir le professeur Laveran en 1856. Tout au plus les engorgements récents paraissent-ils participer aux effets favorables que la médication imprime à l'ensemble des manifestations aiguës. La quinine devra céder le pas aux moyens toniques qui forment la base de la médication. En têie de ce moyen, se place le quinquina, préconisé par la plupart des praticiens, et l'arsenic, dont l'efficacité réelle dans les fièvres invétérées tient probablement à son action reconstituante générale. Est-il besoin d'ajouter qu'on ne négligera aucun moyen pour seconder l'organisme dans sa lutte contre les efforts du poison, et que les toniques, les amers et surtout une alimentation réparatrice seront de rigueur?
Bien que personne n'admette plus aujourd'hui que la fièvre prenne son origine dans l'affection splcnique, il est néanmoins indiqué de combattre l'hypertrophie de la rate et du foie, source de douleurs, de gêne dç la circulation abdominale et de troubles dans les fonctions hématopoïétiques. Au traitement général tout-puissant contre l'hypertrophie hépatosplénique, l'on associe d'habitude les révulsifs locaux, la teinture d'iode, les vésicatoires et les sétons (4.3). L'électricité, recommandée par Mosler et par Botkin, a donné à l'un d'entre