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CHAPITRE III

SYMPTOMATOLOGIE

Les anciens nous ont laissé sur la dysenterie des peintures saisissantes auxquelles il a été peu ajouté dans la suite. On chercherait en vain dans la littérature des descriptions aussi parfaites en ce qui concerne l'hépatite dysentérique. Ce n'est point que dans les pays chauds celle-ci n'ait trouvé des historiens d'un mérite égal à celui de Pringle et de Zimmermann. La lacune que nous relevons ici tient au fond même du sujet. Moins précise et moins imposante dans ses manifestations symptomatiques que la dysenterie, l'hépatite a conservé pendant longtemps parmi les médecins appelés à l'observer une signification purement anatomique. La suppuration du foie leur apparaissait comme le terme ultime auquel pouvaient aboutir toutes les phlegmasies de cet organe, qu'elles fussent produites par l'intempérance, les météores ou l'impaludisme. Cette notion erronée devait naturellement altérer le tableau symptomatique en y introduisant maints traits qui lui sont étrangers. Toutefois, à défaut de la distinction nosographique, la spécificité clinique des abcès a été entrevue de bonne heure' Nous avons vu plus haut que les relations entre l'hépatite et la dysenterie n'ont pas échappé à l'esprit pénétrant d'Annesley qui, par sa conception de la dysenterie hépatique, a préparé à ses successeurs la voie à suivre et la solution à intervenir Un n'ignore pas qu'un certain nombre de ces derniers s'écartant de ses enseignements fondés sur une longue et patiente Observation clinique, se sont efforcés de rompre les liens qui lui avaient semblé unir les deux affections. Aplusieurs reprises,

218 ARCÈS DYSENTÉRIQUES DU FOIE. - SYMPTOMATOLOGIE.

dans ces dernières années, la dysenterie hépatique a été battue en l)rcche au sein de la Société médicale de Londres. S'appuyant sur des faits isolés ou des st atistiques difficiles à vérifier, des praticiens d'un incontestable mérite ont soutenu l'indépendance de l'hépatite et de la dysenterie. Celte doctrine, si contraire au sentiment de la plupart des médecins des colonies, n'a point prévalu. Des discussions intéressantes, et surtout des observations précises produites à l'occasion de ces débats par Moxon et Dickinson, ont montré combien, dans l'espèce, la méprise était facile et avec quelle circonspection il fallait accueillir les faits contraires à la notion de la coïncidence des deux affections. Nous retrouverons ces faits plus tard; pour le moment, nous avons à nous occuper avant tout des symptômes de l'hépatite considérés en eux-mêmes.

§ lei. — Description générale des symptômes.

Par sa marche irrégulière, ses rémissions, ses paroxysmes, ses tendances aux récidives et à la chronicité, l'hépatite nous rappelle les traits essentiels de la dysenterie. Elle a de plus, comme celle-ci, ses degrés, ses physionomies climques variables en rapport avec la nature des lésions propres et les lésions concomitantes développées dans d'autres organes, ^ous nous proposons de décrire dans ce chapitre la symptomatoloo-ie de l'hépatite réduite à son expression la plus simple, la plus ordinaire, réservant pour un paragraphe spécial 1 étude des formes particulières qu'elle peut revêtir suivant les cas.

Il nous paraît difficile d'introduire dans cette description des divisions qui répondent exactement aux différentes périodes de l'inflammation. On a vu, en effet, plus haut combien les caractères de ce processus s'éloignent de ceux dune plilegmasie ordinaire. La plupart des observateurs, s'attachant plutôt au mode de terminaison et à l'intensité des symptômes, se boi- ^ nent à décrire en deux chapitres distincts l'hépatite qui se termine par résolution, et celle qui aboutit à la suppuration. Cet" divlion est plus vraie, plus conforme à l'observaUon ^ clinique que le groupement des symptômes suivant des pcn^ , des anatomiques difficiles à déterminer; nous ladopteioDS dans cette exposition de préférence à toute autre.

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